NonNonBâ

nonnonbaTitre : NonNonbä

Auteur : Shigeru Mizuki

Editeur : Cornélius

Année : [1977] 2007

L’histoire : Dans le Japon d’avant-guerre, le petit Shigeru vit régulièrement au contact de sa grand-mère NonNonBâ qui a une relation particulière avec les Yokaï, petits êtres surnaturels. Elle lui raconte plein d’histoires surnaturelles qui lui permettent de dessiner ses bandes-dessinées.

Ce que j’en pense : Largement autobiographique, ce manga n’a pas vocation à raconter quelque chose de précis. On se laisse juste porter par le récit, au fil de la vie de ses personnages et du village. C’est à la fois un récit autobiographique et un récit d’initiation. Le petit Shigeru apprend à connaitre la vie à travers différentes expériences drôles ou dramatiques. Il a autour de lui deux figures formatrices : sa grand-mère, grande connaisseuse des Yokaï, et son père, cultivé mais un peu dilettante. Malgré son format ( un gros pavé à lire de 400 pages), il y aurait des choses à dire mais j’avoue que certaines situations à la limite du fantastique m’ont bien peu touchées. Heureusement qu’il y avait certains Yokaï avec des trognes pas communes et ayant de l’humour pour me garder à la lecture.

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Cosplay, Laurent Ladouari

cosplayTitre : Cosplay

Auteur : Laurent Ladouari

Editeur : HC Edition

Année : 2014

473 pages

L’histoire : Adamas, richissime homme d’affaire détesté de tous rachète une entreprise au bord de la faillite : 1T. Le même jour, Katie Dûma réussit à se faire embaucher par 1T. Comme l’ensemble des salariés elle est invitée à jouer au Cosplay, un jeu vidéo où chacun agit comme il le veut tout en restant anonyme. Pour certains, le Cosplay est un moyen pour Adamas de détruire 1T. D’autres vont voir que le jeu a un tout autre sens.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un Masse Critique privilégié, roman qui doit sortir le 2 janvier 2014.

Il est un peu dur de réduire l’ensemble d’un roman à quelques lignes car ça ne serait pas lui rendre un grand honneur. C’est un roman plein d’idées, ça fourmille à chaque page. Le contexte politique et social est énigmatique, lorsque l’on avance on se retrouve dans un futur angoissant. Il y a eu la Commune, conflit dont on ne saura pas grand chose mais qui a entrainé la création d’un Mur séparant en deux parties la capitale : la Zone, populaire, et l’autre, lieu de pouvoir et de richesse.

Les personnages sont nombreux, faut savoir distinguer certains. Mais face aux personnages réels, il y a les personnages virtuels du Cosplay. Au début ils sont excessifs, prompts à la violence mais sous l’influence de certains, quelques uns vont révéler leurs qualités pour relever 1T. Car le Cosplay, en mettant l’anonymat en avant, permet une purification parmi le personnel et permet de garder les salariés motivés par autre chose que le salaire mirobolant qu’ils pourraient gagner. Le Cosplay est aussi un moyen pour remettre en cause les règles du capitalisme qui peut exister dans les entreprises. Il permet d’introduire une part de démocratie pouvant rebooster une entreprise moribonde.

Parce que voilà la réussite du Cosplay, réussir à faire une critique d’un capitalisme financier devenu dangereux, redonner un sens à un travail par le biais d’un procédé mettant en avant la liberté et l’anonymat (comme quoi l’anonymat n’est pas une chose maléfique comme certains pourraient le prétendre).

Dans l’ensemble ça donne un roman intéressant à lire, qui est un peu long à démarrer mais dès que l’on est plongé dans le Cosplay il est difficile d’en sortir.

masse_critique

Aux armes d’Ortog, Kurt Steiner

aux armes d'ortogTitre : Aux Armes d’Ortog

Auteur : Kurt Steiner

Editeur : Fleuve Noir

Année : 1960

187 pages

L’histoire : Dans le futur, l’Humanité subit un raccourcissement inexpliqué de son espérance de vie. Dâl Ortog, un jeune berger, perd son père. N’acceptant pas la fatalité, Ortog s’élève contre le clergé qui accepte cette situation. Pourssuivi par le clergé et ses sbires, il va devoir se réfugier dans la capitale où il va devenir un Chevalier-Naute. Statut qui lui permettra de partir dans l’espace pour trouver une solution à la maladie qui touche l’humanité.

Ce que j’en pense : Voilà un roman de moins de deux cents pages mais qui était très dense.

