Yaak Valley, Montana, Smith Henderson

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L’histoire : Dans les années 80, Pete Snow est assistant social dans le Montana. Un jour son chemin croise celui d’un jeune garçon malade, en guenilles et affamé. Il va réussir à gagner sa confiance. Il va découvrir que le garçon vit avec son père Jeremiah, un fondamentaliste chrétien qui vit en marge de la société pour se préparer à l’Apocalypse.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un Masse Critique privilégié. Cela faisait quelque temps que je n’avais pas lu de la littérature contemporaine. Les dernières fois j’avais été déçu alors je m’en étais éloigné.

Lire un tel roman permet de se dire qu’il ne faut pas mette tous les écrivains dans le même panier. Il y en a qui réussissent à s’intéresser à la société qui les entoure.

Ce n’est surement pas le roman le plus joyeux de l’année mais il réussit à éviter le manichéisme, caractère qui peut être fréquent chez un auteur US. Les personnages ont tous une partie grise. Pete, un représentant de l’interventionnisme de l’État devrait avoir une certaine irréprochabilité n’est pas un modèle de perfection : sa femme est une bringueuse, à la limite une mère indigne; son frère est recherché par la police; sa fille fugueuse finit par se prostituer. A force d’être au contact de marginaux, il finit par avoir les mêmes comportements que les gens qu’il doit assister.

C’est Jeremiah qui est le plus intéressant. Son comportement qui peut faire de lui un dérangé permet d’avoir une réflexion sur la société et sur les éléments qui peuvent la constituer : le pouvoir, l’argent, la démocratie , la famille, la violence.

Smith Henderson ne prend pas parti dans sa description de la société. Il a décrit comme elle est avec ses travers, ses petits moments lumineux.

La Cinquième tête de Cerbère, Gene Wolfe

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L’histoire : Deux planètes très éloignées de la Terre ont été colonisées par des colons français. Mais l’une d’elle va être détruite.

Plusieurs années plus tard, un ethnologue va consacrer sa vie a  retrouver les traces de la planète disparue.

Ce que j’en pense : Comment parler d’un livre que l’on n’a pas aimé ? Si je repense à un article qui a fait parler de lui dans la blogosphère, il faudrait que je me taise. Mais dans ce cas ça ne serait pas prendre en compte le temps que j’ai passé à le lire, la volonté déployée pour s’efforcer de le finir.

Alors voilà vous  savez que je n’ai pas aimé La Cinquième tête de Cerbère. Il est composé de trois récits qui doivent permettre au lecteur de saisir l’histoire compliquée de deux planètes. Mais j’ai trouvé cela trop cérébral, notamment le deuxième récit, récit mythologique frôlant un peu la fantasy.  A la fin tu te demandes où tu devais arriver. Ça reste pour moi une lecture ennuyeuse. Malheureusement ce n’est pas le bon ouvrage pour découvrir l’œuvre de Gene Wolfe.

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La guerre éternelle (3 tomes)

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L’histoire : Un vaisseau de colons terrien a été détruit aux abords d’ Aldébaran. La Terre va mettre en place un groupe de soldats d’ élite. Le soldat Mandella va parcourir cette guerre qui pour lui n’aura aucun sens.

Ce que j’en pense : J’ai trouvé plutôt étonnant d’adapter le roman de Joe Haldeman tant il se suffisait à lui même dans sa démonstration anti-militariste. Alors il va être difficile de ne pas tomber dans le jeu des différences.

Après un rappel un peu longuet des circonstances qui font que la Terre lance son recrutement de bidasses d’élite, on reprend sans surprise la trame du roman. De nombreux éléments sont édulcorés ou bien sont littéralement passés sous silence. Je pense principalement aux relations amoureuses entre les soldats qui étaient plutôt libertines.

La fin de la guerre me semble complètement risible vu sous l’angle de la BD. Comme les deux entités en conflit se trouvent être maintenant composées de clones, elles seraient enfin capables de pouvoir communiquer entre elles. Ca me parait encore plus stupide comme cela est décrit dans la BD.

Peut-être que la lecture de la BD amènera certaines personnes à se diriger vers le roman pour avoir plus d’éléments. Mais ayant lu les deux je me rends compte que ces trois albums sont tout à fait dispensables.

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Les Vandales du vide, Jack Vance

Les Vandales

L’histoire : L’homme est à deux doigts de conquérir l’ensemble du système solaire. Mais certains veulent profiter des nouveaux horizons ouverts par cette conquête et la piraterie spatiale est en train de se développer.

Dick Murdock, jeune garçon de quinze ans, rejoint son père sur un observatoire lunaire. Il croise le Basilic, une figure terrifiante et énigmatique, dont le nom est synonyme de peur et de destruction. Dick va alors utiliser ses connaissances et son audace pour contrer les plans du Basilic.

