L’architecte du sultan, Elif Shafak

l'architecte du sultanTitre : L’architecte du sultan

Auteur : Elif Shafak

Editeur : Flammarion

Année : 2015

461 pages

L’histoire : Jahan, qui a quitté précipitamment sa famille après le décès de sa mère. Il se retrouve sur un navire qui se dirige vers Istanbul. A son bord il y a un éléphant blanc qui est un cadeau pour le sultan. Jahan va devenir son cornac. Une fois à Istanbul, l’architecte du sultan va le prendre comme apprenti. Alors Jahan av être confronté aux pièges de la cour.

Ce que j’en pense : Avec L’architecte du sultan, on suit la vie de Jahan à Istanbul au XVI° siècle. Il commence comme cornac improvisé avant de devenir l’apprenti de l’architecte officiel du sultan. Au contact de son maitre  il va découvrir un monde où l’érudition et l’ouverture sur le monde sont importantes. Mais il va aussi découvrir les coulisses du pouvoir où les hommes qui ont le pouvoir n’hésitent pas à emprisonner pour des motifs très futiles.

Le roman permet d’avoir un point de vue oriental sur la période de la Renaissance. Les mêmes forces modernisatrices étaient à l’oeuvre en Orient mais elles devaient faire face aux superstitions et à l’emprise religieuse sur la société.

Par contre ce qui m’a gêné dans le roman c’est le personnage de Jahan. On le suit pendant toute sa vie mais il n’y a pas beaucoup de repères chronologiques. Il faut deviner que l’on a fait un bond dans le temps mais on ne sait jamais de combien. Jahan, au cours de sa vie, n’évolue pas beaucoup au niveau psychologique. Il restera toujours avec une grande dose d’innocence. C’est presque effrayant qu’après certains épreuves, il ne soit pas capable de penser autrement. Bien heureusement autour de lui il y a des femmes et des homme manipulateurs intéressants ou des personnages qui l’assistent comme les gitans dont la présence apporte du cocasse au récit.

Spartacus, Howard Fast

spartacusTitre : Spartacus

Auteur : Howard Fast

Editeur : J’ai lu

Année : [1955] 1966

439 pages

L’histoire : 71 avant Jésus-Christ, la voie Appia est bordée d’esclaves crucifiés. La rébellion menée par Spartacus a été matée dans le sang.

Des notables, des militaires qui ont été en contact plus ou moins proche avec Spartacus se remémorent les évènements qui les ont mis en contact avec le chef de la rébellion.

Ce que j’en pense : Spartacus est un personnage de l’histoire romaine dont l’image a traversé les époques. Le roman d’Howard Fast permet de revenir sur cette icône utilisée régulièrement dans les luttes contre les oppressions.

Le roman alterne deux points de vue : celui des Romains riches ou militaires qui on été au contact de Spartacus et celui de Spartacus. Quand on a fini la lecture, on se rend compte que les parties où Spartacus est en scène sont assez limitées et les états d’âme des Romains sont trop présents.

Bien qu’il ait la volonté d’éclairer le lecteur sur un personnage historique, Howard Fast n’évite pas de faire de Spartacus un personnage romantique. Spartacus bien qu’il soit esclave, donc à peine mieux qu’un animal, a plus de moralité que les Romains qui sont censés représenter la Civilisation par excellence.

J’ai trouvé qu’Howard Fast aimait trop Spartacus quand il en parlait et que donc il n’était plus assez objectif pour en parler. C’est à cause de cette subjectivité que le roman historique devient presque un livre politique. Quand on lit ces lignes qui terminent le roman :  » Et tant que des hommes trimeraient pour que d’autres puissent profiter de la sueur de ceux qui travaillent, le nom de Spartacus demeurerait dans toutes les mémoires, murmuré parfois et d’autres fois clamé à voix haute et claire », on comprend pourquoi Howard Fast n’a pas trouvé d’éditeur pour le publier et pourquoi il a été inquiété par le maccarthysme . Spartacus devient le porte-étendard de la lutte des classes , à son corps défendant.

