Flotille 66, tome 1 : Les messagers de l’atome

Titre : Flotille 66, tome 1 : Les messagers de l’atome

Scénario : Romuald Pistis

Dessin : Michel Lourenco

Edition : Zéphyr

Année : 2010

Note : 8/20

L’histoire : Dans un futur proche, les Rafale du Charles-de-Gaulle sont chargés d’escorter des porte-conteneurs chargés d’uranium pour des centrales nucléaires en construction aux Emirats Arabes Unis. Mais un groupuscule est bien décidé à s’en emparer.

Ce que j’en pense : Que c’est dur de lancer une série avec des pilotes de l’aéronavale, surtout après la classique série Buck Danny.

Pourtant il y avait du matériau intéressant. Plutôt que de faire des aventures aériennes dans un cadre américain pour quoi ne pas le faire dans un cadre français ? On a des avions classes et une situation géopolitique qui permet des extrapolations.

Mais non, j’ai eu l’impression que tout était gâché par la forme. Une planche de cet album n’a pas de linéarité, c’est juste un amas de cases où l’on cherche le sens. En mêlant deux intrigues, on les rend toutes les deux chiantes. Et de la parlote il y en a, certains passages sont plus qu’explicatifs alors que moi je recherchais un peu d’action.

Il n’y a pas grand chose dans ce volume qui me donne envie de poursuivre la série.

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Le Voyageur sur la Terre, Julien Green

Titre : Le Voyageur sur la Terre

Auteur : Julien Green

Edition : Le livre de poche

Année : [1930] 1965

242 pages

Note : 12/20

L’histoire : Un jeune homme est retrouvé noyé dans une rivière. Dans la chambre où il logeait, on retrouve un manuscrit de sa main où il raconte son histoire, histoire où une atmosphère d’étrange va régner.

Ce que j’en pense : Le Voyageur sur la Terre est un recueil de quatre nouvelles. Celle qui donne le titre à l’ouvrage est la plus importante. A côté du manuscrit, il y a des témoignages qui apportent une lumière différente à ce que l’on savait du jeune homme. Bien sûr à la fin on ne sait pas bien où l’on se situe. Cette sensation se retrouve dans chaque nouvelle où règne une ambiance étrange.

Chaque nouvelle a une part de fantastique, ça frôle même certaines fois la folie. Par moment, j’avais l’impression de lire des nouvelles d’Edgar Alan Poe. Mais pour celles pour de Poe, il y a bien plus de noirceur. Élément qui manque pour les nouvelles de Green. Si elles avaient été sombres, plus mélancoliques, je crois que j’aurais une note plus élevée.

Superman: Red Son

Titre : Superman : Red Son

Scénario : Mark Millar

Dessin : Dave Johnson et Kilian Plunkett

Edition : Marvel Panini France

Année : 2003

Note : 12/20

L’histoire : Le vaisseau transportant Kal-L, le futur Superman, tombe en URSS. Élevé dans un kolkhoze, Superman se refuse à prendre parti en politique. Il préfère sauver les gens partout dans le monde.

Les américains voient d’un mauvais œil la présence de Superman sur la Terre, alors avec l’aide de Lex Luthor, ils vont tout faire détruire Superman et ce qu’il représente. 

Ce que j’en pense : On dirait que je mets encore une uchronie à mon actif. Celle-là elle est un peu particulière. Et si Superman avait grandi en URSS ? Parce que Superman reste quand même une sorte de héros américain par excellence. Alors ça fait bizarre de le voir se balader avec la faucille et le marteau sur le torse.

Pour cette uchronie, les auteurs ont convié de nombreux personnages : on y retrouve les personnages classiques qui tournent autour de Superman comme Lex Luthor, Lois Lane et d’autres comme Wonder Woman, Batman ou The Green Lantern. Ceux-ci sont intégrés presque naturellement à l’histoire, Batman devient un opposant à l’idéal communiste mis en avant par Superman par exemple. Mais le problème c’est qu’ils apparaissent et disparaissent très rapidement, et souvent sans explications.

