Magies secrètes, Hervé Jubert

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L’histoire : Sequana est une ville dont les dirigeants veulent faire disparaitre les êtres féériques. Goerge Beauregard, agent du pouvoir en place recueille ces créatures dans son hôtel particulier.

Chargé d’enquêter sur la disparition du neveu de l’empereur, il va être aidé par une jeune fille aux étranges pouvoirs. En un temps très réduit, il va devoir découvrir ce qui risque de déstabiliser les relations entres les humains et les féeriques.

Ce que j’en pense : Après la Trilogie Morgenstern, voici une autre trilogie reprenant les mêmes ingrédients. On suit un enquêteur un peu particulier, on se doute qu’il n’est ni tout à fait humain ni tout à fait féerique. Ce qui le rend plus sensible à certaines questions.

Mais ce qui vaut le coup ce sont les personnages qui l’entourent ou qu’il va rencontrer au cours de son enquête.

Je reconnais qu’il est un peu difficile d’y entrer car on se retrouve dans un monde dense, avec presque un trop plein d’informations : je pense aux notes de bas de pages très fréquentes et assez conséquentes.

J’ai apprécié de me retrouver dans un roman au rythme enlevé, avec de nombreux clins d’oeil historiques.

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Anti-glace, Stephen Baxter

anti-glaceTitre : Anti-glace

Auteur : Stephen Baxter

Editeur : Le Bélial’

Année : [1993] 2014

270 pages

L’histoire : L’anti-glace est une matière au pouvoir énergétique important. Découverte par les Anglais au Pôle Sud, elle leur permet d’assurer un leadership mondial incontesté. Ce qui ne fait qu’accroitre les tensions entre le Royaume-Uni, la France et la Prusse.

Diplomate un peu couillon, Ned Vicars est sur le continent pour l’inauguration d’une des machines mues par l’anti-glace. Il se retrouve bloqué dans un engin volant qui va quitter l’atmosphère terrestre en direction de la Lune.

Ce que j’en pense : Le steampunk est un genre que je n’ai pas l’habitude de visiter. Avec Anti-glace, on est en plein dedans ou bien ça ressemble à du steampunk.

Parce que question vapeur, c’est plutôt inexistant. On y trouve une matière imaginaire, l’anti-glace, qui sert de combustible dans les matières civiles mais qui sert aussi en matière militaire. Les descriptions des ravages d’un obus à l’anti-glace sont proches de celles d’une bombe atomique.

Le roman est présenté comme un hommage à H.G. Wells et à Jules Verne. Connaissant plus l’œuvre de Verne que de Wells, il est vrai que l’on retrouve des traits communs comme le scientifique irascible aux multiples inventions; le blanc-bec niais, limite bas de plafond; le journaliste ventru aux idées politiques bien arrêtées; le domestique attentionné, serviable et exploité. Ces personnages auraient pu se retrouver dans un roman de Verne.

Par contre en ce qui concerne les inventions scientifiques, avec Jules Verne, je trouvais ça formidable parce que c’était de l’anticipation. Ici avec Baxter ça ne fait pas vraiment rêver. Le paquebot terrestre (mouarf) m’a laissé perplexe, en soi je l’ai trouvé inutile. Mais du côté politique et géopolitique, Baxter est plus percutant. Car avec Verne on restait avec un bon patriotisme franco-français avec l’éternel ennemi allemand. Baxter a plus de recul sur l’époque ce qui lui permet de nous présenter un confrontation entre un anarchisme pacifiste et un libéralisme démocratique porté vers le bellicisme patriotique.

Anti-glace est un roman qui se trouve à cheval sur des genres différents mais qui ne va jamais au bout des choses. Mais mis à part ce défaut, il est un divertissement satisfaisant pour les vacances.

Les sentinelles, Chapitre troisième : Avril 1915 Ypres

les sentinelles 3Titre : Les sentinelles, Chapitre troisième : Avril 1915 Ypres

Scénario : Xavier Dorisson

Dessin : Enrique Breccia

Editeur : Delcourt

Année : 2011

L’histoire : 1915, la guerre s’enlise. Les états-majors cherchent des solutions pour remporter un avantage sur l’adversaire. Les allemands se penchent aussi sur la question d’un guerrier suprême. Lors d’une expérience qui tourne mal, un officier allemand se retrouve obligé de vivre dans un scaphandre empli de gaz qui lui permet de posséder une force herculéenne. L’affrontement avec Taillefer des Sentinelles va alors être inéluctable.