Ce que j’en pense : Quand on se lance dans la lecture d’un roman de Jack Vance, on sait que l’on peut s’attendre à des aventures et des voyages dans l’espace.

Ici on a les deux. Quand je vois qu’il choisit comme personnage principal un personnage aussi jeune, je me dis qu’il visait un lectorat plus jeune. Ça limite les perspectives en terme de violence et de sexualité. Ce qui est marquant c’est que l’apparence physique des personnages a une grande importance. Lorsque Dick rencontre une personne au physique disgracieux , il va se méfier, limite il va le considérer comme un ennemi. Mais quand c’est quelqu’un avec un physique plus avantageux, il va moins se méfier. Or comme on dit toujours les apparences sont trompeuses.

Dick est un ado, il va agir comme tel : beaucoup d’impétuosité, une petite dose d’inconscience, des connaissances scientifiques. Tout sera assez dosé pour ne pas en faire un ado que l’on veut baffer.

Ce qui est regrettable c’est que Jack Vance n’est pas constant sur les avancées technologiques. Dans son univers, on voyage dans l’espace comme si on prenait le bus. Et à la fin du roman on découvre que Dick développe des photos dans un chambre noire, à l’ancienne.

Les Vandales du vide est un roman qui correspond tout à fait ce que Vance nous a habitués, il offre un bon divertissement.

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Star Trek III A la recherche de Spock 

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L’histoire : Spock est mort en sauvant l’Enterprise.Sa dépouille est envoyée sur Génésis, mais elle subit une transformation. Les scientifiques qui surveillent la planète sont surpris par un tel changement.

Mais la planète et son écosystème particulier font l’objet d’une tentative d’attaque de la part d’un vaisseau klingon qui les considère comme une arme qu’ il faut posséder.

Ce que j’en  pense : Après la fin tragique de l’épisode précédent qui se clôture avec les funérailles de Spock, il fallait bien une histoire pour le faire revenir dans le jeu. Alors le scénario utilise les éléments qui étaient déjà présents.

On introduit les klingons dont le chef est interprété par Christopher Lloyd, les ignobles méchants du monde de Star Trek. Ceux-ci sont brutaux et bien peu malins, c’est sûr que face à un Kirk, rusé comme un renard et prêt à tout pour sauver ses amis ils ne peuvent pas faire grand chose.

J’ai eu la sensation que cet épisode était moins bavard que les précédents. On retrouve un Kirk un peu plus offensif, avec une équipe restreinte autour de lui. Je l’aime bien cette équipe multicolore. C’est Sulu qui m’a étonné quand il remet en place d’une prise de judo un garde Starfleet qui venait de l’appeler « jaunisse ». Cet acte rappelle que la série a un esprit d’ouverture et de tolérance. Mais c’est quand même un peu dommage que Kirk prenne tant d’importance que ça.

Alors même si pour moi Star Trek ne remplacera pas Star Wars, je pense que ça mérite d’être découvert et qu’il y a beaucoup de richesses dans ce monde.

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La Fresque suivi de Le Raid Infernal, P.J. Hérault

la fresque

La Fresque

L’histoire : Lid fait partie d’une tribu qui est en combat perpétuel avec des hommes du Sud. Lassé de la violence, il s’enfuit en prenant le risque de mourir sous les coups des siens. Lors de son errance, il va découvrir une fresque décrivant des technologies disparues. Il découvrira aussi un peuple pacifique mais s’apercevra que la nature humaine renferme toujours une part assoupie de barbarie.

Ce que j’en pense : Ayant quelque peu l’habitude des romans de P.J. Hérault , je dois reconnaitre que La Fresque est une sorte d’ovni. Sur une planète différente de la Terre, on suit les aventures préhistoriques d’un jeune homme. Celui-ci a la particularité de « réfléchir ». En fait il a un peu plus de jugeote que les autres. Donc il ne s’arrête pas à l’apparence des choses. Il fait des découvertes qui lui permettent de faire évoluer le quotidien, il introduit la technologie dans une société préhistorique. Mais ce qui pourrait bénéficier à tous fait des envieux. Certains voient Lid comme un objet précieux qu’il faut avoir à tout prix dans son camp.

Les trahisons et les affrontements s’enchainent, à la place de Lid j’aurai laissé tomber tous ces gens qui ne comprennent rien, qui ne veulent satisfaire que leur propre intérêt. Par moment c’est répétitif, un peu longuet. Je suis même étonné que ce roman ait été mis en tête de volume.