Étrangement il n’y a pas une opposition manichéenne entre Superman et Lex Luthor. Luthor est le bad guy, le plus grand cerveau criminel au monde, il n’hésite pas à créer des monstres pour éliminer son ennemi juré. Par contre, Superman que l’on pourrait croire bon, a l’idée utopique de faire le bonheur des hommes en évitant tous les accidents mortels, en préservant au maximum la vie humaine. On revient à l’éternelle question : peut-on faire le bonheur des gens malgré eux ? Mais Superman manque de profondeur psychologique, on ne s’y attache pas et on ne le déteste pas. Un traitement un peu plus approfondi du sujet aurait permis de rendre cette BD plus intéressante.

Ce qui est le plus de Superman : Red Son, c’est l’aspect visuel. Certaines représentations de Superman dans ses exploits font vraiment penser à la propagande soviétique.

Stick, Elmore Leonard

Titre : Stick

Auteur : Elmore Leonard

Edition : Rivages

Année : [1983] 2013

363 pages

Note : 14/20

L’histoire : Ernest « Stick » Stickley vient de sortir de prison après avoir purgé une peine de sept ans pour vol à main armée. Décidé à se tenir éloigné ds affaires, il accompagne une connaissance dans la livraison d’une valise. Mais son pote se fait descendre et les gars qui l’ont tué ont décidé de finir le boulot.

Ce que j’en pense : Encore un livre obtenu par le biais de Masse Critique organisé par Babelio. Ici les éditions Rivages se lancent dans la réédition de l’ensemble de l’œuvre d’Elmore Leonard.

Leonard, qui a aussi été beaucoup adapté au cinéma, est devenu une sorte de ponte du roman noir un peu décalé.

Car même si on retrouve de nombreux gangsters ou autres trafiquants de drogue, ceux-ci sont peu effrayants. Ou bien ce qui peut faire peur c’est leur stupidité. Il y en a toujours un ou deux que l’on croirait échappés d’un asile tant ils paraissent instables. Leur stupidité les rend ridicules, ce qui permet d’en rire.

Face à eux, il y a le héros cool. Pour avoir une idée de quel genre il s’agit il suffit de revoir Get Shorty ou Be Cool, films derrière lesquels il y a Elmore Leonard. Stick est un mec cool qui arrive à tomber les filles comme ça, qui sait gérer deux-trois gars bas de plafond armés jusqu’aux dents qui doivent l’éliminer. Le seul qu’il a du mal à prévoir c’est son ex-femme. Un héros cool mais par moment, ça devient presque trop.

Alors j’ai lu des romans d’Elmore Leonard avec beaucoup plus d’humour, Stick se situe en deçà d’eux mais j’ai quand même passé un bon moment avec lui.

masse_critique

Gen d’Hiroshima 2, Keiji Nakazawa

Titre : Gen d’Hiroshima 2

Auteur : Keiji Nakazawa

Edition : Vertige

Année : [1975] 2003

Note : 17/20

L’histoire : Début août 1945, les Américains ont largué la première bombe atomique sur Hiroshima. Les rares survivants de la ville découvrent la dévastation et les effets insidieux des radiations.

Gen va chercher à tout prix à trouver de la nourriture pour nourrir sa mère et sa sœur qui vient juste de naitre. Il va devoir faire face aux pillards et à l’hostilité des gens qui n’ont rien subi.

Ce que j’en pense : Alors que je trouvais que le premier volume était assez dut notamment dans la description des mentalités, ce deuxième volume est plus dur encore car il décrit les conséquences de l’explosion de la bombe atomique. Les survivants sont livrés à eux-mêmes. La rare présence de l’État se caractérise par le ramassage et la destruction des cadavres. Les corps brûlés, la peau fondue, les organes qui se liquéfient, c’est l’horreur absolue.

A côté des conséquences physiques, il y a l’indifférence voire la haine des habitants des villages avoisinants à l’égard des survivants.Les villageois vivent dans leur bulle et feraient n’importe quoi pour voir disparaitre ces gens qui viennent leur demander une poignée de riz.

Dans une guerre, l’inhumanité peut venir de l’ennemi mais celle-ci est encore plus difficile à supporter lorsqu’elle vient de son propre camp.

Le Malentendu, Irène Nemirovsky

Titre : Le Malentendu

Auteur : Irène Némirovsky

Edition : Denoël

Année : 2010

169 pages

Note : 13/20

L’histoire : Yves Harteloup est fils d’une bourgeoisie appauvrie. Depuis la guerre, il traine sa mélancolie à Paris. Lorsqu’il se retrouve en vacances sur la côte basque, il est de nouveau heureux surtout  lorsqu’il tombe amoureux de Denise, une femme qui appartient à son milieu d’autrefois.

