Whitechapel, Sarah Pinborough

L’histoire : Londres, 1888. Des cadavres de femmes mutilées sont retrouvée et sont attribuées au tueur surnommé Jack l’Eventreur. Mais pour le docteur Thomas Bond, il y a un deuxième tueur bien plus inhumain que l’Eventreur.

Ce que j’en pense : J’ai déjà dû le dire, parfois entre des romans de l’Imaginaire, j’aime bien intercaler du thriller. Après un petit tour dans les rayonnages de la bibliothèque, je suis reparti avec ce thriller qui semblait être saupoudré de fantastique.

Le contexte historique du roman, le caractère indécis des événements pouvaient permettre d’avoir un récit à ambiance, avec une atmosphère oppressante.

Mais je n’ai pas trouvé tout cela accrocheur. L’auteur se focalise trop sur le docteur Bond qui entretient son addiction à l’opium. Cela a une certaine utilité car l’opium ingéré permet de distinguer l’aura des personnes ou voir ce qu’il est impossible de voir sans drogue.

Mais à un moment, trop tôt dans le roman il y a la révélation sur le tueur. Ça tue le suspense et peu l’intérêt pour le roman. L’auteur fait une petite référence à Dracula, avec l’origine du ma provenant de l’Est (la Pologne, ici); un mal qui est véhiculé par des récits traditionnels, renforcé par la superstition. Les défenseurs du Bien s’en débarrassent presque sans difficulté.

Whitechapel est un roman qui a une certaine atmosphère, mais c’est dommage de voir qu’il n’arrive pas à se démarquer des grands romans victoriens tant il veut s’en inspirer.

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Le dresseur d’insectes, Arni Thorarinsson

L’histoire : Chaque année, à Akureyri, il y a la fête des commerçants qui est synonyme de bitures, de dégradations de biens et de violences sexuelles. Mais Einar, journaliste pour un journal local, l’événement à couvrir ,’est pas celui qu’on croit. Grâce à des informations d’une source obscure, il retrouve une jeune fille morte dans une baignoire d’une maison abandonnée, jeune fille que personne ne connait.

Ce que j’en pense : Il y a plusieurs années j’avais lu le Temps de la sorcière, roman qui était une nouveauté à l’époque. Un journaliste désabusé ça changeait des policiers désabusés. Aujourd’hui je ne me souviens pas des masses de l’intrigue, juste d’un journaliste de presse locale (voire à scandales) qui tombe sur des faits pas très reluisants.

Avec Le Dresseur d’insectes qui reprend directement après Le Temps de la sorcière, on est largué dès le début. Thorarinsson reprend tous les personnages secondaires qui gravitaient autour d’Einar et les passe en revue sans que cela apporte quoi que ce soit à l’intrigue. On se retrouve pendant cinquante pages avec une pléthore de personnages avec des noms difficilement mémorisables.

L’intrigue du roman manque sérieusement de dynamisme. Le rythme est lent et manque de révélations qui auraient relancées mon intérêt pour le roman. Les personnages m’ont semblé peu intéressants : une prostituée alcoolique, des stars de ciné hollywoodienne qui viennent en Islande parce que c’est plus facile pour faire la fête. Alors à un moment j’ai mis en route la lecture rapide parce que je n’avais plus envie de rester avec ce roman dans les mains tant je l’ai trouvé inintéressant.

La maison près du marais, Herbert Lieberman

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L’histoire : Les Graves sont un couple de retraités vivant dans une maison isolée dans un commune rurale des Etats-Unis. Un jour, un jeune homme s’installe dans leur sous-sol. Tout doucement il va finir par se rendre indispensable. Mais sa présence va finir par déplaire aux autochtones. Les graves vont défendre le jeune homme envers et contre tous.

Ce que j’en pense : C’est un roman que ma mère m’avait refilé et que je gardais pour lire dans le train. Je n’avais pas trop d’attente le concernant, je l’avais avec moi car je ne voulais pas avoir quelque chose de trop compliqué à lire avant et après le boulot.

