Les Voies d’Anubis, Tim Powers

Titre : Les Voies d’Anubis

Auteur : Tim Powers

Éditeur : J’ai Lu

Année : [1983] 1986

477 pages

Note : 14/20

L’histoire : Brendan Doyle, spécialiste de la littérature du XIX° siècle, se voit proposer un voyage dans le passé pour pouvoir assister à une conférence d’un poète célèbre. Au moment de repartir, il se fait kidnapper par les sbires d’un magicien. Bloqué au XIX° siècle, Doyle va tenter de retrouver la brèche qui lui permettra de revenir au XX° siècle.

Ce que j’en pense : Avant Les Voies d’Anubis, j’avais pu lire Les Puissance de l’invisible. Tout le monde était enthousiaste mais moi je n’ai pas aimé. Alors j’avais une crainte en commençant ce roman. Crainte qui a vite été effacée parce que là j’ai aimé.

Un voyage dans le temps qui permet de se retrouver dans un XIX° siècle où le fantastique va côtoyer le réel. On y retrouve à côté d’écrivains connus comme Byron, un mage adepte de la magie noire et adorateur des forces occultes, un roi des mendiants déguisé en clown qui frôle la folie, un loup-garou qui change de corps lorsqu’il devient trop velu. Car Tim Powers réussit à marier le réel et le fantastique de manière réussie et sans que cela fasse de trop. En choisissant Doyle comme héros, c’est un monsieur-tout-le-monde qui va se retrouver propulsé dans une histoire qui va parfois complètement le dépasser. 

Le récit est riche en rebondissements mais des fois il est ralenti par des digressions dont on aurait pu se passer, et quand il est elliptique c’est un peu dur de savoir où l’on se retrouve. Le seul point négatif est le style qui donne par moments des phrases alambiquées, presque mal construites. Est ce que cela peut-être la faute de la traduction?

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Snuff, Chuck Palahniuk

Titre : Snuff

Auteur : Chuck Palahniuk

Edition : Sonatine

Année : [2008] 2012

212 pages

Note : 5/20

L’histoire : Cassie Wright, actrice porno sur le déclin, décide de finir sa carrière en battant un record : organiser un gang bang avec six cents hommes. On va suivre l’événement à travers les yeux de trois d’entre eux.

Ce que j’en pense : Pour certains Palahniuk est une sorte de messie, un écrivain qu’ils mettraient sur un piédestal. Et bien moi je ne fais pas partie de ceux-là. Je n’avais pas accroché à l’idée du Fight Club, je trouvais que ça faisait trop foutage de gueule. A la rigueur les gens auraient dû appliquer la règle que l’on applique au Fight Club : on ne parle pas du Fight Club.

Après la violence quasi-gratuite, Palahniuk se tourne vers la sexualité, vers un de ses aspects réducteurs : la pornographie. Les personnages, les trois hommes qui doivent baiser Cassie Wright, sont eu aussi très réducteurs. Ils ont tous une motivation à être là mais ce pourquoi ils sont là m’a laissé de marbre. C’est juste une bande de pauvres nazes.

Le récit est censé nous montrer comment le porno a changé nos rapports dans nos sociétés. Mais comme les personnages sont des loosers, des raté ou des gusses en attente de come-back, ils ne sont pas du tout représentants de quoi que ce soit.

On nous promet un suspense mais avec une histoire et des personnages pas mirobolants, le suspense fait assez vite pschitt. A cela il faut ajouter un vocabulaire, certes cru vu le milieu dans lequel ça se passe, mais d’une grande pauvreté. Ça fait resurgir une pauvreté qui pourrait faire douter du talent d’écrivain de Palahniuk.

Succubes, tome 3 : Eanna

Titre : Succubes, tome 3 : Eanna

Scenario : Thomas Mosdi

Dessin : Gianluca Acciarino

Édition : Soleil

Année : 2012

Note : 12/20

 

L’histoire : 3000 avant Jésus-Christ, une armée pénètre dans la ville d’Ur. Mais la ville semble imprenable sauf si quelqu’un de l’intérieur trahit sa cite. La reine Eanna refuse les conditions du vainqueur et est laissée pour morte dans le désert. Avec le soutien de quelques partisans elle va tenter de reconquérir son trône.

Ce que j’en pense : Encore une fois, dans cette série on remonte le temps pour se retrouver en 3000 avant JC. Ici on se retrouve à l’origine même de la création des filles de Lilith. Le motif de la création semble tellement classique, de plus, en lisant les deux volumes précédents, on se doutait que ça serait pour se venger des violences faites aux femmes.

