Le Temple (One Shot)

Titre : Le Temple

Auteur : Hernán Rodriguez

Editeur : Emmanuel Proust Éditions

Année : 2008

Note : 13/20

L’histoire :  Cinq nouvelles d’Howard Phillips Lovecraft, adaptées en bandes dessinées par l’argentin Hernán Rodríguez.

Ce que j’en pense : Lovecraft est sans conteste le maitre de la nouvelle d’épouvante. Mais attention il ne faut pas le comparer à Stephen King car Lovecraft est bien plus subtil.

Il joue beaucoup sur le non-dit, sur l’évocation. Dans le cadre d’une nouvelle cela peut passer, mais ici dans une BD c’est un peu plus dur. Quand j’ai fini chaque nouvelle j’avais l’impression d’être coupé dans mon élan. Alors je ne sais pas si le format d’une nouvelle peut être adapté au niveau d’une BD.

Par contre le dessin d’Hernán Rodriguez permet de bien rendre l’atmosphère de Lovecraft, cette atmosphère sombre et angoissante.

Publicités

Whitechapel, Sarah Pinborough

L’histoire : Londres, 1888. Des cadavres de femmes mutilées sont retrouvée et sont attribuées au tueur surnommé Jack l’Eventreur. Mais pour le docteur Thomas Bond, il y a un deuxième tueur bien plus inhumain que l’Eventreur.

Ce que j’en pense : J’ai déjà dû le dire, parfois entre des romans de l’Imaginaire, j’aime bien intercaler du thriller. Après un petit tour dans les rayonnages de la bibliothèque, je suis reparti avec ce thriller qui semblait être saupoudré de fantastique.

Le contexte historique du roman, le caractère indécis des événements pouvaient permettre d’avoir un récit à ambiance, avec une atmosphère oppressante.

Mais je n’ai pas trouvé tout cela accrocheur. L’auteur se focalise trop sur le docteur Bond qui entretient son addiction à l’opium. Cela a une certaine utilité car l’opium ingéré permet de distinguer l’aura des personnes ou voir ce qu’il est impossible de voir sans drogue.

Mais à un moment, trop tôt dans le roman il y a la révélation sur le tueur. Ça tue le suspense et peu l’intérêt pour le roman. L’auteur fait une petite référence à Dracula, avec l’origine du ma provenant de l’Est (la Pologne, ici); un mal qui est véhiculé par des récits traditionnels, renforcé par la superstition. Les défenseurs du Bien s’en débarrassent presque sans difficulté.

Whitechapel est un roman qui a une certaine atmosphère, mais c’est dommage de voir qu’il n’arrive pas à se démarquer des grands romans victoriens tant il veut s’en inspirer.

Parallèles, Catherine Kepler

L’histoire : Flamel est un chasseur de hacker. Alors qu’il se rend sur le lieu d’une infraction, il est pris dans une tornade d’énergie. Il se retrouve alors dans une voiture qui lui est inconnue, dans un monde qui ressemble au sien mais qui n’est pas tout à fait le sien.

Ce que j’en pense : Les défuntes Editions Atria avaient le chic pour dénicher des auteurs confidentiels, ardus à lire amis avec qui on passe un bon moment.

Ici c’est le thème des réalités parallèles qui est mis en avant. C’est plutôt difficile d’y rentrer parce que même la réalité qui aurait pu être la nôtre n’est pas tout à fait la nôtre. On se retrouve perdu dans deux réalités face auxquelles il faut s’adapter. Il faut aussi s’adapter à deux héros qui sont plutôt disparates : l’un est fonceur. l’autre est un tranquille père de famille.

Les explications pour justifier l’existence des mondes parallèles m’ont paru confuses, ou bien je n’ai pas assez de bagage scientifique pour pouvoir saisir les nuances.

L’intrigue policière permet de maintenir un intérêt pour le roman. Il ne faut pas s’attendre à un happy end, en effet mondes parallèles ne veut pas dire mondes symétriques.

Parallèles est un roman confidentiel mais qui mérite d’être lu car le thème des mondes parallèles est plutôt rare et qu’il possède une intrigue largement agrémentée de suspense et de retournements de situations.

