Canoë Bay

canoe bayTitre : Canoë Bay

Scénario : Tiburce Oger

Dessin : Patrick Prugne

Editeur  : Daniel Maghen

Année : 2009

L’histoire : Jack, orphelin dans le Nouveau Monde, se retrouve embarqué dans des aventures qui lui permettront de rencontrer son destin.

Ce que j’en pense : Voilà une BD un peu entamée au hasard. Et j’ai été surpris par le tour qu’a pu prendre l’histoire. On nous parle de l’esclavage, de la piraterie et on finit avec les trappeurs du Nouveau Monde.

Les aventures de Jack permettent une confrontation entre l’enfance et le monde des adultes. Plongés dedans sans précaution, Jack et ses amis vont devoir faire preuve de maturité très rapidement.

Le dessin avec ces couleurs à l’aquarelle donne au récit d’aventure un caractère un peu vieillot.

C’est plutôt agréable à lire, et malgré un début sombre, le récit se finit avec un happy end peut être un peu trop convenu. Il faut bien préserver les personnages des enfants.

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Octobre Noir

octobre noirTitre : Octobre Noir

Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : AdLibris

Année : 2011

L’histoire : Octobre 1961, le préfet de police de Paris, Maurice Papon, met en place un couvre-feu s’appliquant aux seuls Français musulmans. La fédération de France du FLN organise une manifestation pour protester contre cette mesure. Pacifiquement hommes et femmes vont se rendre dans la capitale pour réclamer leur liberté. La répression va être impitoyable.

Ce que j’en pense : Ce n’est pas la première fois que je lis une collaboration entre Didier Daeninckx et Mako. J’avais pu lire le Train des oubliés, qui s’intéressait aux amitiés douteuses entre des entrepreneurs et les nazis. Ici on aborde un évènement plus douloureux dans l’histoire de France : le 17 octobre 1961.

Didier Daeninckx a l’habitude dans son œuvre de pointer du doigt certains faits qui font mal. Le 17 octobre 1961 a, je pense une importance particulière pour lui, parce qu’après le roman Meurtres pour mémoire, il revient dessus.

Le récit en soi est très ramassé, on ne verra pas grand grand chose de la répression. C’est un jeune qui va reconstituer les événements pour retrouver sa sœur qui a voulu manifester malgré l’interdiction parentale. Le ton est  donné dès les premières pages, qui retranscrivent simplement l’esprit d’une époque. Un contrôle de police au faciès qui se termine par des coups mortels et une disparition du corps dans les eaux de la Seine.

Je pense qu’il est bénéfique d’avoir encore des auteurs qui nous permettent de nous remémorer certains événements.

Tyler Cross

tyler crossTitre : Tyler Cross

Scénario : Fabien Nury

Dessin : Brüno

Editeur : Dargaud

Année : 2013

L’histoire : Tyler Cross a braqué 17 kilos de cocaine appartenant à la Mafia. Il se retrouve seul au fin fond du Texas dans une ville qui est sous la coupe d’un magnat du pétrole et de ses fils.

Ce que j’en pense : Voilà une BD encore découverte aux détours des rayonnages de la bibliothèque et qui vaut vraiment le coup d’oeil. Les auteurs, avec le récit du voyage sanglant de Tyler Cross, mélangent les genres : roman noir, western.

Le dessin est parfois un peu répétitif quand il s’agit du visage des femmes. Mais certaines pages ne sont divisés qu’en quatre ou cinq cases ce qui permet au dessin de prendre une certaine dimension et de faire penser certaines fois à un film.

J’ai bien aimé la narration, en surplomb du récit, qui alterne tour à tour un ton ironique et un ton cynique. Les personnages peuvent sembler déjà-vu notamment dans des séries B mais là j’ai apprécié car j’ai eu mon lot d’amoralité et de violence.


Le singe de Hartlepool

le singe de hartlepoolTitre : Le singe de Hartlepool

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin : Jérémie Moreau

Editeur : Delcourt

Année : 2012

L’histoire : En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage sur les côtes anglaises. Les habitants de Hartlepool découvrent dans les débris rejetés un singe en uniforme bleu qu’ils vont vite assimiler à un Français. La bêtise va vite se déchainer contre la pauvre bête.

Ce que j’en pense : Plusieurs fois j’ai vu des critiques positives au sujet de cette bande dessinée. L’ayant trouvé en bibliothèque, je m’y suis lancé. Je dois reconnaitre que je ne suis pas très fan de ce genre de dessin, que je trouve trop imprécis. Mais le contenu du récit m’a vite fait oublier cet aspect.