Dès le début on est plongé dans un monde assez étrange. Il y a un bestiaire assez peu décrit et qui laisse place à l’imagination. Les rapports sociaux sont régis par une sorte de féodalité inspirée du Moyen-Age. Le peuple dominé par de baronnets ou autres maitres de guerre prêts à se faire la guerre pour récupérer quelques misérables terre. A distance d’eux, il y a les Chevaliers-Nautes, sorte de caste guerrière habituée aux voyages spatiaux et aux expéditions périlleuses. Et sur le côté il y a le clergé très fataliste qui enjoint les fidèles à accepter la disparition imminente de l’Humanité.

Du côté des personnages il y a de tout. Ortog est la figure classique du héros. Il a vécu un drame , il ne va pas se laisser faire par l’ordre établi, sans le vouloir il va réussir à nouer des alliances qui vont lui permettre de sortir de sa condition d’humble berger. Heureusement (ou pas) il a une faiblesse : la peur du vide spatial, le comble quand on veut voyager dans l’espace.

Par contre j’ai apprécié le personnage de Zoltan : un noble qui va rapidement se lier à Ortog. Celui-ci est considéré comme un « archéologue » car il connait les coutumes sociales et littéraires des temps reculés de l’Humanité. Ses connaissances lui donnent une tonalité décalée par rapport aux autres hommes.

En terme de méchants c’est un peu la dèche. Ceux qui s’opposent à Ortog finissent par disparaitre rapidement. Ceux qui sont d’une certaine envergure sont les Louctouges, sorte de chauve-souris de taille humain, qui défendent la solution au problème de l’Humanité. Ils vivent en colonies gigantesques, n’ont presue pas d’intelligence et leur nombre les rend quasi-invulnérables.

C’est de la science-fiction de Grand-Papa (à l’époque on disait de l’anticipation) oscillant entre planet- opera et space- opera mais je ne pensais pas que cela serait aussi dense, aussi absorbant.

Dans le texte :  » J’ai connu là un prêtre de grande sagesse, qui sait que le mal est enraciné en nous et que la race humaine est une vermine pour la Galaxie. Lutter contre son extinction c’est offenser Dieu, j’en suis à présent convaincu.« 

Sans titre

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Merlin, tome 1 : La colère d’Ahès

Merlin 1Titre : Merlin, tome 1 : La colère d’Ahès

Scénario : Jean-Luc Istin

Dessin : Eric Lambert

Editeur : Soleil

Année : 2000

L’histoire : Ahès, divinité de l’Ancien Monde, est inquiète face au développement du christianisme et de son messie Jésus-Christ. Elle décide de créer son propre champion qui doit concurrencer Jésus.

Ce que j’en pense : Quand on se tourne vers les légendes arthuriennes, on voit en premier Arthur et ses chevaliers et leu gobelet magique. Merlin reste en retrait, ça reste le vieux druide un peu barbant.

Jusqu’à présent je n’ai jamais pu voir quelque chose qui lui était entièrement dédié. Avec cette série on reprend tout depuis le début. Ici on a droit au pourquoi et au comment de sa naissance, à son enfnace jusqu’à ce que lui soit révélé son destin. Comme dans Les Dames du lac de Marion Zimmer Bradley, on a des divinités et leurs serviteurs qui redoutent l’arrivée du christianisme car il détourne les croyants vers une nouvelle religion peu en lien avec la Nature.

Tout doucement on va découvrir ce que les divinités ont prévu pour Merlin, car même s’il va posséder des pouvoirs il ne va pas être maitre de son destin.

Sans titre

Le Génie et la Déesse, Aldous Huxley

le génie et la déesseTitre : Le Génie et la Déesse (The Genius and the Goddess)

Auteur : Aldous Huxley

Editeur : Le livre de poche

Année : [1955] 1966

189 pages

L’histoire : Deux amis discutent sur un homme, Henry Maartens, un scientifique de génie qui était marié à une femme qui avait des représentations différentes aux yeux de Maartens qui vont entrainer une relation déséquilibrées entre les deux époux.

Ce que j’en pense : Aldous Huxley, on le connait pour Le Meilleur des mondes. Alors quand on le croise chez Emmaus on l’achète en ayant un certain espoir. Mais on ne sait pas où l’on va.

Ici c’est un thème complètement différent de sa dystopie qui l’a rendu célèbre qui est abordé : les relations entre un homme, génie scientifique mais égoïste et sa femme plantureuse qui lui sert aussi de substitut maternel.

