Une chanson pour Lya, G.R.R. Martin

une chanson pour lya

Au matin tombe la brume : Spectremonde est une planète vivant au rythme de l’apparition et de la disparition de la brume. Au sein de cette brume vivraient des spectres. Un scientifique est prêt à tout pour trouver une explication rationnelle.

C’est la planète qui est au centre du récit, ses paysages sont magnifiquement décrits, son attraction sur les hommes est tout à fait crédible. Le problème est que j’en ai fait une lecture trop fractionnée pour pouvoir l’apprécier suffisamment.

Il y a solitude et solitude : Le régulateur d’un portail spatial attend avec impatience la relève qui n’arrive jamais. Cette attente le plonge doucement dans la folie.

C’est sûrement l’une des nouvelles les plus sombres, elle va chercher dans certains coins sombres de la tête d’un homme, là où on peut trouver la folie.

Pour une poignée de volutoines : Une planète n’est exploitée que pour les pierres précieuses qu’elle recèle. Les ouvriers manipulent des cadavres pour faire le gros des travaux. Mais ils vont se retrouver confrontés à la volonté d’un homme voulant mettre fin à la manipulation des cadavres.

On retrouve des éléments de la nouvelle « Retour aux sources » (Bifrost 67). Voilà une autre manière d’utiliser les morts, plutôt que de les laisser pourrir.

La sortie de San Breta : Dans un futur où les voitures sont devenues obsolètes, un fana d’automobiles sillonne les autoroutes. Un soir il percute une automobile. Il va se retrouver entrainé dans une étrange réalité.

On s’éloigne de la SF, on se retrouve dans du fantastique traditionnel: une voiture fantôme, un accident horrible. Quand je l’ai finie, je me suis dit que Stephen King aurait pu l’écrire.

Diaporama : Un jeune astronaute est engagé dans une quête de fonds pour un programme spatial. Mais quand il revisionne les images des lieux qu’il a vu, ça réveille la rancœur d’avoir été mis sur la touche.

La rancœur du jeune est bien retranscrite, on sent que ce qu’il présente en images ne représente pas du tout ce qu’il a pu voir. Il va se retrouver confronté à un médecin qui cherche aussi des fonds et va se poser la question de l’utilité de leur mission. Vaut-il mieux avoir des fonds pour la découverte de l’espace ou pour soigner les populations malades dans le monde ?

Le héros : Un soldat décide de prendre sa retraite mais sa hiérarchie ne semble pas encline à lui octroyer. Elle va essayer de le fléchr pour qu’il revienne sur sa décison. Bien sûr elle ne réussira pas et utilisera une solution qui lui permettra de garder la face.

Avec cette nouvelle, j’ai senti une légère pointe d’antimilitarisme. La hiérarchie militaire applique une solution tout à fait exécrable pour ne pas donner satisfaction au soldat. On sent tout le poids de l’institution sur un seul homme.

VSL : C’est la nouvelle du recueil qui ne m’a pas du tout intéressé. Elle est très ramassée, le sujet ( hyperespace et vitesse lumière) m’a paru trop obscur. Comme si un néophyte se retrouvait devant un ouvrage de vulgarisation mal rédigé.

L’éclaireur : Une créature vivant dans les profondeurs de la Terre part en éclaireur. Il découvre des êtres qui lui paraissent avoir des pouvoirs surnaturels. Comprenant qu’ils pourraient être un apport pour sa tribu, il va chercher à prendre contact avec eux.

Ici on se tourne vers le post-apo, avec les conséquences néfastes du nucléaires sur les organismes : mutations horrifiques, apparition de pouvoirs psychiques. Pendant un moment, on se demande si l’action se situe bien sur la Terre. Puis on se retrouve dans une nouvelle horrifique avec une fin qui nous fait tomber dans la folie.

Le run aux étoiles : Des aliens demandent à participer à un championnat de foot américain. Malgré un refus, ils finissent par être accepter au nom de la réconciliation. Mais avec leur participation, le championnat est complètement bouleversé.

Voilà une nouvelle intéressante par les questions posées : la réconciliation après une guerre peut-elle passer par le sport ? peut-on être prêt à voir gagner des gens qui n’ont jamais joué ? le sport doit il servir la politique ? Le seul problème de cette nouvelle c’est qu’il faut connaitre les règles du foot américain, assez rapidement j’ai été largué lors du déroulement des matchs.