 Dès le début le récit met mal à l’aise le lecteur. Deux petits vieux qui ne sont plus très vaillants qui se retrouvent au contact d’un sauvage ça crée une certaine angoisse chez le lecteur. Ils réussissent à apprivoiser la bête mais ils seront bien les seuls. Richard, le jeune homme, va faire l’objet d’une certaine hostilité de la part des habitants de la ville. Ils n’acceptent pas la différence et vont faire payer cette différence à celui qui l’est et ceux qui veulent l’accepter. L’histoire aurait pu être simple, les deux vieux qui acceptent un vagabond mais les autres ne veulent pas d’un être différent chez eux, tout cela à l’encontre des préceptes religieux dont cette société est fortement imprégnée.

Le récit combine moments d’angoisse et moment de violences physique et psychologique jusqu’à un point culminant d’injustice. Le roman aurait pu s’arrêter sur ce climax mais l’auteur a voulu faire un épilogue explicatif, qui démythifie le personnage de Richard. A vouloir expliquer à tout prix, cela casse l’ambiance d’ensemble du roman.

House of Cards, Michael Dobbs

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L’histoire : Grande – Bretagne, fin des années 80. Le Premier Ministre Collingridge, à l’issue des législatives, est reconduit avec une faible majorité. Francis Urhquart, membre de sa majorité lui propose un remaniement qu’il refuse. Urhquart va alors se lancer dans une op&ration de décrédibilisation de Collingridge pour pouvoir prendre sa place.

Ce que j’en pense : House of Cards, je pense que tout le monde en a entendu parler avec la sortie de la série télé avec Kevin Spacey (j’avoue que je ne m’y suis pas encore mis). Même si ça se passe dans le milieu politique anglais, avec ses particularités culturelles et constitutionnelles, le lecteur français entre facilement dans le roman.

Ce qui est le plus difficile est la phrase introductive où les personnages apparaissent un par un à chaque chapitre. Une fois que tous les personnages sont présentés, j’ai suivi avec délectation la mise en place de la machination d’Urhquart. Dès le début on sait quel chemin va prendre l’intrigue. Urhquart n’a pas beaucoup de difficultés pour mettre ses pièges et ses victimes tombent allègrement dedans. Il y a peut être la jeune et jolie journaliste qui réfléchit un peu et qui semble pas loin de découvrir la vérité mais elle ne fait pas le poids face au machiavélique Urhquart.

Ce qui marque le plus dans  ce roman c’est la tonalité empreinte de cynisme. A chaque début de chapitre il y a une petite phrase, souvent très juste, sur la politique. Lire ce roman pendant que  la campagne pour la primaire de la droite faisait rage permet de relativiser l’importance que l’on donne trop souvent à la chose politique. C’est romancé mais je trouve que cela résume bien la mentalité du corps politique, corps dont on devrait attendre moins de chose car ils connaissent bien les intérêts qu’ils doivent défendre.

Jack Reacher – Never Go Back, Lee Child

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L’histoire : Reacher se rend à Washington pour rencontrer celle qui l’a remplacé à la tête de la 110° unité de police militaire. Sur place il découvre que le major Turner a été incarcérée et que lui est accusé d’avoir tué un membre de gang seize ans auparavant.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une Masse Critique. Ce n’est pas la première fois que je lis un Jack Reacher. Il y a presque un an j’ai lu le premier de la série. Mais lire que deux romans et saisir la trame quasi identique c’est un peu dommage. Oui il faut l’avouer les Jack Reacher sont conçus sur le même principe. Reacher débarque dans un endroit, un vilain pas beau lui colle sur le dos des méchancetés dégueulasses, Reacher va essayer de trouver la vérité en cassant des doigts, des bras, des nez. Et il la trouve la vérité (parce qu’elle n’est pas ailleurs). D’accord je raille sur le côté facile, systématique des scénarios mais je dois reconnaitre que c’est une lecture plutôt agréable.

Ça doit être le personnage qui veut ça. Il est difficile de le saisir. Il peut faire preuve d’une grande culture mais d’un autre côté il peut être d’une grande brutalité, presque un animal. Brutalité qu’il exerce à bon escient dans un but de découvrir la vérité. Mais sa violence peut être déplacée dans un monde qui se veut civilisé.

Encore une fois il est accompagné d’une femme qu’il va plus ou moins paterner parce lui comme il est déjà en marge de la société il peut se permettre des choses plus transgressives.

Ce roman se lit très aisément, l’écriture est fluide, les rebondissements et les bagarres reviennent régulièrement. Ce sont 400 pages pour passer un moment agréable.