Le narrateur raconte comment il est arrivé dans la famille Maartens, une famille de génies. Mais il faut attendre longtemps pour que soient abordées les relations conjugales particulières. Pour y arriver, il faut traverser des dialogues faits de verbiages et de considérations philosophico-littéraires assez indigestes.

Quand arrive la fin tragique de la relation entre les Maartens, je me suis dit « ah, enfin! ». Ce genre de relation se voit de temps en temps dans la littérature ou au cinéma mais ici il n’y a pas eu les mots qui m’auraient donné plus envie de m’y intéresser et d’en garder souvenir.

Un avis chez Cachou

Jerry Spring, tome 3 : Lune d’argent

lune d'argentTitre : Jerry Spring, tome 3 : Lune d’argent

Auteur : Jijé

Editeur : Dupuis

Année : 1956

L’histoire : Pancho retrouve Jerry Spring en mauvaise posture face à des Peaux-Rouges, une transaction commerciale qui a mal tourné. Pancho va le sortir de ce mauvais pas et Spring va lui expliquer pour quoi il se fait passer pour un marchand : il est à la recherche d’une blanche qui a été enlevée et élevée par les indiens.

Ce que j’en pense : C’est toujours agréable de retrouver les deux compères. Les rapports entre eux se densifient, ils sont de plus en plus sur un pied d’égalité. Spring n’hésite pas à laisser agir Pancho pour le bien de son enquête.

Sinon que dire d’autre? Que c’est un bon western, ça donne même envie de s’enfiler des vieux films pour retrouver ce genre de personnages et d’ambiance. Par contre je suis un peu déçu par la fin qui m’a donné l’impression d’être un peu vite fait.

L’étoile de Pandore 2, Peter F. Hamilton

l'étoile de pandore 2Titre : L’étoile de Pandore 2 (Pandora’s Star)

Auteur : Peter F. Hamilton

Editeur : Bragelonne

Année : [2004] 2006

450 pages

L’histoire : Le vaisseau Seconde Chance a réussi à échapper aux missiles des Primiens. Les hauts dirigeants du Commonwealth décident la création d’une flotte de guerre. de leur côté les Primiens qui ont réussi à capturer les mémoires des deux humains, ce qui leur permet de développer leur technologie. Alors que les humains sont encore en train de tirer dans les pattes, les Primiens déclenchent leur attaque sur 23 planètes tuant des millions de personnes.

Ce que j’en pense : Pour ce deuxième volet, Peter F. Hamilton conserve ce qu’il avait déjà mis en place.

La multiplication des personnages permet d’envisager plusieurs points de vue. Mais le problème c’est qu’il est difficile de s’attacher à l’un d’entre eux tant leur psychologie reste survolée.

Au-delà d’une psychologie légère, il faut remarquer que les rapports sociaux apparaissent comme archaïques. Les hommes sont de bons militaires, de bons ingénieurs et les femmes n’ont que leur corps pour avoir un semblant de réussite sociale. Corps qui bien sûr ne se flétrit jamais avec les cures de rajeunissement. En plus c’est une société qui ne travaille pas beaucoup, qui profite beaucoup de l’aide des machines, qui s’amuse beaucoup (des planètes ont été équipées dans ce seul but) mais qui ne réfléchit pas beaucoup.

Les Primiens ou le Primien pour être plus précis sont vraiment mauvais. Sous la coupe d’une intelligence, les êtres de Prime construisent très rapidement armes nucléaires et vaisseau de combat. Leur capacité de reproduction est illimitée et quand ils se ruent sur les planètes on dirait une nuée d’insectes.

Le problème de ce volume c’est que dès le début on se retrouve plongé dans des tractations politiques pour savoir si une flotte va être créée ou pas. Bien sûr les femmes bien roulées sont utilisées pour soutirer des informations ou influencer la prise de décision. Il faut un certain temps avant que cela se mette en route. En fait ça ne devient intéressant qu’à partit du moment où le Primien passe à l’attaque.

En fin de compte ce n’est pas désagréable à lire mais j’ai trouvé que c’était laborieux pour avoir quelque chose d’intéressant à se mettre sous la dent.

Sans titre

Maliki, tome 3 : Mots roses au clair de lune

maliki3Titre : Maliki, tome 3 : Mots roses au clair de lune

Editeur : Ankama

Année : 2009

L’ histoire : Il n’y a pas vraiment d’histoire, c’est la réunion des strips publiés sur le blog de Maliki mais comme le reconnait l’auteur dans l’introduction ce n’est pas toujours réussi.