Si on met de côté l’aspect historique peut-être manipulé, c’est un roman qui se laisse facilement lire et qui contient de nombreux détails et références sur la vie quotidienne dans la Rome antique.

Indulgences, Jean-Pierre Bours

indulgencesTitre : Indulgences

Auteur : Jean-Pierre Bours

Editeur : HC Editions

Année : 2014

413 pages

L’histoire : 1500, au beau milieu de la Saxe, une femme abandonne un bébé avant d’être arrêtée pour sorcellerie. 1515. La Réforme initiée par Luther commence à prendre de l’ampleur. La jeune Margarete découvre qu’elle a été adoptée à sa naissance. La recherche de son identité va l’amener à croiser des personnages qui vont faire  l’Histoire.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman historique dans le cadre d’un Masse Critique. Je ne suis pas un grand adepte des romans historiques car il est toujours difficile de trouver un équilibre entre divertissement et érudition.

Ici je crois que Jean-Pierre Bours a trouvé l’équilibre. On se retrouve plongé au début du XVI° siècle dans une Allemagne déchirée par des conflits politiques et des dissensions religieuses. En commençant le livre j’ai eu peur de me retrouver plongé dans quelque chose que je ne connaissais pas et qui serait indigeste. Mais pas du tout, Jean-Pierre Bours réussit à mêler l’Histoire, les légendes et la fiction d’une façon très intéressante.

Pendant la lecture on côtoie Luther qui est entré en guerre contre l’Eglise de Rome qui pense plus aux choses matérielles qu’ à la spiritualité; Cranach qui recherche à tout prix la célébrité et assurer l’assise de sa postérité face à son concurrent et rival Albrecht Dürer; le docteur Faust, médecin érudit mais qui semble avoir acquit son savoir d’une manière pas tout à fait catholique (un petit pacte avec le Diable ?). Se retrouver au contact de ces personnages permet à Jean-Pierre Bours de nous montrer sa connaissance de cette période. Cela n’est pas fait d’une manière assommante et je regrette même de ne pas avoir eu sous les yeux les oeuvres citées pour accroitre l’immersion.

Indulgences est une belle réussite (malgré une fin « happy end » tout à fait prévisible) qui permet de se replonger dans une période de l’Histoire plutôt sombre.

masse_critique

Tokyo Année Zéro, David Peace

tokyo année zéroTitre : Tokyo Année Zéro
Auteur : David Peace
Editeur : Rivages
Année : 2008
350 pages
Note : 2/5

L’histoire : Le Japon vient à peine de capituler face aux Américains. Des corps de jeunes filles violées sont retrouvés. Des policiers vont tenter de retrouver le meurtrier. L’un d’entre eux, Minamura, fait de cette recherche une sorte de quête de soi-même.

Ce que j’en pense : En allant à la bibliothèque je pensais prendre Tokyo Ville Occupée du même auteur mais voyant qu’il y avait le premier volume de la trilogie consacrée à cette ville, je me suis lancé dans le premier.

Ce fut le livre que je n’ai pas aimé lire. En tous cas sa lecture ne m’a pas mis de bonne humeur. Le style d’écriture m’a aussi déplu : les phrases courtes, répétitives. C’est un style qui ne facilite pas la lecture. Ce genre de style je l’avais déjà rencontre James Ellroy mais ça m’avait plutôt plu.

Le personnage du narrateur m’a dégouté. Il est lâche avec les gangsters et fait le dur avec ses subordonnés. Tout le long du roman je n’ai pas réussi à le cerner. Et la fin permet de comprendre l’impression que j’ai eu pendant la lecture du roman.

Je peux quand même dire que le roman permet la description d’un Japon ravagé par la guerre, avec son lot de pénuries, de maladies, de profiteurs, d’instabilité.