A chaque fois que l’on a reculé dans le temps, j’ai trouvé que l’on s’éloignait de l’aspect conspirationniste de l’ordre, de son implication dans les affaires du monde. A chaque nouvelle étape, on passait d’une organisation intrigante à une vengeance personnelle. Alors j’ai eu l’impression que la série perdait de sa grandeur à chaque étape.

La trilogie Morgenstern 3 : Sabbat Samba – Hervé Jubert

Titre : La trilogie Morgenstern 3 : Sabbat Samba

Auteur : Hervé Jubert

Edition : Points

Année : [2004] 2008

438 pages

Note : 15/20

L’histoire : Carmilla Banshee a réussi à mettre au monde une petite fille avec une partie de l’ADN du Diable. Elle va l’utiliser pour invoquer le Diable et ainsi mettre en place un ordre où la magie noire sera prépondérante.

Roberta Morgenstern avec l’aide de Grégoire Rosemonde va enlever la petite Lillith pour la protéger et sauver le monde dans lequel elle vit.

Ce que j’en pense : Enfin le troisième volet de cette série que j’ai commencé il y a peu plus d’un an.

Qu’en dire ? Juste que ça finit d’une manière magistrale. Comme pour les deux précédents, Hervé Jubert alterne, dans un monde loufoque et imaginaire, des passages humoristiques avec des passages plus sombres. C’était terrible la disparition de Ringo Gustavsson, fils du hérisson télépathe, jusqu’à la fin j’ai espéré qu’il y ait un deus ex machina pour que la famille Gustavsson ne soit pas amputée d’un membre.

C’est un peu dommage que Jubert ait multiplié les personnages pour ce dernier épisode. Même s’ils ont tous leur place j’ai trouvé que cela faisait un peu fouillis. Toutefois comme ils sont nombreux cela multiplie les points de vue et accélère le rythme.

Ce qui m’étonne avec cette série, c’est qu’elle a été publiée dans un premier temps pour la jeunesse. Alors qu’à la lecture je me suis rendu compte que certains éléments d’humour relevaient presque de la « private joke », il faut avoir une certaine culture pour les comprendre.

Au-delà des nuages, tome 1 : Duels

Titre : Au-delà des nuages, tome 1 : Duels

Scénario : Régis Hautière

Dessin : Romain Hugault

Edition : Paquet

Année : 2006

Note : 14/20

L’histoire : 1933, Pierre Lucas-Ferron, pilote de l’Aéropostale s’écrase dans la Cordillère des Andes. Il est secouru par Allan Thompson, pilote qui était venu pour faire des prises de vues des montagnes.

Entre eux deux va naitre une amitié avec une passion commune : l’aviation. Mais l’amitié va se transformer en rivalité quand la fiancée de Pierre va se rendre aux Etats-Unis pour poursuivre une carrière d’actrice sous la protection d’Allan.

Ce que j’en pense : On lit ce premier volume d’Au-delà des nuages comme on regarderait un vieux classique du cinéma. C’est tout une époque qui ressort avec la description d’un milieu propice à la rivalité masculine : celui des courses d’avions dans les années 30. Les dessins de Romain Hugault en décrivant de manière réaliste les avions, des formule 1 des airs permettent une véritable immersion dans cette époque.

Le récit reste au niveau des deux personnages principaux mais on sent qu’il y a derrière les courses d’avions des enjeux plus importants : politiques et industriels lorsque des députés font cause commune avec des représentants des constructeurs aéronautiques.

Le ressort de l’histoire peut paraitre classique : deux hommes amis mais entre qui une rivalité va naitre car une femme va se mettre entre eux. Mais comme j’apprécie beaucoup le trait de Hugault, c’est sans problème que j’ai suivi l’affrontement entre ces deux hommes qui va jusqu’au tragique.

Un bonheur insoutenable, Ira Levin

Titre : Un bonheur insoutenable (This perfect day)

Auteur : Ira Levin

Edition : J’ai Lu

Année : [1970] 2005

371 pages

Note : 15/20

L’histoire : Dans le futur, les nations ont réussi à s’unifier pour mettre fin aux guerres. Mais une telle situation a un prix. Les citoyens doivent prendre un traitement hormonal chaque mois, leur vie est soigneusement organisée, réglée, régulée, prévue. Ceux qui oseraient émettre une opinion divergente sont considérées comme malades et sont rapidement traités. Parmi eux, Copeau, sous l’influence de son grand-père, va tenter de se sortir de cette vie « heureuse ».