Le Raid Infernal

L’histoire : Jon, ancien militaire, effectue un voyage vers une colonie éloignée de la Galaxie. Mais le transporteur dans lequel il se trouve est pris pour cible par des dégénérés qui s’en prennent aux colons. Le but du transporteur sera alors de fuir pour pouvoir survivre.

Ce que j’en pense : Voilà un space opera plus proche de ce que j’ai déjà pu lire de P.J. Hérault.

Ce roman est construit comme un film, un survival. Une dizaine de personnes poursuivie par des raiders, alors il y a les voyageurs qui veulent agir à l’encontre du bon sens, au risque de mettre en péril tout le monde; il y a les voyageurs secondaires qui se révèlent être de bons adjuvants au personnage principal mais qui disparaissent lorsqu’ils prennent trop d’importance et puis il y a le personnage principal, ancien soldat, il est celui sur qui reposera la survie. Jon est une sorte de Rambo spatial qui doit faire face à des pillards faisant penser à ceux de Mad Max.

Le récit enchaine les séquences d’action, plusieurs fois il a des batailles tendues pour les voyageurs. C’est un roman très divertissant, le style n’es pas ampoulé. Le but est de voyager avec de l’action et très réussi.

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Bilan de juillet

En ce mois de juillet, on peut enfin dire que l’été est arrivé (même si il pleut en ce jour), ça permet alors d’avoir un peu plus d’envie pour faire des choses. Je dis ça mais ce mois-ci je n’ai lu que quatre livres :  La sirène de l’espace de Michel Pagel, La fresque de P.J. Hérault, Les vandales du vide de Jack Vance et Frontière Barbare de Brussolo.

Comme ce sont les vacances j’ai décidé de me faire plaisir en matière de livres.

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J’ai complété cette trilogie d’Hervé Jubert avant qu’il ne soit plus possible de la trouver. Certaines librairies n’ont pas une mémoire très développée.

 

 

 

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Quoi dire avec l’achat de ces trois livres ? Les deux premiers sont incontournables et le Spinrad c’est pour la tendance contre-culture.

Pour ce qui est à venir, c’est un peu toujours la même chose : je continue le Challenge Summer Star Wars, au pointage de juillet j’étais en tête ex aequo en nombre de contributions, ce qui m’a étonné car je n’ai pas l’impression d’avoir été très assidu.

En ce moment La cinquième tête de Cerbère  me barbe légèrement (pour rester poli). Les oiseaux de lumière de Ligny sera plus intéressant.

Terres lointaines (5 tomes)

terres lointaines1L’histoire : Le jeune Paul débarque sur une planète éloignée en compagnie de sa mère et de sa sœur. Son père qui avait payé le voyage ne vient pas les chercher.Paul va alors devoir se débrouiller pour faire vivre sa famille. Une fois leur subsistance assurée il part à le recherche de son père en compagnie d’un extraterrestre, Monsieur Step, qui lui avait sauvé la vie.

Ce que j’en pense : Leo est un habitué des cycles de BD se déroulant dans des mondes éloignés et exotiques. La quête de Paul est un prétexte pour découvrir cette planète. Alors on a droit au bestiaire très imaginatif peuplant ce monde et aux pratiques induites pour l’exploitation de cette faune. Car, quand on met de côté la recherche du père de Paul et ses interrogations parfois prises de tête, il y a des préoccupations écologiques qui ressurgissent. Ce qui ressort à la lecture c’est la critique de la surexploitation des écosystèmes mais il est dommage que cette problématique apparaisse à la fin du quatrième épisode et en devienne un enjeu qu’à partir de ce moment-là.

terres lointaines3Côté personnages, il n’ y a pas de grande surprise. Paul est le jeune héros qui va se construire au cours de sa quête, la recherche de son père est une initiation.

Autour de lui gravitent des personnages ayant plus ou moins de la consistance. Il y a le bon chasseur de primes, qui va se trouver une raison de lâcher son boulot et les mauvais chasseurs de primes qui casseront les pieds jusqu’à ce que les autorités bien peu présentes s’en chargent; il y a les personnages féminins qui se ressemblent tous physiquement (surtout les brunes). Heureusement qu’il y a Monsieur Step, une espèce de mollusque intelligent. Sa présence permet d’avoir des moments de réflexions sur la futilité du comportement de certains humains. Quand j’ai fini ma lecture, je me suis rendu compte que c’était le personnage le plus intéressant du cycle.

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La sirène de l’espace, Michel Pagel

la sirene de l'espace

L’histoire : Un jeune gars sans boulot se retrouve enrôlé sur un vaisseau spatial corsaire. Le capitaine a été chargé de détruire une structure nécessaire à la survie d’une colonie.