Une chanson pour Lya : Deux êtres au pouvoir psi sont envoyés sur une planète pour enquêter sur l’étrange relation qu’ont les autochtones avec une sorte de divinité parasitaire.

Dernière nouvelle du recueil, je l’ai trouvé un poil trop long, pour moi elle manquait de percutant. Et cette idée d’un parasite qui soi-disant apporte le bonheur à son porteur était un peu déjà-vu.

Dans l’ensemble, c’est un très bon recueil de nouvelles. Même s’il y a régulièrement du space opera, quand Martin va vers d’autres genres c’est tout aussi efficace.

 

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Utopiales 13

utopiales 2013Titre : Utopiales 13

Auteur : Collectif

Editeur : ActuSF

Année : 2013

386 pages

Ce que j’en pense : Pour cette anthologie, je n’ai pas eu de gros coup de coeur. Je suis passé à côté de certaines nouvelles notamment celles de William Gibson,, de Jean-Louis Trudel et d’Andreas Eschbach. Je crois que leurs sujets ne m’ont pas intéressé.

Par contre j’ai retrouvé avec plaisir une nouvelle de Jean-Pierre Andrevon, on devine assez rapidement le dénouement possible mais quand il arrive j’ai éprouvé une certaine satisfaction.

La femme aux abeilles de Thomas Day est un vrai faux récit de fantasy. La transformation brutale de la dite femme est surprenante, en fait dans le style de Thomas Day.

Noël en enfer d’Orson Scott Card revisite d’une façon étrange toute la mythologie relative à Noël. En fait il dynamite certains aspects de la féérie de Noël.

La dernière nouvelle, celle de Jeanne-A Debats, où j’ai découvert Navarre, un vampire misanthrope et bisexuel au service du Vatican. Son côté libertin est assez rafraichissant.

Alors comme dans toute anthologie, il y a des nouvelles qui accrochent plus que d’autres et qui donnent envie de découvrir ces nouveaux auteurs.

ABC imaginaire 2016

Nouvelles du dimanche #3

la malédiction de bishaLeigh Brackett fait partie de ces auteurs de SF qui sont restés dans l’ombre parce qu’elles sont des femmes. Pourtant elle n’a rien a envié aux autres auteurs avec cette nouvelle. Mars est une planète qui sert lieu à un cycle incontournable de son œuvre. Un médecin terrien habite sur Mars, il recueille une fillette que sa tribu veut tuer car elle est porteuse d’une malédiction. On se retrouve avec un Terrien qui fait preuve de pragmatisme face aux superstitions martiennes. On va croire à la possibilité de sauver la fillette jusqu’à la fin. Mais la fin est pessimiste avec cette idée que malgré tout on ne peut pas échapper à son destin.

l'anniversiare du reich de mille ansVoilà une nouvelle d’Andrevon à la tonalité bien sobre par rapport à ce que j’ai déjà pu lire de lui. En 2933, la planète entière se prépare à fêter les mille ans du Reich. C’est fébrilité et enthousiasme dans toutes les couches de la population. Mais un vent se lève et parcourt l’ensemble du globe. Étonnamment cette nouvelle aurait pu être plus développée, comment serait le monde si le III° Reich avait atteint mille ans ? On a quelques éléments de réponses mais ce n’est pas ça qui intéresse Andrevon. Il s’intéresse à la promesse d’Hitler que le Reich durerait mille ans. Il se passe quoi lorsque le Reich atteint sa millième année ? Il suffit de lire la nouvelle pour le savoir.

angle mortJusqu’à présent je n’ai lu de Lauren Beukes que Moxyland. Mais cette nouvelle prouve sans problème son talent. Dans le cadre du cadre d’une occupation terrestre d’une autre planète, les humains ont un comportement violent à l’égard des extraterrestres sans défense. Cette situation n’est pas sans rappeler ce qu’il a pu se passer en Irak ou en Afghanistan avec les troupes américaines. Alors c’est une nouvelle qui fait une piqure de rappel sur certains comportements et qui fait réfléchir lorsqu’elle se conclut sur « On ne peut pas déshumaniser ce qui n’est pas humain ». Ça nous autorise alors à faire ce que l’on veut ? Vous avez quatre heures…

Utopiales 15

utopiales 15Titre : Utopiales 15

Auteur : Collectif

Éditeur : Actu SF

Année : 2015

400 pages

Ce que j’en pense : L’anthologie des Utopiales de cette année a pour thème Réalité(s). Thème qui est très, trop large.