Le chant des âmes, Frederick Rapilly

le chant des amesTitre : Le chant des âmes

Auteur : Frederick Rapilly

Editeur : Critic

Année : 2011

304 pages

L’histoire : Une jeune femme est retrouvée crucifiée à un arbre dans une forêt de Bretagne. Son corps a été mutilé, elle a été torturé jusqu’à la mort.

Un ancien journaliste est contacté par son ancien patron qui veut un deuxième point de vue sur l’enquête. Bien que réticent, le retraité va se remettre au travail. Il va devoir faire équipe avec une jeune photographe américaine. Leur en quête va les mener aux portes du milieu très fermé de la musique électro.

Ce que j’en pense : De petits éditeurs indépendants permettent de découvrir de nouveaux auteurs de thriller, en s’éloignant des grosses machines qui balaient tout.

Le chant des âmes est pour moi un roman plutôt sympa à lire mais qui ne révolutionne pas le genre. Quand on lu la biographie de Fredrick Rapilly sur Wikipédia, on retrouve dans le roman de nombreux éléments de sa vie. Le personnage est journaliste comme l’a été Rapilly, il enquête dans le milieu de l’électro alors que Rapilly a évolué dans ce milieu. Rapilly utilise de nombreux éléments de sa vie personnelle pour construire son roman, ça permet certes de donner un caractère réaliste au roman mais n’est pas synonyme de prise de risque.

Le personnage principal, journaliste marqué par un attentat m’a laissé une impression de froideur. Difficile de trouver quelque chose de sympathique dans ce personnage , j’ai eu du mal à partager sa peine. au contraire, le personnage de l’américaine apporte un peu de dynamisme.

La façon qu’a Rapilly de finir son roman est à la fois insatisfaisante et dérangeante , comme si un pacte avec le diable avait été conclu.

Le ministère de la peur, Graham Greene

le ministère de la peurTitre : Le ministère de la peur

Auteur : Graham Greene

Editeur : Le livre de poche

Année : 1962

254 pages

L’histoire : Arthur Rowe participe à une kermesse de bienfaisance durant le Blitz. il gagne un gâteau qui ne lui était pas destiné. Les mystérieux destinataires du gâteau vont mettre en place de subtils subterfuges pour récupérer le gâteau et son contenu.

Ce que j’en pense : Avec Le ministère de la peur, je refais un petit tour du côté de la littérature générale. On se retrouve dans un roman dont l’histoire n’aurait pas fait tâche dans un film d’Alfred Hitchcock.

En période de guerre, un homme se retrouve entrainé dans une conspiration dont il va avoir du mal à s’en sortir. On a droit à une séance de spiritisme, des tentatives d’assassinat, un internement en institution psychiatrique.

Le roman peut être divisé en deux grandes parties mais je les ai trouvés plutôt inégales. La première laissait beaucoup de mystère autour du contenu du gâteau. Par contre la deuxième est plus longue à se mettre en route. Il ne se passe pas grand chose et je me suis demandé dans quelle direction allait le roman. La fin avec ce romantisme un peu forcé m’a déçu, comme s’il fallait à tout prix un peu d’optimisme dans un roman plutôt noir.

Le label N, Jess Kaan

le label nTitre : Le label N

Auteur : Jess Kaan

Editeur : L’atelier Mosésu

Année : 2013

258 pages

L’histoire : Luc Mandoline est croque-mort. Alors qu’il effectue un remplacement dans le Pas de Calais, il doit s’occuper du corps d’un homme déguisé en femme. Il va découvrir un monde de mensonges, de manipulation lorsqu’il va chercher à comprendre les zones d’obscurité entourant la vie du mort.

Ce que j’en pense : L’Embaumeur est un personnage de série comme Le Poulpe, des règles à respecter, de nombreux auteurs et une descente dans les travers de  la société.

C’est sûr que l’idée d’un croque-mort itinérant peut paraitre étrange mais c’est une fonction qui peut permettre d’être en contact avec une certaine réalité, avec des comportements transformant des personnes lorsque la mort est là.

Et puis l’Embaumeur n’est pas sans ressources, ancien légionnaire, des amis aux talents diversifiés et utiles. Mandoline est aussi très bien servi par le style sans fioritures et sans concession de Jess Kaan. C’est cru et direct, certaines scènes, certains dialogues, sont de véritables coups de poing en pleine figure. Les premières pages où Kaan décrit la région sont marquantes et tellement vraies quand on la connait.

