La Saga de Hrolf Kraki, Poul Anderson

la saga de hrolf krakiTitre : La Saga de Hrolf Kraki

Auteur : Poul Anderson

Editeur : Le Bélial’

Année : [1973] 2004

311 pages

L’histoire : Hrolf Kraki est l’héritier des Skjoldnung, souverain du Danemark. Son grand-père a été tué par son propre frère. Son père est mort dans un complot. Lui-même est né d’un amour incestueux.

Ce que j’en pense : Poul Anderson est principalement un auteur de SF. Mais ici il se tourne vers la fantasy en adaptant une saga nordique, celle de Hrolf Kraki, qui fait partie d’une famille régnant au Danemark au Moyen-Age.

Au début, avec des passages très fournis en informations généalogiques, j’ai eu peur que ce soit une lecture difficile pour ne pas dire indigeste. Mais cela est vite passé et je me suis retrouvé dans une saga où on a droit à son lot de trahisons, de combats et de sorcellerie. Car ce livre est un roman d’aventures avec de beaux morceaux de bravoure.

Il est dommage que Hrolf Kraki apparaisse aussi tard dans le roman. Avant son apparition on a l’évocation de son ascendance avec ses différentes générations. Alors on se retrouve en compagnie de personnages que l’on peut difficilement oublier, que ce soit Svipdag, jeune sans formation guerrière qui réussit à défaire des berserkers ou Bjorn sur qui pèse la malédiction d’être transformé en loup-garou.

Avec ce roman, Poul Anderson fait preuve d’historien en retraçant la saga de Hrolf Kraki. Il décrit un Haut Moyen-âge riche en violence et en trahison, ce qui change de ses écrits habituels.

Sans titre

Publicités

Deuxième personne du singulier, Daryl Gregory

2° personne du singulierTitre : Deuxième personne du singulier

Auteur : Daryl Gregory

Editeur : Le Bélial’

Année : 2006

L’histoire : Une drogue fait des ravages parmi la jeunesse. La drogue Z, Thérèse en a fait une overdose. Une jeune fille va reprendre la ville que Thérèse avait laissé. Les parents de celle-ci veulent vraiment en faire leur fille. Mais qui est réellement cette fille ?

Ce que j’en pense : Voici ma première participation à « Le dimanche je lis des nouvelles et des novellas », car j’ai un stock de nouvelles (numériques) à l’unité qui n’attend que d’être lu.

Daryl Gregory nous livre une nouvelle qui parle du fonctionnement du cerveau (de façon tout à fait abordable), de la difficulté de Thérèse à retrouver sa vie antérieure. Elle a vécu une expérience qui fait d’elle une autre personne. Son ancienne personnalité a disparu mais tout son entourage espère voir réapparaitre l’ancienne Thérèse.

Il aborde aussi la question des pressions qui peuvent subir les adolescents que ce soit venant de la religion ou de certaines structures.

jldnld

Indulgences, Jean-Pierre Bours

indulgencesTitre : Indulgences

Auteur : Jean-Pierre Bours

Editeur : HC Editions

Année : 2014

413 pages

L’histoire : 1500, au beau milieu de la Saxe, une femme abandonne un bébé avant d’être arrêtée pour sorcellerie. 1515. La Réforme initiée par Luther commence à prendre de l’ampleur. La jeune Margarete découvre qu’elle a été adoptée à sa naissance. La recherche de son identité va l’amener à croiser des personnages qui vont faire  l’Histoire.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman historique dans le cadre d’un Masse Critique. Je ne suis pas un grand adepte des romans historiques car il est toujours difficile de trouver un équilibre entre divertissement et érudition.

Ici je crois que Jean-Pierre Bours a trouvé l’équilibre. On se retrouve plongé au début du XVI° siècle dans une Allemagne déchirée par des conflits politiques et des dissensions religieuses. En commençant le livre j’ai eu peur de me retrouver plongé dans quelque chose que je ne connaissais pas et qui serait indigeste. Mais pas du tout, Jean-Pierre Bours réussit à mêler l’Histoire, les légendes et la fiction d’une façon très intéressante.

Pendant la lecture on côtoie Luther qui est entré en guerre contre l’Eglise de Rome qui pense plus aux choses matérielles qu’ à la spiritualité; Cranach qui recherche à tout prix la célébrité et assurer l’assise de sa postérité face à son concurrent et rival Albrecht Dürer; le docteur Faust, médecin érudit mais qui semble avoir acquit son savoir d’une manière pas tout à fait catholique (un petit pacte avec le Diable ?). Se retrouver au contact de ces personnages permet à Jean-Pierre Bours de nous montrer sa connaissance de cette période. Cela n’est pas fait d’une manière assommante et je regrette même de ne pas avoir eu sous les yeux les oeuvres citées pour accroitre l’immersion.