Alors on se retrouve avec des nouvelles, de qualité il n’y a pas à dire, qui couvrent un large champ de l’imaginaire.

On a de la fantasy historique de Del Socorro, on a du fantastique en rapport avec l’adolescence et certaines de ses erreurs, on a de la robotique et de la réalité virtuelle, des vallées où le temps passe plus lentement, des alcooliques aux paris bien barrés, des ex-pilotes soviétiques qui ont croisé des extra-terrestres.

Réalité(s) recouvre(nt) de nombreux thèmes mais ce qui reste le plus important c’est la qualité des écrivains présents et du plaisir qu’on retire à les lire.

L’Homme doré, Philip K. Dick

l'homme doreTitre : L’Homme doré

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : J’ai Lu

Année : [1953- 1980] 1982

285 pages

Ce que j’en pense : Les romans du début de la carrière de Philip K. Dick me laissent parfois un sentiment de déception. Les personnages se ressemblent trop : les hommes sont névrosés, manipulables et les femmes sont manipulatrices et dominatrices.

Mais quand je lis des nouvelles de Dick, je me  rends compte qu’il est meilleur novelliste que romancier.

Sur ce recueil, il y a peu de déchet. J’avoue que Chaines d’air, réseaux d’éther et Si Cermoli n’existait pas ne m’ont pas intéressés du tout. 

L’Homme doré, comme chasse aux mutants, fait écho aux X-Men. Le projet Argyronète est bien drôle en mettant en scène des auteurs de SF comme Poul Anderson ou A.E. Van Vogt qui sont recherchés par les hommes du futur car ils sont prescients. On va vers la fantasy avec Le Roi des elfes, qui relue une deuxième fois est plutôt bien. On y retrouve la confrontation entre deux réalités.

Donc des histoires de réalité, des histoires sur la manipulation, sur le vampirisme (La dame aux biscuits), les mélanges entre différentes entités (Quelle chance d’être un Blobel !), beaucoup de diversité dans les thèmes traités avec beaucoup de dynamisme, de l’humour.

Un recueil réussi avec des nouvelles qui embrassent l’ensemble de la carrière de Dick et prouvent son talent.

Trolls et Légendes – L’anthologie officielle

trolls et légendesTitre : Trolls et Légendes – L’anthologie officielle

Auteur : Collectif

Année : 2015

Editeur : ActuSF

297 pages

Sous les ponts de Paris, Pierre Pevel : Dans le Paris sous le gouvernement d’Ambremer, chaque pont possède son troll qui assure son entretien. Mais la révolte gronde lorsque les trolls ne reçoivent plus leur rémunération. Voici ma première incursion dans le Paris des merveilles de Pierre Pevel. Cette nouvelle multiplie les personnages et ne s’attachent pas vraiment à eux. Pierre Pevel réussit quand même à introduire de la lutte sociale dans un monde fantastique et les trolls ont une capacité de nuisance bien plus importante que certains salariés. En tout cas , c’set une nouvelle qui peut servir d’appât vers les romans se déroulant dans ce monde.

D’azur au troll d’or, Claudine Glot : Avec cette nouvelle on lorgne du côté des légendes arthuriennes. Un jeune chevalier qui veut faire ses preuves cherche une créature formidable à vaincre. Il part alors à la recherche d’un troll. Mais ce n’est pas avec les armes qu’il va vaincre la trollesse qu’il trouve. L’idée du troll mélomane permet de faire entrer de la sensibilité chez cette créature souvent représentée comme rustre et limitée.

La montagne aux trolls, Estelle Faye : Une jeune femme découvre un retable avec des représentations picturales étranges en plein coeur des Vosges. Le retable va exercer sur elle une étrange fascination et va lui faire découvrir une vérité dérangeante. Le récit est plutôt long à démarrer. Lorsque l’on arrive à la présence du troll, le récit mélange mythologie et sorcellerie et l’atmosphère de mystère est bien présente.

Yamadut, Cassandra O’Donnell : Une Yamadut, sorte de faucheuse, poursuit un troll qui doit mourir. Le récit est très rythmé, la course-poursuite est sans temps mort. Pour une fois la chute m’a plu. Elle a juste ce qu’il faut pour faire sourire le lecteur au dépens du troll.