Ce que j’en pense : Il y a comme ça des auteurs dont j’ai beaucoup aimé le premier roman que j’ai lu d’eux mais il n’y a pas de confirmation pour le second. Irène Némirovsky fait partie de ceux-là. Pour moi Suite Française était une perle. Alors je m’attendais à trouver avec Le Malentendu une telle intensité. Je crois qu’il y a eu un malentendu. Je ne vais pas dire que j’ai été déçu, ce n’est pas le cas. C’est plutôt les personnages qui, au fil du récit, me sont apparus de plus en plus antipathiques.

Au début Yves et Denise trouvent une satisfaction dans leur relation. Mais avec le temps, ils se rendent compte qu’ils sont trop différents. Yves est un taiseux, trop renfermé; Denise espère beaucoup de cette relation mais elle se rend difficilement compte qu’elle est trop mise de côté. Il y a aussi l’épineuse question de l’argent, argent qui manque à Yves et qui lui donne le sentiment d’être inférieur à Denise.

Plus ça avançait, plus je me suis dit que ça devenait un dialogue de sourds. Aucun des deux n’avait l’idée de prendre le taureau par les cornes. La solution choisie par Yves est celle de la lâcheté.

Je ne vais pas m’arrêter à cette demie déception. Lorsque j’aurai moins de choses à lire je retenterai ma chance.

Challenge de l’été – Faire fondre la PAL

J’ai un problème avec ma PAL, elle trop haute. Quand j’arrive à la faire baisser, je rachète des livres ce qui me fait perdre le terrain gagné. De 150 je suis passé à 136 mais samedi je me suis acheté quatre livres (1Q84 de Murakami; Le dernier d’entre nous de de Neil Gordon; Le chant du barde de Poul Anderson et la Fille automate de Bacigalupi). Donc aujourd’hui elle est à 140.

J’ai trouvé un challenge lancé par Métaphore. L’idée est de profiter des trois mois d’été pour faire fondre la PAL. Il y a plusieurs catégories qui vont de 10 livres à la totalité de la PAL, je pense que commencer par 10 livres ça sera bien.

1 – Le dernier d’entre nous – Neil Gordon

2 – Mort à Devil’s Acre – Anne Perry

3 – Le Voyageur sur la Terre – Julien Green

4 – Les papillons de l’Ombre Jaune – Henri Vernes

5 – Les Voies d’Anubis – Tim Powers

6 – La lumière du lac – Bernard Clavel

7 – Un bonheur insoutenable – Ira Levin

8 – Vent d’est, vent d’ouest – Pearl Buck

9 – Mr Ripley – Patricia Highsmith

10 – Le Trône de fer – George R.R. Martin

Alexis Zorba, Nikos Kazantzaki

Titre : Alexis Zorba

Auteur  : Nikos Kazantzaki

Edition : Le Livre de poche

Année :

439 pages

Note : 16/20

L’histoire : Le narrateur, jeune intellectuel, délaisse ses études pour se plonger dans la vrai vie. Il décide d’ouvrir une mine de lignite dans une île. A la veille de son départ, il engage Alexis Zorba comme contremaître.

Ce que j’en pense : Quand j’ai vu ce roman à la Ressourcerie des Weppes, je me suis dit que ça serait bien de le lire avant de voir le film. Et depuis il était resté dans la bibliothèque. C’est à l’occasion d’une lecture commune que je l’ai ressorti.

Au début j’ai été un peu perdu car le narrateur n’est pas très bavard en ce qui le concerne : ce qu’il est, ce qu’il fait restent sous silence.

Mais lorsque Zorba est entré en scène, je me suis rendu compte que c’était lui « le personnage ». Zorba est un personnage haut en couleur. Ses multiples voyages ont fait de lui un fin connaisseur de l’âme humaine et un amoureux de la vie. Pour chaque situation il a un récit qui permet de relativiser ce qui arrive. Après ses récits sont tellement exubérants que je me suis demandé si des fois cela n’était pas des fables. Exubérants mais ils reflètent une grande réflexion sur la vie de la part de Zorba.