Indulgences est une belle réussite (malgré une fin « happy end » tout à fait prévisible) qui permet de se replonger dans une période de l’Histoire plutôt sombre.

masse_critique

Le Cycle de Cyann, tomes 1 et 2

cyann1Titre : Le Cycle de Cyann, tome 1 : La sOurce et la sOnde ; tome 2 : Deux saisons sur ilO

Scénario : François Bourgeon et Christian Lacroix

Dessin : François Bourgeon

Année : 1993 et 1997

L’histoire : Cyann Olsimar est fille d’un puissant seigneur vivant sur Olh. Les hommes de la planète sont  touchés par une fièvre rouge qui touche leur virilité avant de les faire mourir. Le pouvoir religieux accepte la mise en place d’une mission pour trouver un remède à la fièvre. Cyann, après de multiples tractations, est nommée chef de l’expédition.

Ce que j’en pense : J’ai commencé le Cycle de Cyann en me disant qu’il intégrerait bien le Summer Star Wars. Mais le temps a vite filé et c’était déjà fini.

Voilà un planet opera grande classe. Au niveau du scénario, j’ai l’impression que l’on cyann2se retrouve dans la même veine que Jack Vance. On suit Cyann, jeune fille qui pense plus à séduire et s’amuser qu’à faire quelque choses de sérieux de sa vie. Elle est vite agaçante à ne penser qu’à elle même, à prendre à la rigolade l’amitié que lui voue une jeune fille moins aisée. Son aventure va lui permettre d’évoluer, de mûrir. Elle va devoir faire face au machisme des dirigeant politiques et religieux qui régentent sa planète. Puis sur ilO, avec son équipe elle va faire face à un monde et à des autochtones dangereux. La mort sera toujours derrière une colline ou un arbre.

Il y a aussi la richesse et la complexité du système politique et religieux décrit.Il y a beaucoup d’imbrications entre les factions et parfois il est difficile de ne pas s’y perdre.

Le dessin de François Bourgeon y est aussi pour quelque chose. On a droit à des personnages féminins plantureux, par contre les personnages masculins sont assez fades; les décors sont riches en détails pour avoir une belle immersion.

Sans titre

La Traque, Roderick Thorp

la traqueTitre : La Traque ( River : A story of the Green River killings)

Auteur : Roderick Thorp

Editeur : Sonatine

Année : 2014

611 pages

L’histoire : 1982. Phil Boudreau, inspecteur à la Brigade des moeurs de Seattle, est appelé dans une des banlieues de la ville. On a retrouvé le cadavre d’une jeune fille et on ne lui demande qu’une chose : identifier la victime. Boudreau la reconnait comme une des jeunes prostituées qu’il a l’habitude de rencontrer dans son travail.

Boudreau pense à un suspect, Garrett Lockman, et fait un rapport à sa hiérarchie, rapport qui sera enterré. Mais les victimes vont se multiplier et Boudreau va se lancer dans une enquête clandestine.

Ce que j’en pense : J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un Masse Critique. Malgré certaines critiques impressionnées, j’ai eu du mal à accrocher à ce roman.

Roderick Thorp part d’un fait divers : au début des années 80 à Seattle un tueur en série a fait plus de cinquante victimes, principalement des prostituées. Le roman a pour objectif de raconter comment un flic obstiné a réussi à faire boucler le tueur alors que sa hiérarchie faisait tout pour enterrer l’affaire. Alors voilà avec  La Traque, on se retrouve avec un livre qui se situe entre deux genres : le thriller et le documentaire. Il est difficile alors de savoir jusqu’où va la réalité et ou commence la fiction.

On côtoie un flic solitaire, monomaniaque, en rupture avec sa hiérarchie et se collègues. Malgré tout ce qui lui arrive, souvent injuste, j’ai eu du mal à m’y intéresser. De l’autre côté il y a Lockman, être insaisissable à la fois dominateur, charmeur, manipulateur, menteur, pleurnicheur. Il a beau avoir été comparé à certains tueurs en série comme Ted Bundy, je l’ai trouvé sans grande particularité. A mes yeux c’est juste un mythomane déséquilibré comme on en voit de temps en temps. Lui il aura juste été jusqu’au bout de son idée.

