Maliki, tome 4 : Rose Blanche

maliki 4Titre : Maliki, tome 4 : Rose Blanche

Auteur : Maliki

Editeur Ankama

Année : 2010

Ce que j’en pense : Avec cette BD, je crois que je pourrais dire les mêmes choses que j’ai déjà pu dire pour le tome 3.

J’ai trouvé que les strips étaient de qualité inégale, beaucoup m’ont laissé de marbre. J’ai eu l’impression de lire les mêmes choses : les chats avec leur comportement un peu débile ça peut faire des trips amusants mais à force ça devient lassant.

En finissant ce recueil je me suis dit que j’arrêtais là avec Maliki, je n’ai pas envie d’être plus déçu si je continue.

NonNonBâ

nonnonbaTitre : NonNonbä

Auteur : Shigeru Mizuki

Editeur : Cornélius

Année : [1977] 2007

L’histoire : Dans le Japon d’avant-guerre, le petit Shigeru vit régulièrement au contact de sa grand-mère NonNonBâ qui a une relation particulière avec les Yokaï, petits êtres surnaturels. Elle lui raconte plein d’histoires surnaturelles qui lui permettent de dessiner ses bandes-dessinées.

Ce que j’en pense : Largement autobiographique, ce manga n’a pas vocation à raconter quelque chose de précis. On se laisse juste porter par le récit, au fil de la vie de ses personnages et du village. C’est à la fois un récit autobiographique et un récit d’initiation. Le petit Shigeru apprend à connaitre la vie à travers différentes expériences drôles ou dramatiques. Il a autour de lui deux figures formatrices : sa grand-mère, grande connaisseuse des Yokaï, et son père, cultivé mais un peu dilettante. Malgré son format ( un gros pavé à lire de 400 pages), il y aurait des choses à dire mais j’avoue que certaines situations à la limite du fantastique m’ont bien peu touchées. Heureusement qu’il y avait certains Yokaï avec des trognes pas communes et ayant de l’humour pour me garder à la lecture.

Maliki, tome 3 : Mots roses au clair de lune

maliki3Titre : Maliki, tome 3 : Mots roses au clair de lune

Editeur : Ankama

Année : 2009

L’ histoire : Il n’y a pas vraiment d’histoire, c’est la réunion des strips publiés sur le blog de Maliki mais comme le reconnait l’auteur dans l’introduction ce n’est pas toujours réussi.

Ce que j’en pense : Alors il y a des strips qui valent sincèrement la lecture comme « Berzerkat » mais il y en a d’autres pour lesquels je n’ai pas du tout accroché. Je crois que c’est dû à la présence de certains personnages dont je n’ai toujours pas compris le pourquoi de leur existence dans la BD, ça donne parfois une ambiance parfois psychédélique.

Comme d’autres dessinateurs blogueurs, dans Maliki on s’inspire de faits de la vie quotidienne. Des fois j’ai compris de quoi on partait, d’autres fois cela m’est resté totalement obscur.

J’avais apprécié les deux précédents volumes, ici j’ai peu pris de plaisir à lire celui-ci.

Icare

icareTitre : Icare

Scénario : Moebius

Dessin : Jirô Taniguchi

Editeur : Kana

Année : [2000] 2005

L’histoire : Un bébé nait dans une clinique mais sous les yeux de l’équipe médicale il se met à léviter. Immédiatement l’armée s’empare de l’enfant et l’enferme dans le plus grand secret. Vingt an plus tard presque devenu adulte, il va faire l’objet d’expérimentations afin de comprendre sa particularité. Mais il est tombé amoureux de la biologiste Yukiko et face à l’amour les militaires ne vont pas pouvoir faire grand chose.

Ce que j’en pense : Je me suis lancé dans ce roman graphique en voyant la prestigieuse association Moebius – Taniguchi (Le Sommet des dieux). Il y a beaucoup d’élément intéressants : un homme qui réalise sans instrument ce que l’homme a toujours rêvé de faire : voler; des militaires représentés par une femme séduisante, lesbienne mais extrêmement dangereuse ; des scientifiques qui deviennent assez vite mégalos. Mais le problème c’est que tout cela semble peu exploité. L’affrontement entre le bien et le mal est inexistant . Icare, le personnage principal est assez lisse, presque impersonnel, Yukiko est un peu comme lui et ce n’est pas leur relation amoureuse assez niaise qui les sauve; les scientifiques et la militaire qui représentent le mal restent peu mis en avant. J’attendais une confrontation entre le bien et le mal mais elle n’a même pas lieu.

