Bienvenue à Night Vale, Jospeh Fink et Jeffrey Cranor

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L’histoire : Night Vale est une ville en plein milieu du désert. On peut y croiser des anges, des spectres, des extraterrestres. C’est une ville où il ne fait pas bon de croiser certaines créatures, où la police n’est pas si secrète…

Ce que j’en pense : Bienvenue à Night Vale est à l’origine un podcast où l’atmosphère serait étrange, le sens serait loufoque. C’est un podcast inconnu pour moi mais voyant la référence sur la couverture du livre, j’aurai dû me méfier.

Ce livre est inclassable, il part dans tous les sens. Certains vont l’apprécier car il décrirait notre société par le biais de l’absurdité et du farfelu. Je reconnais qu’à de rares moments j’ai pu saisir quelques idées intéressantes. Mais ce qui est usant tout le long du roman c’est d’avoir tout le temps droit à l’incohérence. C’est fatigant d’essayer de retrouver un sens à ce qui est dit. A la fin ça finit par prendre forme mai s c’est décevant car je me suis dit « tout ça pour ça ? « . Faire un roman sur la recherche d’un père et sur la question de l’éducation ça me parait plutôt léger.

S’il y avait eu le même style, le même humour qu’H2G2, j’aurai adhéré. Mais là l’humour était noyé sous un flot d’absurdités, certaines fois le comique de répétition est utilisé mais ça ne marche que dans les films.

Bienvenue à Night Vale est un roman dont on a tendance un peu trop à en faire un plat, cela aurait dû rester un podcast car la transcription à l’écrit rend la lecture laborieuse.

Bilan de novembre

Ce mois-ci est un mois en demie-teinte. Même si j’ai lu des romans qui m’ont plu, j’ai eu la sensation de prendre beaucoup de temps pour les lire. Et il fallait alterner avec des lectures plus légères, plus rapides pour ne pas avoir l’impression de faire du surplace.

Dans le cadre d’une Masse Critique j’ai reçu Latium de Romain Lucazeau. Je dois reconnaître que c’est un livre que j’ai apprécié tenir en main, la belle couverture de Manchu joue pour beaucoup. Mais je pense que j’ai entamé sa lecture au mauvais moment, une période où l’on est fatigué et où on a pas forcément envie de de lancer dans une lecture plutôt ardue. Au début j’ai eu la sensation de me retrouver dans un roman dans la même veine que La Justice de l’Ancillaire. Ce qui est déroutant c’est l’absence totale de personnages humains, il est alors difficile d’éprouver de l’empathie pour les personnages. Le roman est riche et complexe, faisant de nombreuses références à l’histoire latine et grecque, au théâtre des mêmes époques. Mais c’est un roman que j’ai arrêté de lire car il n’était pas fait pour moi dans la période actuelle.

Pendant ce mois je n’ai fait aucun achat que ce soit en papier ou en numérique. Ça me permet de ne pas faire augmenter la PAL avec une envie de lecture plutôt en berne. Pour les prochaines lectures je ne sais pas trop vers quoi je vais partir mais je vais privilégier l’entertainement, je pense.

Les Salauds Gentilshommes 1- Les mensonges de Locke Lamora, Scott Lynch

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L’histoire : Dans la cité de Camorr, la vie d’un orphelin ne vaut pas grand chose. Locke Lamora réussit grâce à son intelligence et à certains dons à se faire former à l’art du vol sous toutes ses formes. Il rejoint les Salauds Gentilshommes. En grandissant il devient la Ronce de Camorr, qui frappe de manière intelligente les ressources des plus riches.

Ce que j’en pense : Voilà dix ans que ce roman est paru. A chaque fois qu’un blogueur le finissait, il le considérait comme le « roman à lire ».

J’ai laissé du temps avant de m’y mettre et j’ai bien fait. Je suis rentré dans le roman sans avoir en tête les critiques déjà faites.

Ce fut une très bonne lecture, une fois que l’on était dedans il était difficile d’en sortir, je suis content de entamé pendant ms congés, comme ça ce n’était pas grave.

Car Scott Lynch réussit à faire débarquer le lecteur en plein Camorr. La ville est un personnage à part entière, elle a de multiples facettes, tout dépend du quartier où l’on se trouve, elle vit, elle remue, elle peut être prises de convulsions, elle est multicolore, elle possède de nombreuses odeurs (bon elle pue souvent quand même).