Seulement les méchants, Jean-Luc Marcastel : Dans un village de la France profonde, le corps d’une joggeuse affreusement mutilée est retrouvé. Les enquêteurs mettent la main sur un individu mais l’interrogatoire va mettre au jour une étrange réalité. Voilà une petite enquête policière pour retrouver un monstre mais qui va montrer que le monstre n’est pas celui que l’on pense. L’horreur côtoie l’humour. Le troll a une morale plutôt élastique, mais en fin de compte ça reste un troll.

Une créature extraordinaire, Magali Ségura : Dans un pays scandinave, il y a longtemps, une jeune fille découvre un troll qui creuse la montagne à la recherche de sa mère. Touché par sa candeur, elle va l’aider à la retrouver. Cette nouvelle bien plus longue que les autres de l’anthologie explore les relations parents-enfants que ce soit du côté humain ou du côté troll. On ne peut être que touché par ce troll lancé dans une quête sans fin et qui finit par redécouvrir la beauté du monde extérieur.

Le troll de sa vie, Adrien Tomas : Tia Morcese est chargée de la régulation des populations méta-humaines. Un jour elle est contactée par un nain de jardin qui lui dénonce une exploitation de gnomes par un troll dans le monde de la nuit parisienne. Cette nouvelle se lit d’une traite, elle a ce qu’il faut en humour et rythme pour avoir plus envie de découvrir en profondeur ce monde particulier.

Le mythe de la caverne, Gabriel Katz : Un ancien chevalier réunit ses anciens compagnons d’armes pour aller tuer un troll dont la tête a été mise à prix par le seigneur local. Alors ça commence bien avec cette équipe de guerriers sur le retour dont les beaux jours sont derrière eux. Ce qui est dommage c’est que ça se finit bêtement comme si Gabriel Katz n’avait pas eu d’idée pour clore le récit.

Le mal caché, Patrick McSpare : Un homme qui a retrouvé sa compagne brûlée vive part à la recherche du démon qui l’a tuée. Le problème de cette nouvelle c’est qu’elle fait partie d’un monde qui comporte déjà des romans. Alors on se retrouve avec des évènements qui sont évoqués mais qui finalement laissent plutôt des interrogations. Le dénouement m’a laissé une impression moralisatrice : le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit.

Vieux tacot, Megan Lindholm/ Robin Hobb : Une mère de famille hérite d’une voiture possèdant une intelligence artificielle et ayant appartenu à son père. Mais un virus se met à infecter les IA des voitures et elles commencent à avoir un comportement agressif envers les hommes. Peut-être qu’à la lecture de cette novelle j’ai été myope mais je n’y ai pas vue de troll. Est-ce qu’il fallait mettre à tout prix une nouvelle de Robin Hobb car elle était présente à Trolls et Légendes cette année ?

En tous cas cette anthologie réunit des nouvelles de qualité où l’on trouve du troll à toutes les sauces et dans des genres tout à fait différents.

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Contrepoint (collectif)

contrepoint_FINALTitre : Contrepoint

Auteur : Collectif

Editeur : ActuSF

Année : 2012

130 pages

Ce que j’en pense : Le but de cette anthologie est de savoir s’il espossible d’écrire des textes sans violence au sens large (guerre, combats, menaces). Voilà un objectif plutôt difficile à réaliser quand on voit la qualité des textes proposés. Comme toute anthologie il y a une disparité dans les textes.

Malheureusement il y a bien plus de textes auxquels je n’ai pas accroché que de textes  qu’il serait possible de retenir.

L’amour devant la mer en cage, Timothée Rey : voilà une nouvelle où il ne se passe rien. Rey utilise un vocabulaire inventé et donc hermétique. c’est un récit qui est plutôt mal placé en tête de recueil car cela met le lecteur sur la touche d’entrée.

Le chercheur du vent, David Bry : un récit purement descriptif et sans surprise. Comment un homme-oiseau apprend par lui-même à voler, je trouve qu’il y a peut-être plus enthousiasmant comme récit.

Nuit de visitation, Lionel Davoust : voici le récit d’un homme au crépuscule de sa vie qui culpabilise au sujet de la relation avec un ami. Cet ami vient lui rendre visite sur son lit de mort alors qu’il avait disparu depuis 45 ans. C’est une nouvelle sombre et pas très enthousiasmante. La situation et les états d’âme du narrateur m’ont laissé de marbre.