Le format, plus de 600 pages, m’a paru surdimensionné pour ce roman. Une petite purge n’aurait pas fait de mal car certains passages n’apportaient pas grand chose ou bien étaient  répétitifs.

La Traque est un roman un peu long avec un récit qui n’offre pas beaucoup de surprises. D’une certaine manière heureusement qu’il y avait la fin qui offrait une certaine surprise avec un peu d’amoralité. Malgré cela, c’est décevant car je m’attendais à quelque chose de mieux vu les critiques positives.

masse_critique

Sphinx, Robin Cook

sphinxTitre : Sphinx

Auteur : Robin Cook

Editeur : France Loisirs

Année : [1979] 1981

281 pages

L’histoire : Erica Baron, une jeune archéologue américaine, débarque au Caire pour y faire des recherches. Dans un magasin d’antiquités, elle découvre une statue de Séthi 1er mais l’antiquaire est assassiné sous ses yeux.

Ce que j’en pense : J’ai déjà lu du Robin Cook et j’étais resté sur ma faim : personnages stéréotypés et intrigue téléphonée. Avec Sphinx j’ai tenté le diable. Je me suis dit un roman qui parle d’archéologie et d’Égypte ancienne ça ne peut que t’intéresser (j’ai toujours aimé cette civilisation). Mais pas de chance. Les connaissances égyptologiques étaient plutôt basiques et donc je n’ai pas appris grand chose.

Le pire ça a été les personnages. Erica Baron tout d’abord. Elle veut faire la femme indépendante en partant toute seule en Egypte à l’aventure. Je ne peux que l’en féliciter. Mais qu’est ce qu’il se passe dans sa tête quand elle rencontre Yvon et Ahmed, tous les deux séduisants dans leur genre. Elle devient inconséquente, presque dépendante de ses hormones. Et un tel évènement ce n’est pas pour valoriser les femmes. Les deux hommes gravitant autour d’Erica ont tous les deux intérêt à ce qu’Erica ne réussisse pas dans sa quête. Donc il y aura le lot de trahisons de leur part. Ils apparaissent comme les mauvais hommes cherchant à profiter de la faible Erica. Bon elle leur en remontrera quand même.

Ecrit il y a  trente cinq ans, je trouve que le roman a mal vieilli quand il aborde tout ce qui touche aux relations homme-femme.

Tyler Cross

tyler crossTitre : Tyler Cross

Scénario : Fabien Nury

Dessin : Brüno

Editeur : Dargaud

Année : 2013

L’histoire : Tyler Cross a braqué 17 kilos de cocaine appartenant à la Mafia. Il se retrouve seul au fin fond du Texas dans une ville qui est sous la coupe d’un magnat du pétrole et de ses fils.

Ce que j’en pense : Voilà une BD encore découverte aux détours des rayonnages de la bibliothèque et qui vaut vraiment le coup d’oeil. Les auteurs, avec le récit du voyage sanglant de Tyler Cross, mélangent les genres : roman noir, western.

Le dessin est parfois un peu répétitif quand il s’agit du visage des femmes. Mais certaines pages ne sont divisés qu’en quatre ou cinq cases ce qui permet au dessin de prendre une certaine dimension et de faire penser certaines fois à un film.

J’ai bien aimé la narration, en surplomb du récit, qui alterne tour à tour un ton ironique et un ton cynique. Les personnages peuvent sembler déjà-vu notamment dans des séries B mais là j’ai apprécié car j’ai eu mon lot d’amoralité et de violence.


Solomon Kane, Robert E. Howard

solomne kaneTitre : Solomon Kane

Auteur : Robert E. Howard

Editeur : Bragelonne

Année : [1928-1932] 2013

431 pages

L’histoire : Solomon Kane est un homme qui voyage à travers le monde et qui punit tous ceux qui martyrisent, terrorisent les faibles., ceux qui ne peuvent se défendre.

Ce que j’en pense : Je continue ma découverte de l’oeuvre de Robert E. Howard avec ce personnage énigmatique qu’est Solomon Kane.

A travers quelques nouvelles et poemes , j’ai découvert un personnage dont on ne saura jamais grand chose. Bien qu’il soit anglais, il n’hésite pas à se dire sans pays. On ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Il est juste Solomon Kane, un homme qui défend les faibles contres les injustes.