Ce que j’en pense : Un bonheur insoutenable est à mettre au même niveau que 1984 et Le Meilleur des mondes. Comme ces deux romans, il décrit un monde « idéal » où il n’y a plus de violence, d’agressivité entre les êtres humains. Ce monde est uniformisé, les êtres humains sont génétiquement et esthétiquement parfaits (dire à quelqu’un que son visage a un petit défaut peut lui faire faire  des suées froides), il n’existe que quatre prénoms possibles, les gens n’ont pas le choix de leur métier, en fait ils n’ont pas le choix de grand chose. Face à cette humanité quasi-déshumanisé, il y a un ordinateur  unique qui règle tous les pans de leur vie, ce qui donne une plus grande impression de déshumanisation.

Bien sûr en opposition à une vie que l’on pourrait voire comme parfaite, il y a une vie en dehors de cette société, avec des gens normaux, qui peuvent procréer comme ils veulent, choisir le métier qu’ils veulent. Mais ce n’est pas forcément paradisiaque vu qu’il y a des discriminations, de la violence.

Une société parfaite, quand on voit les deux modes de vie décrits, n’est pas réalisable, il y aura toujours des défauts.

Ira Levin fait preuve d’un certain cynisme lorsque l’on découvre ce qui se cache derrière l’ordinateur unique. Ce qu’il y a derrière déclare agir pour le bien de l’humanité mais je trouve que cela relève plus de l’égoïsme que de l’altruisme. Voilà il y a de nombreuses choses à dire sur un livre comme celui-ci, et ce n’est pas avec ces quelques lignes que j’aurais tout dit sur celui-ci.

Un bonheur insoutenable a l’avantage de décrire une société « parfaite », donc d’amener à une certaine réflexion tout introduisant des scènes d’action qui permettent d’en faire un divertissement.

D’autres avis chez Petitepom et Nelfe.

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Deadpool – Join the Revolution

Titre : Deadpool – Join the revolution

Auteurs : Posehn, Duggan, Moore, Staples

Edition : Marvel

Annee : 2012

Note : 13/20

L’histoire : Un nécromancien à la bonne idée de ramener à la vie tous les présidents des Etats-Unis. Le problème c’est qu’une fois ressuscités ils se rendent compte que le pays est parti dans la mauvaise direction. Ils sont alors décidés à le détruire pour pouvoir mieux le reconstruire. Le SHIELD envoie Deadpool pour les éliminer.

Ce que j’en pense : Deadpool est un personnage de l’univers Marvel que je ne connaissais pas. Il est en complet décalage avec les autres super héros qui à côté de lui peuvent paraitre bien sages. D’abord il n’est pas classe parce que en dessous de son masque il a le visage sclérosé. Il compense son côté disgracieux par un sens de l’humour à toute épreuve, a chaque situation il a une bonne vanne. Il est aussi indestructible : coup de défense d’éléphant dans le ventre, balle dans la tête.

L’ensemble est assez irrévérencieux. Les présidents sont complétement ravagés, ils s’adaptent assez rapidement au XXIeme siècle. Teddy Roosevelt va se faire un safari dans un zoo, Nixon pirate une station orbitale russe pour détruire son propre pays, Lincoln décide de se mettre a la boxe.

Le seul qui reste à peu près normal c’est Benjamin Franklin qui sous une forme éthérée aide Deadpool.

A la fin, les 120 pages sont un peu longues a lire parce que j’ai eu l’impression que ça ne finissait pas et je crois que l’avoir lu en VO doit un peu jouer.

Mort à Devil’s Acre, Anne Perry

Titre : Mort à Devil’s Acre (Death in the Devil’s Acre)

Auteur : Anne Perry

Edition : 10/18

Année : [1985] 1999

285 pages

Note : 12/20

L’histoire : Le corps d’un homme poignardé et horriblement mutilé est retrouvé dans Devil’s Acre, le quartier le plus mal famé de Londres. Thomas Pitt est chargé de l’affaire. Sa femme, Charlotte, qui n’aime pas rester à ne rien faire va enquêter de son côté. Mais son enquête va se faire en secret et concurremment à celle de son mari.

Ce que que j’en pense : Mort à Devil’s Acre est le deuxième roman de la série Pitt – Ellison que je lis. Avec le premier j’étais resté sur ma faim car j’avais trouvé que ça se rapprochait plus d’une étude de mœurs que d’un roman policier.