Il y a des hommes-éprouvettes qui se font exploser dans la foule. Mais on ne sait pas d’où ils viennent, pourquoi ils se font exploser, franchement je me suis demandé ce qu’ils faisaient là dedans. On est dans une société futuriste et Moebius ne développe rien de ce côté-là.

Quand je suis arrivé à la fin, pour moi l’ensemble du récit m’est apparu comme une sorte d’ébauche pour un récit plus ample mais qui n’arrivera jamais. Pour moi c’est un manga qui manque de personnalité même s’il y avait beaucoup d’éléments qui auraient pu changer l’ensemble s’ils avaient été correctement exploités et que le dessin de Taniguchi est plutôt beau.

Sans titre

Les Fils de la Terre, tome 1

les fils de la terre 1Titre : Les Fils de la Terre, tome 1

Scénario : Jinpachi Mori

Dessin : Hideaki Hataji

Editeur : Delcourt

Année : [2002] 2007

Note : 16/20

L’histoire : En 2007, un fonctionnaire du ministère de la Culture Shuntaro Natsumé est chargé de redresser l’agriculture japonaise en trouvant le moyen de pousser 15 000 jeunes vers les filières agricoles. Pour cela il est envoyé comme professeur dans un lycée agricole dans un coin perdu du Japon.

Ce que j’en pense : J’avais noté dans un coin de ma tête, en surfant sur le web, que ce manga pouvait être intéressant. Alors quand je l’ai trouvé à la bibliothèque je n’ai pas hésité. Et j’ai bien fait parce que j’ai passé un bon moment.

Les deux personnages principaux, un fonctionnaire naïf et un agriculteur sanguin, donnent au récit une grande humanité. L’un ne connait pas grand chose du monde qu’il doit essayer de réformer, l’autre est un homme en colère contre une administration qui édicte des règles absurdes pour la gestion des terres. Mais ensemble ils vont essayer de redonner une envie, un honneur aux agriculteurs qui se sentent déconsidérés. Quand on apprend que Shuntare n’est qu’un pion dans une politique gouvernementale, qu’il est destiné à être oublié, on ne peut qu’espérer qu’il réussisse pour prouver aux politiques que ce n’était pas vain.

Le thème du redressement de l’agriculture japonais peut être assez restrictif mais on peut très facilement l’élargir à ce qui nous entoure concernant le développement durable, notre rapport à l’environnement et à la nature.

Gen d’Hiroshima, tome 3

Titre : Gen d’Hiroshima, tome 3

Auteur : Keiji Nakazawa

Editeur : Vertige Graphic

Année : [1975-1985] 2008

Note : 14/20

L’histoire : Gen et sa mère sont toujours à la recherche d’un toit pour eux et pour la petite sœur de Gen. Une amie de la mère va enfin accepter de les héberger. Gen va chercher un petit boulot pour avoir de l’argent pouvoir payer de quoi manger.

Ce que j’en pense : Troisième volet de la saga, le récit continue dans la même veine que les précédents tomes. Il y a toujours l’horreur des conséquences de la bombe, l’indifférence des populations qui ne sont pas touchées.

Le personnage le plus important ici est Seiji, le peintre blessé par la bombe. Sa famille ne veut pas s’occuper de lui car son aspect monstrueux fait peur aux voisins. Gen, contre rémunération, va prendre soin de lui mais va vite se lier d’amitié avec Seiji. Ce peintre est conscient de la réalité de la bombe et veut faire prendre conscience aux gens qui l’entourent avec son art mais cela semble tellement futile.

On arrive au moment de la capitulation du Japon, les habitants qui apparaissaient déjà comme bien seuls lors de cette guerre sont encore plus seuls, désemparés face à la nouvelle annoncée par l’Empereur qui devait les protéger de toute invasion étrangère. Gen d’Hiroshima, c’est la guerre vue au niveau des hommes et des femmes qui ont souffert pendant la guerre, qui étaient bien loin des préoccupations des gouvernants.

Gen d’Hiroshima 2, Keiji Nakazawa

Titre : Gen d’Hiroshima 2

Auteur : Keiji Nakazawa

Edition : Vertige

Année : [1975] 2003

Note : 17/20

L’histoire : Début août 1945, les Américains ont largué la première bombe atomique sur Hiroshima. Les rares survivants de la ville découvrent la dévastation et les effets insidieux des radiations.