Le retour et le bilan d’avril

Ça y est,  je pense être de retour sur le blog. Je ne pensais pas que je l’aurai mis en pause aussi longtemps. Moins de temps pour bloguer, moins de temps pour lire aussi.

En une petite semaine, il fallait faire les peintures des principales pièces pour ne pas être trop embêté plus tard. Avec une maison à quatre chambres, je pouvais avoir ma pièce à moi, un truc entre le bureau et la bibliothèque, en passant par la geek room. Alors voilà ce que ça donne.

Comme pour fêter l’emménagement, j’avais envie de remplir mes étagères. Petit passage chez Cultura avec son rayon imaginaire squelettique, où j’ai trouvé que Wild Cards à me mettre sous la dent. Déçu, deux jours plus tard, je suis allé à la Fnac : j’y ai trouvé plutôt bien en vue le premier roman de Capitaine Futur et je me suis laissé tenter par Dragon de Thomas Day, il fallait bien que je découvre les textes de la collection Un heure, une lumière du Bélial’.

Ce mois-ci, j’ai enfin fini l’intégrale d’Opar. Mais j’ai aussi lu L’écho du grand chant de David Gemmell et Le Facteur de David Brin (en numérique). J’ai réussi à finir  Babylon Babies de Dantec avant la fin du mois. Il a fallu que je retourne au travail et donc reprendre le train pour avoir plus de temps pour lire. Mais ça fait du bien de se remettre dans la lecture. Pour l’avenir, je vais me préparer au Summer Star Wars, challenge classique de l’été.

Harry Potter et la coupe de feu, J.K Rowling

L’histoire : A la fin des vacances d’été Harry va pouvoir assister à la finale de la coupe du monde de qidditch. Mais à l’issue de celle-ci des partisans de Voldemort s’en prennent aux Moldus. Le ministère de la magie est sur les dents.

Autre grand événement, Poudlard accueille le Tournoi des Trois Sorciers, un concours permettant l’affrontement des champions de trois grandes écoles de magie. Contre toute attente Harry Potter va être désigné comme l’un des champions de Poudlard.

Ce que j’en pense : Enfin pour le quatrième roman, J.K Rowling a changé son schéma narratif. Cela permet d’avoir plus de vue sur le monde des sorciers. La coupe du monde de qidditch permet de voir des sorciers d’autres pays mais aussi d’introduire un peu plus de noirceur. Les partisans de Voldemort encagoulés prêts à lyncher des moldus m’ont fait penser au Ku Klux Klan.

Avec cet épisode, on a une ouverture à l’international du monde des sorciers, les deux événements phares y contribuent. Cela permet de découvrir d’autres pratiques tout aussi originales. Mais j’ai trouvé déplacé de faire parler les sorciers français avec un accent improbable. Complot de la perfide Albion ou traduction hasardeuse ?

Maintenant que Harry Potter a quatorze ans et que son lecteur doit avoir à peu près le même âge, le récit est plus sombre. Voldemort peaufine son retour avec des moyens abjects. Les sbires qui l’entourent sont écœurants de lâcheté, ils sont prêts à tout pour plaire à Voldemort. Ce qui rend encore plus dangereux les situations pour Harry Potter.

Voilà un épisode qui relance la série, la menace Voldemort qui prend corps est pour beaucoup.

Bilan de mars

Il y a cinq ans je déménageais d’Overblog vers WordPress. Je n’ai pas vu ces années passer, mon rythme de publication a bien sûr ralenti à cause de changements familiaux et professionnels. Mais je suis toujours là.

Mais pour le mois qui arrive il y aura encore du changement, enfin un déménagement. Pas de changement de blog, juste un changement de maison, vers notre maison. Il va y avoir des peintures à faire, des cartons pleins de livres à bouger et peut-être moins de temps pour lire et blogguer. Ce qui est bien c’est que je vais pouvoir avoir « la bibliothèque », une pièce de livres et de lecture.

Ce mois-ci a été encore prolixe : six romans de lus. Tous ne sont pas encore chroniqués, c’est vrai que de ce côté-là j’ai un peu trop tendance à prendre du retard.