Ce que j’en pense : Voici le dernier des volumes des Sentinelles que j’ai pu trouver. On continue sur la lancée des précédents volumes dans la dénonciation  du militarisme, de l’utilisation à tout prix des moyens techniques et humains pour remporter une victoire même minime.

Par contre, en introduisant de nouveaux personnages, on ne fait plus porter la tâche d’être un héros malgré lui sur les seules épaules de Taillefer. L’apparition d’un surhomme-cyborg du côté allemand permet à la fois de créer une nouvelle tension avec un affrontement avec Taillefer mais aussi de montrer que dans les deux camps il y a de la manipulation du soldat par les chefs.

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Les Sentinelles, tome 2 : Septembre 1914 La Marne

les sentinelles 2Titre : Les Sentinelles, tome 2 : Septembre 1914 La Marne

Scénario : Xavier Dorison

Dessin : Enrique Breccia

Editeur : Delcourt

Année : 2009

L’histoire : Septembre 1914, la victoire des armées allemandes est inéluctable. Le général Gallieni en croit en un possible sursaut. Mais la preuve de cette possibilité est une photo aérienne qui se trouve en zone ennemie. Les Sentinelles sont alors chargées de retrouver cette photo.

Ce que j’en pense : Deuxième chapitre de cette série qui introduit en pleine Grande Guerre des éléments de science-fiction et de steampunk.

On suit l’évolution, presque involontaire de Gabriel Ferraud, homme transformé en quasi-machine pour survivre et pour servir la France. Antimilitariste, opposé au bourrage de crâne des soldats, il devient malgré lui un héros. La technologie lui permet de transformer le destin d’un combat. Bien sûr les Sentinelles et les simples troufions ne sont que de la chair à canon manipulée par des hauts-gradés qui ne voient que leur intérêt.

Les dessins de Breccia sont crus et représentent de manière saisissante la violence et l’acharnement dans les combats. Un deuxième volet qui permet de voir comment évolue Ferraud devenu héros malgré lui mais qui malgré tout n’offre pas de grandes surprises.

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Les Sentinelles, tome 1 : Juillet- août 1914, les moissons d’acier

les sentinelles 1Titre : Les Sentinelles, tome 1 : Juillet- août 1914, les moissons d’acier

Scénario : Xavier Dorison

Dessin : Enrique Breccia

Editeur : Robert Laffont

Année : 2008

L’histoire : 1911, lors de l’invasion du Maroc par la France, la section des « Sentinelles » teste sa nouvelle arme : un soldat sur qui a été greffé des membres métalliques. Mais celui-ci tombe dans une tranchée lorsque ses batteries sont à plat.

1914, Gabriel Feraud, un jeune scientifique met au point une pile au radium. L’ancien chef des « Sentinelles » voit toute la potentialité de cette pile pour ces machines. Feraud, antimilitariste, refuse de donner sa technologie à l’armée. Feraud est incorporé mais est gravement blessé. La seule manière pour lui de survivre est de devenir une Sentinelle.

Ce que j’en pense : La trame générale du récit n’est pas sans rappeler celle de RoboCop, à la différence qu’ici on se retrouve en pleine Der des ders. Alors on se retrouve dans un récit steampunk.

Le contexte de la Grande guerre est bien planté : vocabulaire de l’époque, mentalités très va-t-en guerre. Le dessin un peu désuet fait le jeu du récit.

Le récit part vers le steampunk en décrivant des essais de jonction entre organique et robotique. Avec la présence d’un savant un peu flippant et une créature qui a du mal à accepter sa nouvelle condition, on retrouve même l’ambiance de Frankenstein.

Ce qui est remarquable pour un album d’introduction c’est que c’est d’une grande densité.