La BD raconte une légende supposée, enfin on ne sait pas bien où se situe vraiment la réalité historique. Donc  au début du XVIII° siècle un singe déguisé en soldat français se retrouve dans un village de ploucs anglais. Il va faire les frais de l’ignorance des autochtones. Leur caractère abêti est renforcé par un nationalisme exacerbé en temps de guerre et qui est stimulé par certains qui ne savent pas grand chose mais que l’on présente sans difficulté comme maitres de la connaissance. Même si le récit se situe dans un cadre historique daté, la description des comportements trouve un écho avec certains évènements actuels. Alors sans forcer on se retrouve avec une critique du nationalisme et de l’intolérance.

Blankets, Craig Thompson

blanketsTitre : Blankets

Auteur : Craig Thompson

Editeur : Casterman

Année : [2003] 2004

L’histoire : Craig vit dans une famille très religieuse du Midwest. Lors d’un séjour dans un centre de vacances il rencontre Raina. ils vont vite se trouver des points communs puis Craig va passer deux semaines chez Raina où leur amour va prendre doucement de l’ampleur.

Ce que j’en pense : Il y a quelques mois j’avais commencé Habibi du même auteur et je ne l’avais pas fini. Cette fois-ci avec Blankets je me suis forcé à aller jusqu’au bout.

C’est un récit autobiographique, un récit d’initiation aussi. Ça parle de la religion, du choix de son destin, du première amour et de sa violence.

Ce qui m’a beaucoup gêné (comme dans Habibi) c’est l’omniprésence du religieux, ce dogmatisme imposé par la famille. Je peux comprendre que la religion peut avoir une grande importance pour Craig Thompson en ce qu’elle a façonné sa manière de voir le monde, d’être en rapport avec lui. Mais quand je vois où ça mène au cours du récit je suis étonné qu’il n’y ait pas une remise en cause plus forte.

Iba

ibaTitre : Iba

Auteur : Pierre Maurel

Editeur : Casterman

Année : 2014

136 pages

L’histoire : Elise a du mal à trouver un équilibre dans sa vie. Son enfance a été marquée par la mort de se sparentset sa relation particulière avec son amie imaginaire, Iba. Le jour où un ex petit ami est retrouvé mort, Elise va aller interroger sa grand mère qui l’a élevée.

Ce que j’en pense : J’ai reçu cette BD dans le cadre d’un Masse Critique privilégié.

Ça commence avec une histoire de filles qui essaient de remonter le moral de l’une d’entre elles. Mais assez vite on se rend compte que le mal-être d’Elise a des causes très lointaines.

Rapidement on entre dans le fantastique avec la présence dangereuse, maléfique d’Iba. On oscille entre jalousie à l’égard d’Elise ou désir de vengeance. Mais après il faut découvrir les motifs de la vengeance. On arrive alors dans une histoire de vengeance aveugle d’Iba car elle touche aussi Elise qui n’était en rien responsable de ce qui est arrivé à Iba.

L’intrigue est somme toute assez classique. Le dessin en noir et blanc renforce l’ambiance plutôt sombre du récit et crée des fois un malaise pour le lecteur.

Le Train des oubliés

Titre : Le Train des oubliés

Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : Emmanuel Proust

Année : 2003

Note : 15/20

L’histoire : Dans le Nord de la France, quatre jeunes meurent mystérieusement alors qu’ils s’amusaient dans une galerie d’une mine. Le père de l’un d’entre eux va chercher à savoir comment son fils est mort car pour lui il existe trop de zones d’ombre.

Ce que j’en pense : Comme avec ce que j’ai déjà pu lire de Didier Daeninckx, j’ai trouvé intéressant de mettre une intrigue policière autour d’un élément historique compromettant. Ici c’est le stockage d’obus de la première guerre mondiale qui va révéler les actions plutôt nauséabondes d’une entreprise française avec les nazis en 1942.  Dès le  début on sent qu’il y a une menace sur les découvertes qui vont être faites, que certaines personnes vont tout faire pour protéger le secret.

Comme avec une prescience de ce qui peut se déroulait maintenant, Internet sert de moyen pour déballer la vérité qui dérange.

L’ensemble du récit se fait en noir et blanc, ce qui accroit la noirceur de l’histoire et la froideur de l’atmosphère. C’est un roman graphique que j’ai trouvé un peu court mais qui se lit d’une traite.