Libéré de l’argent, libéré de la patrie, il ne travaille que quand ça lui plait et est prêt à aimer toutes les femmes. Conscient que les mots peuvent être un obstacle à la compréhension entre deux hommes, il choisit la danse pour se faire comprendre comme si la danse était un langage universel.

La philosophie vivante de Zorba vient s’opposer à celle de Bouddha dont le narrateur fait une étude. Au contact de Zorba le narrateur va voir son rapport à la vie change, il va marcher un peu plus à l’émotion et agir en réfléchissant un peu moins.

Il s’oppose vivement au narrateur qui veut mettre en place les bases du socialisme sur la petite île où ils se sont installés, car il est conscient que l’on ne peut pas faire le bonheur de quelqu’un à sa place.

Zorba est un personnage entier, tellement présent que lorsqu’il n’apparaissait que par le biais d’un récit épistolaire j’ai trouvé le roman moins bon.

Dans le texte :  » La vie, c’est un embêtement, poursuivit Zorba, la mort, non. Vivre, sais tu ce que ça veut dire? Défaire sa ceinture et chercher la bagarre. »

Spynest, tome 2 : Opération Excalibur

Titre : Spynest, tome 2 : Opération Excalibur

Scénario : Jean-Luc Sala

Dessin : Christophe Alliel

Edition : Soleil

Année : 2012

Note : 13/20

L’histoire : Pour empêcher une paix humiliante à la Grande-Bretagne, le lieutenant Fleming reçoit l’ordre de tuer Édouard VII, duc de Windsor.

Ce que j’en pense : Comme pour le précédent c’est un récit qui va à 200 à l’heure. On retrouve les éléments qu’il y avait dans le précédent épisode : action, humour. Mais ça va tellement vite que c’est un peu comme un idiot que je me suis retrouvé à la fin du volume.

Ici le petit plus c’est que j’ai l’impression que le scénario se base encore plus sur des faits historiques réels comme les sympathies nazies d’Édouard VII par exemple.

Mais avec une histoire qui va aussi vite il est un peu dur d’approfondir la personnalité des personnages. Alors on reste en surface et ça ne donne pas forcément envie de s’attacher aux personnages. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de présence du nazi cyborg, il disparait presque bêtement au cours d’un combat. Bien sûr ce n’est pas le genre de personnage qui disparait sans qu’une réapparition surprise ne soit prévue.

Alors c’est un volume qui continue sur la lancée du premier mais qui aurait gagné à être plus proche des personnages principaux.

J’ai lu le premier tome de Spynest.

Les hommes protégés, Robert Merle

Titre : Les hommes protégés

Auteur : Robert Merle

Edition : Gallimard

Année : 1974

377 pages

Note : 14/20

L’histoire : Une épidémie d’encéphalite touche les hommes en âge de procréer. La société américaine est durement touchée en raison de l’inertie des gouvernants. Des hommes dont le capital intellectuel est primordial sont isolés, protégés. Les femmes prennent ainsi le pouvoir.

Ce que j’en pense : Et si une épidémie frappait la moitié de la population humaine c’est-à-dire les hommes? Robert Merle part de cette hypothèse pour décrire un monde qui ne fait pas envie du tout. Les gouvernants pour des raisons électorales n’ont rien fait pour endiguer la maladie. Mais une fois qu’il n’y a plus d’hommes ce sont les femmes qui prennent leur place et aussi leur revanche. Il y a la mise en place d’un système répressif et totalitaire où les femmes se retrouvent en haut de la hiérarchie sociale, viennent ensuite les castrats (certains hommes font le choix de perdre leurs attributs plutôt que de perdre la vie) puis viennent les hommes encore entiers. Les hommes entiers ou protégés paient pour les siècles de domination masculine.

Écrit au milieu des années 70, en plein dans la lutte pour la condition féminine, le roman pose la question du rapport entre les sexes. Comment peut s’équilibrer ce rapport ? Doit-il y avoir une égalité ou y avoir un rapport de domination qui montrerait que les femmes n’ont pas plus de jugeote que les hommes.

C’est la description d’une société froide et totalitaire, et même si des femmes plus modérées arrivent au pouvoir par la suite , ce qui est proposé laisse encore l’homme de côté.

C’est vrai que par certains côtés le trait semble forcé, que le système décrit ne fait pas dans la finesse mais au moins cela suscite la réflexion.

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