Et au sein de Camorr il y a des personnages hauts en couleur. Les personnages des Salauds Gentilshommes sont attachants et la disparition de certains peut attrister car c’était une bonne équipe. Le roman repose sur les épaules de Locke Lamora, sorte de Daniel Ocean, aux multiples visages et à l’intelligence acérée pour concevoir des plans mas aussi pour se dépêtrer des embrouilles dans lesquelles ses adversaires l’entrainent.

L’humour est très présent dans les dialogues et permet d’atténuer la noirceur de la ville et de l’ambiance. Je suis heureux de l’avoir lu, il m’a permis de passer de bons moments de lecture. Il était entant de se précipiter sur la suite mais autant laisser passer un peu de temps pour pouvoir bien l’apprécier.

La Huitième couleur, Terry Pratchett

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L’histoire : Dans un monde en forme de disque, Deuxfleurs suivi de son bagage magique qui se déplace sur une multitude de petites jambes visite la ville d’Ankh-Morpok. Mais il est tellement innocent que les autorités ont décidé de le protéger pour des raisons diplomatiques. Pourtant il est bien difficile de protéger quelqu’un lorsqu’il est un touriste.

Ce que j’en pense : Quand Terry Pratchett a commencé à écrire ce qui allait devenir Les Annales du Disque-Monde, la fantasy a pris une nouvelle voie : celle de l’humour.

Car Pratchett dans ce premier roman des Annales revisite de manière humoristique la fantasy . Le mage est un incapable qui n’a même pas fini l’école de magie et qui ne connait qu’un seul sort aux effets dévastateurs. Le guerrier est un tas de muscles qui pense peu, pour qui le choix ne se résume qu’à une alternative et à chaque fois il choisit toujours le mauvais truc. Mais le meilleur reste Deuxfleurs, le touriste. Il récupère toutes les tares du touriste moderne, cela fait rire. En y réfléchissant il est facile de se dire que ce bonhomme ça pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Donc ça permet de reconsidérer certains comportements que l’on pourrait avoir comme touriste.

Même si Pratchett fait de la fantasy humoristique, il faut s’accrocher dans la lecture. Certaines phrases peuvent être longues et il ne faut pas en rater un bout sinon tu peux repasser pour comprendre le trait humoristique. Je m’y suis repris à deux fois pour le lire (la première fois c’était pour m’occuper pendant les heures d’étude et je n’avais pas pu apprécier ce  que j’avais pu lire).

Je suis content de m’y être replongé mais commencer un cycle et l’apprécier est un peu dangereux, ça donne des envies de lecture.

Wunderwaffen tomes 1 à 3, Nolane/ Maza

wunderwaffen-1L’histoire : 1946, les armes volantes nazies déciemnt les forces alliées. Malgré la défaite du Japon, la guerre continue en Europe. Walter Murnau, pilote exceptionnel de la Lutwaffe, vole sur ces Wunderwaffen. Il est décoré par Adolf Hitler, qui lui inspire du dégoût et pour la propagande le voilà surnommé « le pilote du Diable ».

Ce que j’en pense : L’uchronie connait un grand développement dans le domaine de la BD (Jour J, Le Grand Jeu, W.W 2.2, Block 109 …) alors qu’en terme de roman elle ne dit que rarement son nom, comme si c’était répréhensible d’écrire une uchronie en littérature.

Ce qui peut être intéressant avec cette série c’est la mise en scène des wunderwaffen, les armes « suprêmes » qui devaient assurer le retournement de la guerre mais qui n’ont jamais existé en fin de compte. Leur apparition permet de se retrouver face à des combats aériens dynamiques et plutôt sympas à suivre.

wunderwaffen-2Je suis plus réservé sur l’utilisation d’un héros de guerre qui n’apprécie pas le leader suprême mais qui reste tout de même patriote. Un tel ressort scénaristique est assez commun et on pourrait faire une longue liste des romans ou BDs qui utilisent de près ou de loin cette trame.

Ce qui est dommage aussi c’est l’introduction d’une petite dose de mysticisme avec ce pilote trompe-la-mort et qui a des expériences de mort imminente. Ça intéresse l’ Ahnenerbe, cet institut de recherche qui avait pour but de valider les théories nazies sur la supériorité de la race aryenne en utilisant l’archéologie et l’anthropologie.

 

Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables, Serge Lehman

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Ce que j’en pense : Voilà un recueil que j’ai acheté en me référant à la qualité de l’éditeur plutôt qu’à la notoriété de l’auteur que je ne connaissais pas.