Gen va chercher à tout prix à trouver de la nourriture pour nourrir sa mère et sa sœur qui vient juste de naitre. Il va devoir faire face aux pillards et à l’hostilité des gens qui n’ont rien subi.

Ce que j’en pense : Alors que je trouvais que le premier volume était assez dut notamment dans la description des mentalités, ce deuxième volume est plus dur encore car il décrit les conséquences de l’explosion de la bombe atomique. Les survivants sont livrés à eux-mêmes. La rare présence de l’État se caractérise par le ramassage et la destruction des cadavres. Les corps brûlés, la peau fondue, les organes qui se liquéfient, c’est l’horreur absolue.

A côté des conséquences physiques, il y a l’indifférence voire la haine des habitants des villages avoisinants à l’égard des survivants.Les villageois vivent dans leur bulle et feraient n’importe quoi pour voir disparaitre ces gens qui viennent leur demander une poignée de riz.

Dans une guerre, l’inhumanité peut venir de l’ennemi mais celle-ci est encore plus difficile à supporter lorsqu’elle vient de son propre camp.

Gen d’Hiroshima 1, Keiji Nakazawa

gen d'hiroshima1Titre : Gen d’Hiroshima 1

Auteur Keiji Nakazawa

Édition : Vertige Graphic

Année : [1973]  2003

274 pages

 

L’histoire : La famille Nakaoka vit à Hiroshima. Le père, pacifiste et antimilitariste, peine à nourrir ses enfants. Gen et Seiji font preuve de débrouillardise pour pouvoir manger à leur faim.

Mais le 6 août 1945, les Américains largue la première bombe atomique sur Hiroshima.

Ce que j’en pense : Nakazawa s’est largement inspiré de sa vie pour réaliser ce manga, il a vécu à Hiroshima et lui aussi il a perdu une partie de sa famille dans l’explosion de la bombe atomique.
Ce qui m’a marqué à la lecture de ce premier volume, c’est la virulence de la dénonciation de l’aveuglement des militaires et des autorités durant la guerre. Ils avaient réussi à embrigader toute la population et s’il y avait une voix discordante, elle se préparait à vivre difficilement.
La dénonciation m’a marqué parce que il me semble que les Japonais ont une relation difficile avec leur passé. Il n’y a pas si longtemps un Premier ministre visitait un monument célébrant des militaires convaincus de crimes de guerre.
Nakazawa alterne entre des passages humoristiques et des passages plus émouvants. Une alternance de tonalités qui me fait penser à l’Histoire des 3 Adolf, cela permet d’avoir des touches de légèreté mais le l’ensemble du récit reste empreint d’une grande gravité.

L’histoire des 3 Adolf, Osamu Tezuka

l'histoire des 3 adolfL’histoire : En 1936, Sohei Toge, correspondant japonais, est chargé de faire un reportage sur les Jeux Olympiques de Berlin. Son frère, étudiant communiste, veut prendre contact avec lui. Toge va le retrouver mort.

Lorsqu’il va enquêter sur sa mort, il va découvrir qu’il était en possession d’un document concernant Adolf Hitler et qui pourrait être fatal au Troisième Reich.

Wolfgang Kaufman, un nazi habitant au Japon, reçoit l’ordre de récupérer le document. Il souhaite que son fils, Adolf Kaufmann, entre dans les Jeunesses hitlériennes. Mais Adolf, qui s’est lié d’amitié avec un garçon juif, Adolf Kamil, refuse d’y entrer.

Ce que j’en pense : Que dire de ce manga si ce n’est qu’il est incontournable tout comme son auteur. Osamu Tezuka est le créateur d’Astroboy (personnage qu’il va me falloir découvrir).

Ici Tezuka aborde les relations entre l’Allemagne et le Japon durant la Seconde guerre mondiale, sur fond de chasse aux Juifs. La réédition de ce manga comporte quelques pages qui permettent d’apprendre des faits historiques.

Le dessin de Tezuka peut paraître simple au premier abord mais il est très expressif et très dynamique. Il se permet quelques pointes d’humour, cela donne une légèreté au récit lorsqu’il y a des scènes où l’atmosphère est très pesante.

L’Histoire des 3 Adolf, grande fresque historique, est une réflexion (toujours d’actualité) sur les préjugés et sur les engagements idéologiques.