Je trouve juste dommage d’avoir eu l’impression que le dénouement était vite plié, peut-être l’obligation  de faire tenir le récit dans un nombre de pages limité.

Le label N est un polar réaliste qui se lit en une seule fois car il y a un attrait pour cette part malsaine de certains personnages.

Dans le texte : L’inscription du bassin minier et de ses valeurs au patrimoine mondial de l’Unesco avait renforcé une nostalgie latente ici et dans toute la ceintures des communes rouges où le bleu marine affleurait désormais comme une alternative aux illusions dévoyées. Reconnaissance d’une classe ouvrière broyée ces dernières années à coup de plans sociaux, de conditions de vie dégradées, d’une précarité de plus en plus présente, de choix politiques désastreux, cette nomination avait l’insigne avantage d’exacerber la fierté d’une région à la dérive, faute de guérir ses maux.

Tourisme…Préservation de l’identité.. Patrimoine restauré. Le Louvre-Lens avec deux L majuscules à défaut de celle de l’envol : les perspectives développées par les médias faisaient -rêver. Mais dessinaient-elles l’avenir ?

Deepwater Prison

deepwaterprison1Titre : Deepwater Prison

Scénario : Christophe Bec

Dessin : Stefano Raffaele

Editeur : Soleil Productions

Année : 2014

L’histoire : Une plate-forme pétrolière est en perdition. Le pétrole qu’ elle exploite s’échappe et va polluer les eaux et les terres avoisinantes. Le gouvernement dépêche une fonctionnaire pour enquêter sur les agissements de la compagnie pétrolière. Les enquêteurs vont installer leur base dans une prison sous-marine aux conditions de vie extrêmes.

Ce que j’en pense : Christophe Bec est un scénariste qui réussit sans problème, avec un élément, à créer une série implacable qui va scotcher le lecteur de bout en bout.

deepwaterprison2Deepwater Prison est une sorte de Prison Break dans une prison sous-marine installée à 1000 mètres de profondeur. Avec cette série il y a de nombreuses thématiques.

On a droit à la description d’un univers carcéral très dur : les matons sont tout-puissants et abusent de leurs pouvoirs., la moindre faveur se monnaie par un viol du détenu le plus jeune. Les rapports sont très manichéens entre les détenus et les matons.

Il y a aussi la question de la pollution maritime due à un défaut d’entretien et de non respect des normes de sécurité sur une plate-forme pétrolière. Les représentants véreux de la société veulent cacher à tout prix la malveillance face à une jeune représentante du ministère de l’environnement.

Le Projet Morgenstern, David S. Khara

le projet morgensternTitre : Le Projet Morgenstern

Auteur : David S. Khara

Editeur : Critic

Année : 2013

331 pages

L’histoire : Berlin, 1942, un officier nazi est chargé de retrouver un enfant évadé d’un camp où il a fait l’objet d’expérimentations. De nos jours un couple semble décidé à vivre normalement mais un jour tout bascule et ils retrouvent pris dans une spirale de violence.

Ce que j’en pense : Sur ma liseuse j’ai les trois romans des aventures d’Eytan Morgenstern. J’ai fait le malin et je n’ai pas vérifié par lequel il fallait commencer. Voilà que j’entame la série par le troisième, un peu comme avec la trilogie Bourne avant qu’elle ne soit plus connue grâce aux films. Après le roman se lit sans problème même si on n’a pas lu les précédents.

On se retrouve dans un techno-thriller où les héros se retrouvent confrontés à un consortium avide d’asseoir sa domination sur le monde. Mais voilà un ressort assez classique. Ça change un peu avec les personnages. Eytan Morgenstern, enfant juif au destin brisé par des expérimentations nazies dans le but d’en faire un surhomme. Morgenstern a bien sûr un caractère increvable qui lui permet de se dépêtrer de situations plutôt périlleuses. Il est accompagné de deux anciens du Mossad qui amènent un peu d’humour au récit qui est parfois tragique lorsque David S. Khara introduit des flashbacks pour raconter l’histoire de Morgenstern. A ce trio il faut ajouter un couple de jeunes que Morgenstern a rencontré dans l’épisode précédent. Le problème c’est que ces jeunes sont plutôt fades et peu déjà-vu.

Khara nous livre un thriller sans temps mort. Le fond historique donne un intérêt particulier au récit.