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Perdido Street Station Tome 2, China Miéville

perdido street station 2Titre : Perdido Street Station Tome 2

Auteur : China Miéville

Editeur : Fleuve Noir

Année : [2000] 2003

454 pages

L’histoire : Les Gorgones ont été libérées et sèment la terreur par mi la population de Nouvelle-Crobuzon. Les autorités sont dépassées dans la lutte contre ce fléau. La solution va venir de certaines personnes qui ne savent pas dans quoi elles vont se lancer.

Ce que j’en pense : Quand on a moyennement apprécié la première partie, c’est avec de l’appréhension que j’ai entamé cette deuxième partie.

C’est sûr qu’il y a plus d’action avec des combats particulièrement violents et moins de parlottes.

Mais voilà je n’ai pas pris de plaisir à lire cette fin de roman. C’est un univers trop baroque, ça part trop dans tous les sens. Chaque fois que Miéville entame une description, j’ai l’impression que ça ne va pas assez loin, ça reste dans l’évocation.

Pour certains Perdido Street Station a été une claque. Pour moi ça été une lecture en demie-teinte : il y a beaucoup d’inventivité mais j’ai toujours eu du mal à me sentir à l’aise dans ce roman.

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Perdido Street Station Tome 1, China Miéville

perdido street station 1Titre : Perdido Street Station Tome 1

Auteur : China Miéville

Éditeur : Fleuve Noir

Année : [2000] 2003

368 pages

L’histoire : Nouvelle-Crobuzon, une ville où vit une multitude d’espèces. Ainsi se côtoient des humains, des hommes oiseaux, des insectes à corps de femme et à tête de scarabé, des êtres qui sont un mélange hasardeux entre une chauve-souris et un nain. Un jour arrive en ville un homme oiseau qui a le désir de retrouver ses ailes. Dans le même temps sont libérés des créatures qui se nourrissent des pensées des êtres qu’elles chassent.

Ce que j’en pense : Perdido Street Station est considéré comme un classique de la SFFF. Alors j’y suis allé un peu naïvement.

Nouvelle-Crobuzon est un personnage à part entière. Elle est en perpétuel mouvement, ça grouille de vie, elle fait salle, les mauvaises odeurs en sont une caractéristiques. Cette crasse se transmet à ses habitants et au long des 360 pages j’ai eu l’impression que la médiocrité leur allait si bien qu’ils ne faisaient rien pour s’en sortir ou changer quoi que ce soit.

China Miéville a de l’imagination à revendre : on a droit à de nombreuses espèces et à leurs particularités tant physiques eu psychologiques; comme on suit les recherches d’un scientifique on a droit à une pléthore de démonstrations comprenant des termes incompréhensibles et qui donne des passages indigestes.

Miéville s’intéresse peu aux aspects politiques de la ville. Il faut attendre les deux tiers du roman pour avoir une première approche du pouvoir dictatorial qui tient la ville. Je trouve aussi dommages d’avoir 300 pages de lecture qui alternent découverte de la ville et de ses habitants et recherches scientifiques donc rien de très haletant avant d’avoir une accélération de la tension. A la fin du roman je me suis dit qu’il aurait pu être réduit de quelques pages pour ne pas avoir un livre où on a l’impression qu’il ne se passe rien.

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Le Régulateur, tome 1 : Ambrosia

Regulateur01Titre : Le Régulateur, tome 1 : Ambrosia

Scénario : Eric Corbeyran

Dessin : Marc Moreno

Editeur : Delcourt

Année : 2002

L’histoire : Aristide Nyx est un régulateur : il élimine les gens qui sont considérés comme manquant de moralité. Un jour il doit éliminer une femme elle-même régulatrice. Mais sa mission va réveiller des souvenirs profondément enfouis.

Ce que j’en pense : En regardant dans les rayonnages de la bibliothèque j’ai trouvé cette série qui me disait vaguement quelque chose.

Alors je suis tombé dans un récit steampunk grandiose : des décors à la mesure de l’ambiance, des personnages ni blancs ni noirs mais assez complexes pour me scotcher. Le contexte social est assez complexe et à l’image des personnages.

Nyx est bon dans ce qu’il fait mais sa particularité ne pouvait-elle pas lui permettre que ce genre de métier ? Ambrosia est une tueuse mais il semble que cela soit pour la bonne cause. Or dans son passé il y a des éléments qui pourraient remettre en cause l’aspect positif sous lequel elle m’était apparu.