Mon ressenti après cette lecture est en demie-teinte. Environ la moitié des nouvelles m’a plu, l’autre moitié pas. Étonnamment ce sont les nouvelles de  la fin du recueil qui m’ont fait décrocher. Cela partait dans des délires (je n’ai pas peur de le dire) métaphysiques, trop de mysticisme. J’ai fini le recueil avec moins d’enthousiasme que je ne l’avais commencé.

Les trois premières étaient prometteuses. Le Haut Lieu : une visite d’appartement qui tourne au cauchemar, celui-ci se referme tout doucement sur ses occupants; Le Gouffre aux chimères : une équipe du ministère de l’Intérieur traque toutes les manifestations révélatrices de l’existence de Jésus; La chasse aux ombres molles : les espions d’une mégafirme ont tendance à trop se poser de questions, comme ils sont invisibles, ils ne laissent pas de trace lorsqu’ils disparaissent. Ça a commencé à se gâter avec Superscience, dans une ville utopique inspirée de Metropolis, des hommes sont à la recherche de puits de savoir. Je ne sais pas trop ce qui m’a déplu dans cette nouvelle, elle était longue et l’intrigue pseudo-policière m’a éloigné du véritable propos de la nouvelle. Quant aux deux dernières nouvelles, je les ai lu pour ne pas dire que j’ai abandonné la lecture.

Lehman n’est pas un auteur pour moi (j’espère ne pas être tombé sur le mauvais livre) , il est bien trop cérébral pour moi.

Les armes des Garamont, Pierre Grimbert

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L’histoire : Lorsque le Troisième Monde a été créé, les Dieux y ont placé deux runes magiques pour garantir l’équilibre du monde. Mais un jour la rune destructrice, la Malerune, est déclenchée et le monde bascule dans le chaos.

Eras de Garamont est parti à la recherche de la seconde rune laissant ses filles seules dans le château familial. Elles vont être visitées par un sorcier lui aussi à la recherche de la seconde rune.

Ce que j’en pense : Pierre Grimbert s’est fait connaitre avec le Secret de Ji, cycle de fantasy que j’avais eu plutôt du mal à apprivoiser. Avec ce premier tome de la Malerune j’ai essayé de mettre de côté mes a priori. Mais mon avis sur le roman va être mitigé.

Pierre Grimbert a une très grande imagination. Le monde qu’il a construit est très cohérent et très bien pensé, que ce soit du point de vue du bestiaire ou de l’aspect des croyances. Par moments ça pouvait presque être de trop, trop d’informations, trop de choses à retenir. J’aime bien me retrouver dans le monde décrit dans un roman mais pas noyé.

J’ai trouvé le roman plutôt long à se mettre en route. A intervalles réguliers il y a des séquences de combat plutôt intenses (voire saignantes) mais comme il y a peu d’attachement aux personnages, je n’ai pas trop ressenti l’intensité voire la tension qu’il pouvait y avoir dans les combats. Voilà un autre écueil  : les personnages. Certains s’y attacheront et les trouveront sympas, moi je les ai trouvés plutôt lisses, sutrout les deux filles de Garamont. Par certains moments j’ai eu la sensation d’avoir droit à des personnages un peu trop enfantins. Il y a peut-être le lycante, mi-homme mi-loup, qui sort du lot en apportant un peu de complexité.

Alors voilà, c’est un roman que je me suis dépêché (malheureusement) de lire et que j’ai presque fini avec soulagement.

Bilan d’octobre

Encore un mois qui est bien vite passé.

bilan10-16En terme d’achat j’ai été plutôt raisonnable. C’est compréhensible quand on voit comme sont fournis les rayonnages des « librairies » dans lesquelles je me retrouve. Les nouveautés ne sont pas mises en avant et ce qui peut sortir de l’ordinaire, être un peu plus confidentiel n’existe même pas.

Alors je n’ai trouvé que le deuxième volume des Chroniques du Radch qui valait le coup en papier. Par contre en numérique, j’ai (encore) profité d’une promo sur les nouveautés, donc ont intégré ma liseuse Blizzard tome 3 de Pierre Gaulon, Source des tempêtes de Nathalie Dau et Anasterry d’Isabelle Bauthian.

Étant en congé en ce moment, je me suis lancé dans la lecture de Bienvenue à Night Vale, je ne sais pas trop si c’était forcément une bonne idée. Il fait partie de ces romans qu’il faut savoir domestiquer pour pouvoir l’apprécier.