Ma PAL a diminué  de trois romans; j’ai été sérieux sur les achats : il n’y en a eu aucun. Par contre avec un prêt et deux emprunts à la bibliothèque, la baisse aurait pu être un peu plus importante.

J’ai reçu le résultat de mon premier financement participatif : la monographie concernant Lovecraft et les goodies l’accompagnant. Il n’y a pas à dire c’est un bel objet, une belle réussite. J’ai commencé à lire l’ouvrage et le premier constat est que Lovecraft est comme Robert E. Howard, il y a la légende montée de toutes pièces et la réalité.

CIEL 1.0 – L’hiver des machines, Johan Héliot

L’histoire : Dans un futur proche, les humains ont confié au CIEL la gestion de leur eau, électricité, communications. Celui-ci estime que l’humanité est nocive pour la planète. Il met en place un black-out total, prélude à une nouvelle ère dont l’Homme ne fera pas partie.

Ce que j’en pense : Dans ma bibliothèque, il semblerait que les rayons ados soient mieux fournis que ceux du secteur adulte. En tous cas j’y trouve plus facilement des nouveautés et des romans dignes d’être lus.

D’accord c’est de la littérature ado, c’est édulcoré en ce qui concerne la violence, la sexualité. Il faut adapter au lecteur. Quoique j’ai trouvé que c’était plutôt noir pour de la littérature ado.

Ce qui m’a plu c’est de trouver des thématiques dignes d’un roman de SF adulte. La prise de pouvoir par une intelligence artificielle en qui l’humanité avait toute confiance est particulièrement impressionnante. La mise en place d’un système concentrationnaire avec abandon de l’état-civil et remplacement par un matricule rappelle une des pires dictatures de l’Histoire. Même si c’est une IA qui a une prise de conscience, le récit fait écho à certains mouvements d’écoterrorisme dont le but est de sauver la planète en éliminant le facteur humain.

Le fait de suivre les membres d’une famille éparpillée aux quatre coins du monde permet d’avoir une diversité des situations même si ses membres sont plutôt stéréotypés dans ce qu’ils sont et dans leurs liens familiaux.

Ce qui est dommage c’est que ça se termine de manière abrupte, le lecteur est coupé dans son élan. Oui c’est pour les jeunes alors il ne faut pas faire des volumes trop importants.

 

Il y a un robot dans le jardin, Deborah Install

il-y-a-un-robot-dans-le-jardin

L’histoire : Ben, depuis le décès de ses parents, attend que le temps passe. Il n’a pas de travail et n’en cherche pas, il ne s’investit pas dans l’entretien de la maison au grand désespoir de sa femme.

Un jour il découvre un robot dans le jardin. Celui-ci est en mauvais état et semble abandonné. Ben va avoir un déclic, il va tout laisser en plan pour retaper le robot et l’aider à retrouver son propriétaire.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une Masse Critique privilégiée. C’est la présence d’un robot (SF oblige) qui m’a motivé et j’ai été agréablement surpris.

La trame en soi est hyper classique : un gars qui n’a aucun but, aucune envie se retrouve confronté à un « être » qui va lui permettre de redonner un sens à sa vie.

C’est la manière de le raconter qui change. On sent bien la touche du romancier anglais. La rencontre entre Ben et Tang donne de jolis moments cocasses. Tang, le robot, a le comportement, les attitudes, les répliques d’un enfant de quatre ans.Devoir s’en occuper va être une première façon d’appréhender la manière de s’occuper d’un enfant : en prendre soin alors qu’il se fiche de sa propre personne, essayer de lui faire plaisir et voir la joie qu’il retire de la situation.

Le périple permet à Ben de prendre en compte l’individualité de Tang mais aussi d’être confronté au comportement des humains avec les androïdes comme en témoigne leur passage dans un hôtel miteux servant de maison de passe pour des relations « inter-espèces ».

Le roman ne présente aucune difficulté, il combine moments d’humour et moments plus sérieux, amène une ébauche de réflexion sur les relations homme-machine. Pas besoin de ressembler à un homme pour pouvoir être attachant; Tang, sous le format vieille boite de conserve, est un robot cool, qui ferait du bien à certaines personnes.