Au dessus d’eux il y a des politiciens qui ne songent qu’à assurer leur pouvoir et qui utilisent chantage et assassinat pour y arriver. D’une certaine façon nos deux héros sont seuls dans leurs aventures et ils ne doivent compte sue sur eux même pour survivre.

C’est un récit sombre, bien mis en scène et admirablement porté par le dessin.

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La Ligue des héros, Xavier Mauméjean

la ligue des hérosTitre : La Ligue des Héros

Auteur : Xavier Mauméjean

Editeur : Mnémos

Année : 2002

222 pages

L’histoire : 1969, un vieil homme est ramené à sa famille par les services sociaux sans aucune explication. Mais la découverte de disques et de comics va faire resurgir des souvenirs.

1902, Lord Kraven, membre de la Ligue des Héros, défend l’Angleterre des agressions de Peter Pan et des habitants du Pays de Nulle Part.

Ce que j’en pense : Ayant une certaine notoriété dans le monde l’imaginaire, je me suis dit que lire La Ligue des Héros pouvait être une bonne façon de continuer ma découverte de la littérature de l’imaginaire français.

Une fois refermé ce livre, je me suis rendu compte que cette lecture m’avait déçu.

Bien sûr du côte de l’inventivité je n’ai rien à redire. Pleins d’éléments de la culture populaire (musique, littérature, comics) sont mélangés à des éléments historiques pour former un ensemble très riche. Au début il y a tellement d’éléments et le style si nerveux que j’ai été un petit peu paumé. Mais assez vite tout se met en place et on se laisse emporté par le rythme plutôt effréné du récit.

Cependant le rythme effréné a le défaut de masquer le manque d’épaisseur de certains personnages, ainsi le roman rejoint d’une certaine façon les pulps sur lesquels il se base.

Le roman me paraissait bon tant que j’étais en compagnie de Lord Kraven ou d’English Bob. Au détour d’une page je me suis retrouvé avec le Maître des Détectives et là je n’ai pas compris où Mauméjean voulait arriver. Le dénouement m’a laissé assez bête et j’ai l’impression de ne pas avoir tout compris. C’est dommage de finir un roman sur une telle note.

Sans titre

Les Voies d’Anubis, Tim Powers

Titre : Les Voies d’Anubis

Auteur : Tim Powers

Éditeur : J’ai Lu

Année : [1983] 1986

477 pages

Note : 14/20

L’histoire : Brendan Doyle, spécialiste de la littérature du XIX° siècle, se voit proposer un voyage dans le passé pour pouvoir assister à une conférence d’un poète célèbre. Au moment de repartir, il se fait kidnapper par les sbires d’un magicien. Bloqué au XIX° siècle, Doyle va tenter de retrouver la brèche qui lui permettra de revenir au XX° siècle.

Ce que j’en pense : Avant Les Voies d’Anubis, j’avais pu lire Les Puissance de l’invisible. Tout le monde était enthousiaste mais moi je n’ai pas aimé. Alors j’avais une crainte en commençant ce roman. Crainte qui a vite été effacée parce que là j’ai aimé.

Un voyage dans le temps qui permet de se retrouver dans un XIX° siècle où le fantastique va côtoyer le réel. On y retrouve à côté d’écrivains connus comme Byron, un mage adepte de la magie noire et adorateur des forces occultes, un roi des mendiants déguisé en clown qui frôle la folie, un loup-garou qui change de corps lorsqu’il devient trop velu. Car Tim Powers réussit à marier le réel et le fantastique de manière réussie et sans que cela fasse de trop. En choisissant Doyle comme héros, c’est un monsieur-tout-le-monde qui va se retrouver propulsé dans une histoire qui va parfois complètement le dépasser. 

Le récit est riche en rebondissements mais des fois il est ralenti par des digressions dont on aurait pu se passer, et quand il est elliptique c’est un peu dur de savoir où l’on se retrouve. Le seul point négatif est le style qui donne par moments des phrases alambiquées, presque mal construites. Est ce que cela peut-être la faute de la traduction?

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