Tammy tout le temps, Laurent Queyssi : le narrateur se retrouve à utiliser une drogue lui permettant de revivre ses souvenirs de manière réaliste. L’expérience est sympa jusqu’au moment d’une soirée où un collègue de son père a abusé de lui étant enfant. Pour moi c’est une nouvelle qui ne rentre pas dans le cadre de l’anthologie. Il y a quand même un cas de violence sexuelle sur un enfant. Elle a au moins l’avantage d’être courte, ce qui n’est pas plus mal vue que sa structure est très répétitive pour une nouvelle de quelques pages.

Après les ratées il y en a deux moyennes à qui il manque quelque chose pour vraiment me plaire.

Permafrost, Stéphane Beauverger : encore une nouvelle hors cadre. Des tribus d’hommes primitifs débattent de comment atteindre la plais autour de leur chaman. La violence est tout de même présente avec la mort du chaman, elle sert même de déclencheur de paix. C’est moins difficile que ce que j’ai déjà lu de Beauverger mais les questionnements de Cro-Magnon m’ont laissé de marbre.

Mission océane, Xavier Bruce : Une plante étrange apparait dans la campagne française, un soldat va essayer d’entrer en contact avec elle. Ici on a droit au classique contact entre deux espèces dont l’une fascine l’autre et réussit à prendre possession d’elle. Ça m’a intéressé au début mais sa fin est abrupte, comme pour éviter de sortir du cadre de l’anthologie.

Heureusement il y a trois nouvelles qui sortent du lot.

Petits arrangements intergalactiques, Sylvie Lainé : voici un space-opera sortant de l’ordinaire. Naufragé sur une planète le héros rencontre une sorte de gros mamifère rose se faisant piquer par des sapins bleus. Le héros va découvrir la signification bien utile de ce procédé. Sylvie Lainé traite sur un ton humoristique de l’interdépendance entre les espèces.

Avril, Charlotte Bousquet : un cyborg femelle est chargé de fouilles archéologiques sur une Terre désertée depuis plusieurs années. Elle découvre une momie qui va reprendre vie et va se lier d’amitié avec. C’est sûrement une des nouvelles qui m’aura le plus touché. Au contact des deux êtres à qui on dénierait toute humanité, on découvre qu’ils sont capables d’éprouver des sentiments. elles sont touchantes dans leur relation. La description de la mort du chat de la momie a remué quelque chose en moi car par deux fois j’ai eu à être à côté d’un de mes chats en fin de vie.

Semaine utopique, Thomas Day : l’écrivain essaie de répondre à l’appel à textes pour l’anthologie Contrepoint. Il ne faut pas de violence, pas de conflit mais pourquoi pas du sexe ? Il va passer en revue plusieurs idées loufoques, irrévérencieuse, marrantes. Il y a bien sûr de multiples références à la culture populaire. C’est sûrement l’une des plus réussie dans sa tonalité.

Alors pour vous donner une idée de mon sentiment assez mitigé après la lecture de cette courte anthologie, je laisse le dernier mot à Thomas Day : «  Y  a pas plus chiant qu’une histoire où le monde est beau de partout, où tout le monde est trop gentil. Quel ennui de vivre sans menace, sans imprévu désagréable.« 

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Nouvelles du dimanche #2

la mère des mondesLes hommes ont découvert  des Bouches par lesquelles les aliens transirent. Un prêtre qui voit en ces aliens des frères décide d’aller à leur rencontre pour leur faire découvrir sa foi. Mais à leur contact il va découvrir une autre spiritualité.

Cette nouvelle de Jean- Laurent Del Socorro  permet la confrontation directe entre le catholicisme et les extraterrestres. Alors on se retrouve avec une sorte d’étude anthropologique, comme au XIX° avec les missionnaires qui allaient prêcher la bonne parole aux petits Africains. Dès le début j’ai senti que ça serait une vaine tentative de la part du prêtre. Donc en fin de compte je me pose un peu la question de l’intérêt de faire une nouvelle sur ce thème.

7 secondes pour devenir un aigleThomas Day n’est pas un auteur que je lis très régulièrement mais quand je lis ce qu’il a pu écrire, j’apprécie : Daemone ou Semaine Utopique in Contrepoint.

Ici on découvre l’initiation d’un jeune amérindien à la lutte contre les exploitations écologiques des terres indiennes (exploitation pétrolière, pollution). Day aborde aussi la question de la spiritualité avec l’idée de la pureté des objets : ne pas toucher de l’argent, ne pas toucher des objets impurs, fabriqués et sans âme. La nouvelle est assez sombre mais il y a un certain panache voire une beauté dans le geste de Johnny, le professeur du narrateur qui lui fait découvrir la réalité des choses.

l'horloge de l'émirA l’occasion de la sortie de L’Enchâssement de Ian Watson chez le Bélial’, l’éditeur nous propose une nouvelle gratuite. Un jeune émir pro-occident étudie en Grande – Bretagne. Il va découvrir une horloge qui la lui révéler la direction qu’il doit donner pour le développement de son pays.