Lors du voyage l’équipage du vaisseau va rencontrer un concurrent du capitaine. Pour s’en débarrasser le capitaine va utiliser une sirène, une créature artificielle dotée de pouvoirs dévastateurs.

Ce que j’en pense : J’ai gagné ce court roman lors d’un Summer Star Wars (celui de l’année dernière je pense). J’ai profité d’un passage aux urgences pour le commencer.

Le roman est fondé sur un trio de personnages assez disparates, ayant plus ou moins un intérêt. Le héros, jeune gars radio dans l’armée sur un vaisseau, est enrôlé contre son gré par des pirate. Son sens moral très élevé va à l’encontre des préceptes et des comportements des pirates. Plusieurs fois il va endosser le rôle du redresseur de torts. Même si c’est le gentil, il est ennuyeux. Face à lui il y a le capitaine pirate. Atteint d’un trouble psychiatrique, il se prend pour le Long John Silver de Stevenson. Pour faire simple il est l’archétype du méchant romantique. En terme de comportement il passe d’un extrême à l’autre, de très mielleux à très cruel. Il se prend pour un personnage de fiction, ironique de la part d’un personnage de fiction.. Pour couronner son caractère délirant, le capitaine a à sa disposition une sirène. Cette créature artificielle a les même traits que son homolgue mythique : elle chante ses émotions et en fait une arme, sa beauté étrange va séduire fatalment le héros. Héros qui devra faire le choix entre la survie de milliers de civils et la préservation de la créature dont il est tombé amoureux. Alors on se retrouve avec une histoire d’amour contrarié et qusi-impossible.

La Sirène de l’espace, bien que se situant dans le cadre d’un space opera, convoque des éléments de la littérature comme la créature mythique, la sirène, ou bien un personnage comme Long John Silver. Ça remet au goût du jour des personnages dont on pourrait avoir fait le tour.

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La Guerre Eternelle, Joe Haldeman

la guerre eternelle

L’histoire : En 1997, la Terre voit un de ses astronefs détruits dans la constellation du Taureau. Pour se venger, elle y envoie son groupe de soldats spécialement formé pour l’occasion.

William Mandella fait partie de ces soldats. Il survit à un entrainement inhumain. Les combats sont peu nombreux mais peu y survivent. Mandella réussit à y survivre.

Ses voyages le confrontent à la distorsion spatio-temporelle, Mandella ne vieillit que de quelques années alors que sur Terre les siècles passent.

Ce que j’en pense : Ecrit par un auteur qui a été marqué par son passage au Viet-Nam, certains comparent La Guerre Eternelle d’Haldeman aux Etoiles, garde-à-vous d’Heinlein pour leur côté antimilitariste.

J’ai déjà dit ce que je pensais du roman d’Heinlein, con côté fascisant m’avait déplu. Le roman d’Haldeman ne fait pas forcément dans la subtilité : dès les premières pages; le lecteur sait qu’il va se retrouver dans une thématique anti-militariste.

Les soldats subissent un entrainement à la difficulté surdimensionnée, beaucoup en meurent. Lorsqu’ils se retrouvent au combat ce n’est pas aussi difficile, ils doivent plus lutter contre l’attente que contre leurs ennemis. Les soldats d’Haldeman sont des marionnettes entre les mains des gouvernants : au combat ils sont sous hypnose pour les rendre plus féroces; ils sont envoyés aux quatre coins de la galaxie, ils ne subissent pas les effets du temps mais sur Terre les siècles passent, ils se retrouvent déracinés, sans passé ni avenir; sans le savoir, ils se retrouvent démobilisés du jour au lendemain. Éloigné de la Terre Mandella ne reprend contact avec elle que peu de fois, à chaque fois Mandella retrouve une organisation sociale qui a évolué. Lui est alors considéré comme un fossile, un élément du passé qui n’est plus en phase avec la pensée en vigueur.

Le style est plutôt simple, le récit ne s’embarrasse pas de grandes réflexions philosophiques. Les situations s’enchainent  et le lecteur n’a plus qu’à se faire lui-même une idée de la stupidité de la guerre, des mensonges et des manipulations qu’elle provoque.

Le cheminement scénaristique manque d’originalité. Mandella gravit les échelons de la hiérarchie militaire et malgré cela il est toujours manipulé par ceux qui sont au-dessus de lui.

La Guerre Eternelle est un roman sur un thème qui peut être intéressant. Mais le problème est qu’Haldeman est trop démonstratif comme s’il avait peur que le lecteur ne comprenne pas. A cause de cela il ne pourrait même pas passer pour un roman de SF de seconde zone.

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logo-pliPrix Hugo 1976

Prix Locus 1976

Prix Nebula 1976

ABC imaginaire 2016