Alone – L’intégrale, Thomas Geha

L’histoire : L’Europe a été dévastée par l’Apocalypse. L’humanité survivante s’est divisée en deux catégories : les Rasses ou Rassemblés qui essaient de vivre en groupes sous la direction d’un chef religieux ou militaire; et les Alones qui survivent seuls, qui ont développé de nombreuses capacités pour survivre dans un monde plus qu’hostile.

Pépé est un Alone. Un jour il va rencontrer Argento, un chef de Rasses qui a kidnappé la belle de Pépé. Celui-ci va lui faire comprendre qu’il ne fallait pas le chercher. Mais il va se retrouver embringué dans un combat qui va faire de lui le champion de l’Humanité.

Ce que j’en pense : Presque deux ans que cette intégrale attendait dans la bibliothèque. Dès le début on sait que les deux romans sont un hommage à Julia Verlanger et à son Autoroute Sauvage. Alors on sait que l’on va lire quelque chose qui peut être intéressant. Les éditions Critic mettent en avant des auteurs qui oeuvrent pour une littérature de l’imaginaire populaire. Thomas Geha fait partie de ceux-là.

Il n’y aura pas d’explication quant à la survenue de l’Apocalypse. On se retrouve dans une France post-apocalyptique avec ses paysages dévastés et pollus, avec sa population survivante violente ou moutonneuse. Au sein de cette population il y a Pépé (Peter-Perceval, que ce soit l’un ou l’autre il faut savoir le porter) un expert du couteau de lancer. Il est bon dans ce qu’il fait, se battre, se battre il sait faire mais il a une grande gueule ce qui a parfois des répercussions sur son intelligence. Plusieurs fois il se fait avoir par exès de confiance. Comme il est doué ou bien entouré, il finit par s’en sortir. Qui dit post-apo peut supposer mutations. Et des mutants il y en aura et de toutes les sortes : voitortues, jumeaux verts dispensateurs de drogue, vieille femme télépathe, arbre doté de conscience lancé dans une conquête du monde.

Les aventures de Pépé sont très distrayantes, il y a de l’action régulièrement avec des combats singuliers sanglants et des batailles pour l’avenir de l’humanité épiques, des méchants diversifiés et plutôt coriaces? Un bon divertissement qui mériterait à être un peu plus connu.

Le dresseur d’insectes, Arni Thorarinsson

L’histoire : Chaque année, à Akureyri, il y a la fête des commerçants qui est synonyme de bitures, de dégradations de biens et de violences sexuelles. Mais Einar, journaliste pour un journal local, l’événement à couvrir ,’est pas celui qu’on croit. Grâce à des informations d’une source obscure, il retrouve une jeune fille morte dans une baignoire d’une maison abandonnée, jeune fille que personne ne connait.

Ce que j’en pense : Il y a plusieurs années j’avais lu le Temps de la sorcière, roman qui était une nouveauté à l’époque. Un journaliste désabusé ça changeait des policiers désabusés. Aujourd’hui je ne me souviens pas des masses de l’intrigue, juste d’un journaliste de presse locale (voire à scandales) qui tombe sur des faits pas très reluisants.

Avec Le Dresseur d’insectes qui reprend directement après Le Temps de la sorcière, on est largué dès le début. Thorarinsson reprend tous les personnages secondaires qui gravitaient autour d’Einar et les passe en revue sans que cela apporte quoi que ce soit à l’intrigue. On se retrouve pendant cinquante pages avec une pléthore de personnages avec des noms difficilement mémorisables.

L’intrigue du roman manque sérieusement de dynamisme. Le rythme est lent et manque de révélations qui auraient relancées mon intérêt pour le roman. Les personnages m’ont semblé peu intéressants : une prostituée alcoolique, des stars de ciné hollywoodienne qui viennent en Islande parce que c’est plus facile pour faire la fête. Alors à un moment j’ai mis en route la lecture rapide parce que je n’avais plus envie de rester avec ce roman dans les mains tant je l’ai trouvé inintéressant.