Le problème de cette nouvelle d’une trentaine de pages c’est qu’elle met un certain temps à se lancer. Quand ça devient intéressant, on arrive déjà à la fin. Car on mélange révélation divine et création technologique qui pourraient remettre en cause l’avenir de l’humanité. Ce récit aurait pu servir d’introduction à une œuvre plus importante.

Le jardin des silences, Mélanie Fazi

le jardin des silencesTitre : Le jardin des silences

Auteur : Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne

Année : 2014

249 pages

Ce que j’en pense : Après avoir lu le Bifrost qui lui était consacré, j’ai eu l’occasion de lire Le jardin des silences, le dernier des recueils de nouvelles de Mélanie Fazi.

Je ne vais pas reprendre les nouvelles une par une, je vais juste donner mon impression d’ensemble.

Les nouvelles de Mélanie Fazi ne se lisent pas d’un seul trait. Il faut du temps entre chaque lecture pour absorber les richesses et les subtilités des récits de Fazi. Ce qui est commun à l’ensemble c’est cette atmosphère sombre, parfois oppressante. Chaque nouvelle démarre d’une faille d’un personnage et cette faille va permettre l’introduction du fantastique.

Je dois reconnaitre que certaines nouvelles m’ont plus touché que d’autres, des fois juste parce que le personnage m’est proche et que l’on ne peut pas rester indifférent à ce qui lui arrive.

Après cette lecture je me sens nettement plus intéressé par l’oeuvre de Fazi. Ayant Arlis des forains en ebook, je vais essayer de ne pas trop en retarder la lecture.

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Nouvelles du dimanche #1

le dit de la pleine luneVoici ma première incursion dans l’oeuvre de Mélanie Fazi avant d’entamer le Bifrost qui lui est consacré. On découvre une cartomancienne sans grand talent mais dont le jeu de tarot a la possibilité d’ouvrir vers d’autres dimensions dont certains artistes profitent pour créer leurs oeuvres. Après cette lecture j’ai un sentiment partagé. Les descriptions sont très imagées, très picturales. On n’a pas besoin de faire beaucoup d’effort pour imaginer l’image. Par contre l’histoire n’est pas si accrocheuse que ça, je n’ai pas trouvé d’intérêt à ce que faisait le narrateur avec cette femme mi-médium mi-raconteuse de bonne aventure. Après l’ambiance lovecraftienne m’a plutôt plus. Même si je n’ai pas été complètement convaincu par cette lecture, je vais quand même continuer à explorer son oeuvre.

impress genetic inc

Impress Genetic Inc. est une nouvelle qu’ActuSf propose gratuitement, autant en profiter. Elodie Boivin a reçu pour cette nouvelle le Prix Barjavel 2013. Grâce aux nanites, il est possible de changer n’importe quelle partie du corps que ce soit à cause d’une maladie ou juste par coquetterie. Mais ce progrès n’est pas au goût de Léonard dont la vie a changer dramatiquement changer depuis cette évolution. Voilà une nouvelle de SF pure et dure : Elodie Boivin nous offre une description d’un futur où l’impression génétique et les nanotechnologies permettent de faire tout et n’importe quoi avec le corps humain. Le personnage de Léonard peut être un peu agaçant mais il réussit à la fin de la nouvelle une pirouette amusante et inquiétante.

je ne suis pas une legendeTroisième nouvelle pour aujourd’hui : Je ne suis pas une légende de Catherine Dufour. Le titre fait clairement référence au roman culte de Richard Matheson. Malo travaille dans une entreprise mais il se retrouve mis au placard puis licencié. Coupé du monde il vivote sans se rendre compte qu’une épidémie de vampirisme sévit autour de lui. Catherine Dufour prend le contre-pied de Matheson. Malo essaie de survivre parmi les vampire sans se faire repérer mais comme il n’est pas une légende, il est plutôt lâche. Il ne cherche pas à savoir s’il existe d’autres survivants, à éradiquer les prédateurs. Il finit par rentrer dans le rang en devenant un suceur de sang.

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