Ma PAL est repartie à la hausse, pas en raison d’achats, non je me suis enfin décidé à intégrer des livres dont les séries ont été complétées au fil du temps. Alors je vais devoir lire l’heptalogie d’Harry Potter (tous trouvés en brocante) et les romans Hypérion et Endymion de Dan Simmons.

 

Ciel brulant de minuit, Robert Silverberg

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L’histoire : XXIV° siècle, à cause de l’effet de serre, le réchauffement climatique est à son comble. Des scientifiques tentent de trouver une solution en adaptant génétiquement  l’homme à son environnement. Mais certains sont conscients que l’avenir de l’homme se trouve parmi les étoiles.

Ce que j’en pense : Écrit au début des années 90, il est sûr que le roman de Silverberg cherche à coller aux préoccupations écologiques de cette période. Il nous décrit un monde dévasté par le réchauffement climatique, que ce soit l’environnement ou l’humanité. Celle-ci vit sous la domination de mégafirmes qui dans leur fonctionnement réinstaurent une hiérarchie sociale très clivante. Les salariés sont classés par niveau en fonction de leurs compétences, leur mode de penser et de fonctionner, cela n’est pas sans rappeler les classes de l’Ancien Régime.

Mais Silverberg ne s’arrête pas à la description de ce monde futur, il dévie vers la modification de l’ADN, de la modification du corps intra-utérin. Ces pans du roman se tournaient vers la hard-SF et j’ai trouvé cela un peu lourd.

Comme dans tous les romans de Silverberg, il est normal de retrouver une grande présence de la sexualité. Je trouve quand même dommage qu’il n’y ait qu’un seul personnage dévolu au rôle de satisfaction sexuelle et que ce soit un personnage féminin.

En fait ce qui déçoit dans son roman, c’est que j’ai eu l’impression qu’il voulait nous parler de beaucoup de choses mais qu’à la fin ça donnait un ensemble un peu indigeste.

Dans le texte :

 » Tous ces efforts, cette laborieuse progression depuis les origines, et à quoi cela avait-il abouti ? A une civilisation si avancée qu’elle avait réussi à rendre invivable son propre environnement. Une espèce si intelligente qu’elle avait inventé une infinité de moyens ingénieux pour souiller son propre nid.« 

 » Une si jolie planète. Un pur joyau. Dommage de l’avoir saccagé comme nous l’avons fait. D’avoir souillé, pendant des siècles le nid de notre espèce , par notre inqualifiable stupidité, d’avoir fait de ce monde merveilleux et peut-être unique un objet d’horreur. Qui poursuit aujourd’hui tout seul sa transformation, avec une puissance qui échappe à notre contrôle, de sorte que nous n’avons plus guère d’autre solution que nous transformer nous-mêmes si nous voulons vivre si nous voulons continuer à y vivre.« 

Le patriote, Pearl Buck

le-patrioteL’histoire : Alors que Tchang Kai Chek entame sa conquête de la Chine, un jeune chinois est envoyé au Japon pour apprendre les ficelles du commerce auprès d’une riche famille. Quand le Japon envahit la Chine, ce jeune qui a fondé une famille se retrouve pris entre patriotisme et déloyauté.

Ce que j’en pense : Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Pearl Buck. Les premières pages ont été difficiles, la petite histoire et la grande histoire sont imbriquées mais elle donne peu d’informations pour se repérer. Et quand l’histoire contemporaine de la Chine ne t’est pas familière, tu as un petit peu l’impression de rester sur le bord de la route.

Comme à son habitude, Pearl Buck confronte son personnage, chinois, à sa culture d’accueil, la culture japonaise. Car Pearl Buck excelle pour décortiquer les sentiments qui peuvent découler d’une confrontation à une culture étrangère. Et pour corser le tout, alors qu’il semble intégré à la société, la guerre est déclarée. Il faudra faire un choix entre sa patrie d’origine et sa patrie d’adoption, des deux côtés il y a une famille. Pour ma part je trouve étonnant que sa famille japonaise ne soit pas embêtée alors qu’elle a un lien avec un chinois. Peut être un choix d’atténuer la noirceur de la réalité.

Le Patriote n’est sûrement pas le meilleur roman que j’ai lire de Pearl Buck mais je dois reconnaitre qu’il aborde une thématique intéressante et qu’il donne envie de découvrir l’histoire chinoise.