Avec celui-ci le récit et le style m’ont un petit peu plus plu mais je ne suis pas entièrement convaincu.

On se retrouve avec deux enquêteurs qui ne mènent pas leurs investigations de la même manière et pas dans les mêmes milieux. Du côté de Pitt c’est rythmé, donne l’impression que l’enquête avance ; du côté de Charlotte, qui va se mêler au milieu huppé, ça n’apporte grand chose, ce qu’elle fait ne fait pas avancer le récit. Même c’est elle qui est présente au dénouement final mais elle donne l’impression d’être arrivée là presque par hasard.

A côté d’une intrigue policière qui était en dessous de mes attentes, il est toujours plaisant de se promener dans l’aristocratie, la bonne société qui parait bien propre sur elle à première vue. Or celle-ci a toujours des secrets pas très jolis à révéler, qui peuvent choquer les standards moraux de cette classe si bien-pensante.

Succubes, tome 2 : Roxelane

Titre : Succubes, tome 2 : Roxelane

Scénario : Thomas Mosdi

Dessin : Adriano De Vicentiis

Édition : Soleil Productions

Année : 2011

Note : 12/20

L’histoire : Après un raid sur son village, la jeune Alexandra est emmenée comme prétendante concubine dans le harem de Soliman. La concubine nubienne qui faisait partie des filles de Lilith est démasquée, Alexandra va alors prendre sa place.

Ce que j’en pense : Alors que le volume précédent était assez complexe tant les références historiques étaient nombreuses, celui-ci est nettement plus abordable. Plutôt que de se retrouver dans la grande Histoire, ici on reste au niveau humain.

On suit la transformation d’Alexandra, qui passe d’une courtisane ambitieuse à une femme qui veut venger les affronts qui lui ont été faits. D’un côté elle n’a pas de difficulté pour pouvoir intégrer le harem et faire du sultan ce qu’elle veut, vu comme elle est roulée. Après ce n’est pas pour rien qu’elle fait partie d’un ordre de succubes.

Alors que le premier volume procédait à une relecture de l’histoire, ici en se mettant plus au niveau humain, j’ai eu l’impression que le récit mettait de côté l’ordre des filles de Lilith et leurs motivations. De plus l’ambiance un peu fantastique est comme mise de côté.

Le dernier d’entre nous – Neil Gordon

Titre : Le dernier d’entre nous

Auteur : Neil Gordon

Edition : 10/18

Année : [2003] 2013

574 pages

Note : 14/20

L’histoire : James Grant est aujourd’hui un avocat respecté mais son passé un peu trouble est en train de refaire surface. C’est en recevant un mail de celui-ci qu’Isabel Grant, sa fille, va découvrir ce qu’il s’est passé trente ans plus tôt.

Ce que j’en pense : Je ne sais pas bien comment commencer cette critique. Au début, on est un peu dérouté. Le récit se fait par le biais de mails que reçoit Isabel Grant de la part de différentes personnes. On ne sait pas bien dans quel but cela est fait, il faut attendre la toute fin pour le savoir, mais cela n’est pas le plus important. Ce qui importe c’est ce qui s’est passé trente ans plus tôt. Quand on lit que certains narrateurs ne disent pas forcément la vérité, on se dit qu’il va y avoir des faux-semblants, des fausses pistes, qu’il va falloir faire le tri. Cela s’efface vite quand l’intrigue, quasi-policière,  se met en place.

Avec cette intrigue qui relèverait presque du thriller, on fait marche arrière jusque dans les années 60. Celles de l’American Way of Life qui devait se répandre à travers le monde car c’était un exemple. Mais ce système a été traversé de nombreuses contestations, notamment contre la guerre au Viet-Nam. Ce roman permet un éclairage sur un épisode de l’histoire  des Etats-Unis qui reste assez peu connu. Des jeunes se sont élevés contre une guerre injuste, qu’ils ne voulaient pas faire mais qu’on a forcé à faire.; ils ont manifesté, ont fait exploser des bombes sans toute fois faire de victime et ils ont été pourchassés comme des criminels, voire d’une manière plus brutale que des criminels classiques. C’est étonnant de voir que dans un pays où la liberté d’expression est une vertu cardinale, ceux qui pouvaient émettre une opinion divergente étaient sanctionnés.

Le dernier d’entre nous traite d’un sujet qui peut avoir des échos avec certains événements récents, la forme peut paraitre originale au début mais on passe tout de même un bon moment.