Il se déclare puritain et sert d’instrument au courroux divin. Mais cela est à relativiser car dans certaines nouvelles Kane est très proche de la folie. Lors de ses vengeances il va voyager de l’Angleterre, du Sud de la France à la jungle de l’Afrique noire. Afrique noire qui sert de cadre exceptionnel aux aventures de Kane. Dans ce cadre Howard peut faire apparaitre n’importe quel mythe (l’Atlantide) ou créature mythique (Harpie) sans que l’on cherche trop de vraisemblance. Cette Afrique est qauvage, inconnue et mystérieuse.

Comme pour Conan, j’ai trouvé le style de Howard très dynamique. Il peut y avoir quelques imperfections mais quand on est pris dans l’histoire on n’y prête plus trop attention.

Je suis content d’avoir découvert un héros (ou anti-héros) qui possède de nombreuses parts d’ombre, qui ne s’est toujours pas livré même si on a passé 300 pages avec lui.

Dans le texte : « Sa vie durant il avait parcouru le monde, venant en aide aux faibles, combattant l’oppression, sans jamais savoir pourquoi, ni même se poser la question. C’était son obsession, ce qui motivait toute sa vie. La cruauté et la tyrannie envers les faibles embrasaient son âme d’une colère noire, aussi féroce que tenace. Lorsque la flamme de sa fureur avait été attisée et qu’elle touchait à son paroxysme, il n’avait de cesse que sa vengeance soit consumée. Quand il lui arrivait de s’interroger sur sa conduite, il se disait qu’il accomplissait le jugement de Dieu, qu’il était un instrument du courroux divin, châtiant les êtres impurs. Pourtant Kane n’était pas vraiment un puritain, au sens plein du terme, même s’il se se considérait comme tel. »

Sans titreDark-fantasy-challengehoward1

Challenge Retour Vers Le Futur (RVLF)

Le Challenge Littérature de l’imaginaire arrive à son terme à la fin de l’année. Il en fallait un autre pour le remplacer. Alors je vous présente le Challenge Retour Vers Le Futur (RVLF) organisé par Lune.

ChallengeRVLF-Retourverslefutur(clic-clic pour avoir plus d’infos de la part de Lune)

Le principe est simple, il suffit de s’intéresser et de chroniquer tout ce qui peut toucher le voyage dans le temps. Cela concerne les roman, les nouvelles, les BDs, les films et les séries; c’est très étendu. Le challenge va se dérouler du 21 octobre 2014 au 21 octobre 2015.

Je me suis inscrit pour le niveau Doc Brown, c’est-à-dire douze chroniques et plus. Ce qui est tout à fait faisable en une année. J’ai déjà fait ma liste des romans et des films à chroniquer, ça fait un gros paquet.

1 – Les improbables, Kurt Steiner

2 – Edge of tomorrow

3 – La captive du temps perdu, Vernor Vinge

4 – Les Reîtres, Thierry Simon

5 – En attendant l’année dernière, Philip K Dick

6 – Histoires de voyages dans le temps

7 – Une porte sur l’été, Robert Heinlein

8 – Prisonniers du temps

9 – Le voyageur imprudent, Barjavel

10 – Looper

11 – Les masques du temps, Robert Silverberg

12 – Les armureries d’Isher, A.E. Van Vogt

Le singe de Hartlepool

le singe de hartlepoolTitre : Le singe de Hartlepool

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessin : Jérémie Moreau

Editeur : Delcourt

Année : 2012

L’histoire : En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage sur les côtes anglaises. Les habitants de Hartlepool découvrent dans les débris rejetés un singe en uniforme bleu qu’ils vont vite assimiler à un Français. La bêtise va vite se déchainer contre la pauvre bête.

Ce que j’en pense : Plusieurs fois j’ai vu des critiques positives au sujet de cette bande dessinée. L’ayant trouvé en bibliothèque, je m’y suis lancé. Je dois reconnaitre que je ne suis pas très fan de ce genre de dessin, que je trouve trop imprécis. Mais le contenu du récit m’a vite fait oublier cet aspect.

La BD raconte une légende supposée, enfin on ne sait pas bien où se situe vraiment la réalité historique. Donc  au début du XVIII° siècle un singe déguisé en soldat français se retrouve dans un village de ploucs anglais. Il va faire les frais de l’ignorance des autochtones. Leur caractère abêti est renforcé par un nationalisme exacerbé en temps de guerre et qui est stimulé par certains qui ne savent pas grand chose mais que l’on présente sans difficulté comme maitres de la connaissance. Même si le récit se situe dans un cadre historique daté, la description des comportements trouve un écho avec certains évènements actuels. Alors sans forcer on se retrouve avec une critique du nationalisme et de l’intolérance.