Ce que j’en pense : Alors il y a des strips qui valent sincèrement la lecture comme « Berzerkat » mais il y en a d’autres pour lesquels je n’ai pas du tout accroché. Je crois que c’est dû à la présence de certains personnages dont je n’ai toujours pas compris le pourquoi de leur existence dans la BD, ça donne parfois une ambiance parfois psychédélique.

Comme d’autres dessinateurs blogueurs, dans Maliki on s’inspire de faits de la vie quotidienne. Des fois j’ai compris de quoi on partait, d’autres fois cela m’est resté totalement obscur.

J’avais apprécié les deux précédents volumes, ici j’ai peu pris de plaisir à lire celui-ci.

Purge, Sofi Oksanen

purgeTitre : Purge (Puhdistas)

Auteur : Sofi Oksanen

Editeur : Le Livre de poche

Année : [2008] 2012

429 pages

L’histoire : 1992. L’URSS est en train de s’effondrer. En Estonie, l’atmosphère est à la joie sauf chez la vieille Aliide qui craint les pillages. Un jour elle retrouve une jeune fille, Zara, dans son jardin. La jeune fille fuit des mafieux russes qui l’obligeaient à se prostituer. D’abord hésitante à l’accueillir, Aliide va finir par l’accepter et une amitié va naitre entre elles.

Ce que j’en pense : Après avoir lu Les Vaches de Staline il y a un peu plus d’un an, je me suis lancé dans Purge, le roman qui a fait connaitre Sofi Oksanen. Même si je l’ai lu après que le « buzz » soit passé, il a été difficile de faire abstraction de tout ce qui avait été dit et donc de faire une lecture objective.

C’est vrai que je ne me suis pas ennuyé car il y a un aspect théorique intéressant. On suit un demi-siècle de l’histoire d’une république soviétique, l’Estonie en l’occurrence, pays rural qui a subi la collectivisation des terres et un espionnage massif de sa population. La population se retrouve dans un soupçon généralisé car n’importe qui peut être accusé d’activités pro-occidentales, et dans une peur omniprésente, peur des hommes outils de la répression. Cete violence faite à une population est mise en parallèle avec la violence faite à Zara, obligée de se prostituer, dont le passeport a été confisqué. On ne peut qu’être touché par ce que vit Zara car c’est un un véritable cauchemar qu’elle vit, qui a une certaine actualité avec des thèmes dont on parle toujours. Par contre j’ai moins apprécié le personnage d’Aliide même s’il possède plus de complexité. Sans vouloir tout dévoiler, j’ai trouvé ce personnage hypocrite dans son comportement. Elle a bien sûr vécu des choses dégoûtantes mais elle n’a pas été la dernière à faire des saloperies. J’ai eu l’impression qu’à partir d’un certain moment elle s’est mise à vivre avec un certain cynisme.

A la fin quand j’ai appris quel était le lien entre les deux femmes, j’ai trouvé qu’on versait dans le mélodrame. Pour moi c’était trop gros de finir le roman comme ça.

Donc oui j’ai apprécié lire Purge avec ses destins tragique de deux femmes et son aspect historique intéressant mais la fin mélodramatique était un peu déplacée.

Le Coeur des batailles, tome 2 : Verdun

le coeur des batailles 2Titre : Le Coeur des batailles, tome 2 : Verdun

Scénario : Jean-David Morvan

Dessin : Igor Kordey

Editeur : Delcourt

Année : 2008

L’histoire : Blaise Boforlant continue le récit de la vie d’Amaréo Zamaï.

Ce que j’en pense : Au- delà de l’histoire de Zamaï, on a droit à la grande histoire, les pires batailles de la Première Guerre Mondiale. Ici c’est Verdun : des tranchées avec des ennemis qui peuvent se sentir, des artilleurs qui pillonnent même leurs propres soldats, une hiérarchie acceptant le principe d’une boucherie systématique.

Je comprends pourquoi Zamaï  a été considéré comme un danger par sa hiérarchie. Sa manière de combattre n’est pas celle d’un soldat, enfin pas celle du bon poilu destiné à servir de chair à canon. Il est en fait un guerrier qui tue à sa façon, qui fait la guerre à son rythme.

Bien sûr l’atmosphère est détendue par l’humour un peu graveleux de Blaise,  fait tout à fait étonnant de la part de ce personnage lettré et âgé.