World War Z, Max Brooks

world war zTitre : World War Z

Auteur : Max Brooks

Édition : Le Livre de poche

Année : 2009

535 pages

Note : 2,5/5

L’histoire : Après la première guerre zombie, un enquêteur des Nations Unies voit son rapport sur cette guerre très amplement raboté. Il décide d’en faire un livre pour comprendre les causes et les conséquences de cette guerre.

Ce que j’en pense : C’est un roman sous la forme d’un reportage, composé de multiples interviews de personnes qui ont pu prendre part à la World War Z.

Après avoir lu le Manuel de survie en territoire zombie, qui avec un sérieux teinté de touches d’humour et donc offrait un ton décalé, je m’attendais à retrouver le même genre de style. Mais en fait pas du tout.

Bien sûr les interviews permettent d’avoir une vue d’ensemble : l’apparition des premiers cas, l’absence de réaction des gouvernants, les actes disparates de résistance aux goules, la mise en place organisée d’une résistance puis la reconstruction d’une société.

Le problème c’est que les éléments sont mis les uns à côté des autres, ce qui donne l’impression qu’il n’y a pas de lien. Donc ce livre m’est plus apparu comme un exercice de style que comme un roman ayant quelque chose à dire.

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Shooter, Stephen Hunter

shooterTitre : Shooter (Point of Impact)

Auteur : Stephen Hunter

Editeur : Editions du Rocher

Année : 2010

472 pages

Note : 3,5/5

L’histoire : Bob Lee Swagger vit en ermite dans ses montagnes. Il ne vit que pour tirer et améliorer ses fusils. Un jour il est contacté par une obscure agence qui soupçonne une tentative d’assassinat contre le Président des Etats-Unis. Cette agence a besoin de ses compétences comme tireur d’élite. Croyant bien faire, il va accepter. Mais il va se retrouver accusé du meurtre d’un prêtre salvadorien et recherché par le FBI.

Ce que j’en pense : Pour ceux qui ont pu voir Shooter avec Mark Wahlberg, voici le livre qui a servi de base.

Quand on connaît le film, il n’y a pas vraiment de surprise à lire le roman, juste avoir à faire à une écriture simple et prenante.

Le personnage de Swagger est ambigu pour nous autres européens, il vénère les fusils, ce qui est difficile à accepter quand on voit toutes les fusillades mais il s’est refusé à tuer depuis la perte d’un ami au Viet-Nam.

Par contre il y a une certaine facilité dans le cadre de sa rencontre avec l’ex-femme de son ami. Il ne faut pas longtemps pour qu’ils finissent dans le même lit. Elle ne semble pas plus réticente que ça à se laisser séduire par Swagger.

Dans l’ensemble, Shooter n’est pas très surprenant juste très bien documenté avec un personnage assez ambigu.

Animal du coeur, Herta Müller

animal du coeurTitre : Animal du coeur

Auteur : Herta Muller

Edition : Gallimard

Année : 2012

231 pages

Note : 4/5

L’histoire : Lola, une jeune Roumaine vivant sous la dictature de Ceaucescu, est à l’université. Brusquement elle se suicide. La narratrice, une de ses amies va essayer de comprendre son geste.

Ce que j’en pense : Pendant longtemps le récit  est sans précision géographique, sans précision de temps. Ce n’est qu’au deux tiers du roman que l’on apprend où se déroule celui-ci.

Herta Müller fait la description d’une société sans repères. Le dictateur n’est pas si présent que ça, l’autoritarisme est présent par le biais de la police qui arrête, interroge puis relâche, tout cela sans raison. La police est omniprésente dans le pays mais sûrement aussi à l’étranger quand on voit les « dissidents » (juste des gens ouverts sur l’étranger) mourant brutalement, souvent suicidés.

C’est une société où le sentiment historique semble peu présent: certains personnages ont dans leur famille un homme qui a fait partie des SS pendant la Seconde Guerre Mondiale et cela semble normal.

Malheureusement il faut connaître la vie d’Herta Müller pour comprendre que ce roman comporte une part autobiographique.

C’est une lecture exigeante mais le récit réaliste, décrivant la société roumaine sous le joug de Ceaucescu est prenant.

Dans le texte : La mort de Tereza m’a fait mal comme si j’avais eu deux têtes éclatant en même temps. Dans l’une, il y avait l’amour fauché, et dans l’autre, la haine. Je voulais que l’amour repousse. Il repoussa comme l’herbe et le foin, pêle-mêle : l’amour fut dans mon front, l’affirmation la plus froide. Ma palnte la plus nulle.

Les Dernières cartes, Arthur Schnitzler

les dernières cartesTitre : Les Dernières Cartes

Auteur : Arthur Schnitzler

Edition :Le Livre de Poche

Année : 1969

252 pages

Note : 5/5

Ce que j’en pense : Ce volume est un recueil de deux nouvelles.

La première fait un peu écho au Lieutenant Gustel du même auteur, qui mettait en scène un militaire se retrouvant dans une situation où son honneur était remis en cause. Ici le lieutenant Kasda se voit solliciter par un ancien camarade pour lui avancer de l’argent. Il va jouer pour gagner la somme. Mais l’enfer du jeu va le gagner et il va se retrouver endetté. Il va essayer de trouver de l’argent par tous les moyens.

Schnitzler est contemporain de Zweig mais je lui trouve une plus grande liberté dans le ton, il y a même une certaine ironie. Cela apparaît dans Les Dernières Cartes où après une nuit passée avec la jeune femme de son oncle, c’est elle qui détient l’argent, elle lui donne 1000 florins, lui s’étonne, il lui faut 11000 florins. Elle lui répond que c’est pour la nuit passée ensemble. La partie de cartes me fait pense au Joueur de Dostoievski : Kasda sait qu’il doit s’arrêter car il a assez d’argent mais il ne peut résister à l’attrait de gagner plus.

Mais la plus grande liberté se retrouve dans Rien qu’un rêve qui sert de base au film Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Il montre bien l’hypocrisie du mâle bien installé (ici un médecin ayant sa clientèle) dont la femme lui confie qu’elle a envisagé de le tromper. A partir de cela il veut se venger mais sans qu’elle le sache. Bah oui c’est un dur lui. Il va risquer sa vie en essayant d’entrer dans une sorte de société secrète libertine et à enquêter pour découvrir qui se cache derrière.

Schnitzler fait la description d’un masculin sûr de sa puissance, prêt à faire souffrir, à peiner sa femme en usant de sa virilité. Mais à être trop sûr de lui, il tombe inévitablement dans le doute. Celle qu’il devait écraser car elle s’était imaginée partir avec un autre homme va l’accueillir alors qu’il doute et lui pardonner ce qu’il aura pu faire.