Purge, Sofi Oksanen

purgeTitre : Purge (Puhdistas)

Auteur : Sofi Oksanen

Editeur : Le Livre de poche

Année : [2008] 2012

429 pages

L’histoire : 1992. L’URSS est en train de s’effondrer. En Estonie, l’atmosphère est à la joie sauf chez la vieille Aliide qui craint les pillages. Un jour elle retrouve une jeune fille, Zara, dans son jardin. La jeune fille fuit des mafieux russes qui l’obligeaient à se prostituer. D’abord hésitante à l’accueillir, Aliide va finir par l’accepter et une amitié va naitre entre elles.

Ce que j’en pense : Après avoir lu Les Vaches de Staline il y a un peu plus d’un an, je me suis lancé dans Purge, le roman qui a fait connaitre Sofi Oksanen. Même si je l’ai lu après que le « buzz » soit passé, il a été difficile de faire abstraction de tout ce qui avait été dit et donc de faire une lecture objective.

C’est vrai que je ne me suis pas ennuyé car il y a un aspect théorique intéressant. On suit un demi-siècle de l’histoire d’une république soviétique, l’Estonie en l’occurrence, pays rural qui a subi la collectivisation des terres et un espionnage massif de sa population. La population se retrouve dans un soupçon généralisé car n’importe qui peut être accusé d’activités pro-occidentales, et dans une peur omniprésente, peur des hommes outils de la répression. Cete violence faite à une population est mise en parallèle avec la violence faite à Zara, obligée de se prostituer, dont le passeport a été confisqué. On ne peut qu’être touché par ce que vit Zara car c’est un un véritable cauchemar qu’elle vit, qui a une certaine actualité avec des thèmes dont on parle toujours. Par contre j’ai moins apprécié le personnage d’Aliide même s’il possède plus de complexité. Sans vouloir tout dévoiler, j’ai trouvé ce personnage hypocrite dans son comportement. Elle a bien sûr vécu des choses dégoûtantes mais elle n’a pas été la dernière à faire des saloperies. J’ai eu l’impression qu’à partir d’un certain moment elle s’est mise à vivre avec un certain cynisme.

A la fin quand j’ai appris quel était le lien entre les deux femmes, j’ai trouvé qu’on versait dans le mélodrame. Pour moi c’était trop gros de finir le roman comme ça.

Donc oui j’ai apprécié lire Purge avec ses destins tragique de deux femmes et son aspect historique intéressant mais la fin mélodramatique était un peu déplacée.

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Le Mur du silence, Hakan Nesser

Titre : Le Mur du silence

Auteur : Hakan Nesser

Editeur : Points

Année : [ 1997] 2008

331 pages

Note : 11/20

L’histoire : Le commissaire par interim d’une petite ville rurale reçoit des appels l’informant que deux filles ont disparu d’un camp de vacances à la réputation douteuse. Ne voulant pas faire l’objet de critiques, il appelle Van Veeteren, un policier que le commissaire qu’il remplace lui a dit d’appeler en cas de problème. Van Veeteren va se retrouver à enquêter sur une secte aux préceptes douteux alors qu’il pensait pouvoir partir en vacances.

Ce que j’en pense : Encore un enquêteur scandinave qui vient s’ajouter à la longue liste qui a envahi la France depuis quelques années.

Contrairement aux autres qui dans l’ensemble finissaient toujours par se ressembler : toujours les mêmes problèmes familiaux, les mêmes difficultés avec les horreurs vues au cours des enquêtes, Van Veeteren apparait comme moins déprimé (moins déprimant aussi). Il a l’avantage de faire un peu plus d’humour, d’avoir moins de sang-froid donc de ruer dans les brancards un peu plus souvent face à l’absurdité du comportement de certaines personnes (les suspects notamment). Il se rend aussi compte que son métier n’est plus fait pour lui , qu’il doit faire autre chose.

Mais si Van Veeteren change par rapport au stéréotype de l’enquêteur scandinave, l’intrigue est on ne peut plus classique : une intrigue qui tourne autour d’une secte d’illuminés croyant à la pureté de l’âme et au caractère néfaste qui les entoure. Secte qui s’articule autour d’un gourou lubrique, de ses assistantes dévouées corps et âme et de jeunes filles novices. Rien de bien neuf sous le soleil.

A une intrigue squelettique, il faut ajouter un dénouement très chanceux mais aussi décevant et puis une multiplication des personnages notamment du côté des forces de l’ordre. On se retrouve avec je ne sais pas combien de policiers, ça a été assez facile de s’y perdre car aucun ne semble être plus intéressant que les autres.

Donc un roman pas désagréable à lire mais pas forcément transcendant.

Sous un autre jour, Jens Christian Grondahl

Titre : Sous un autre jour

Auteur : Jens Christian Grondahl

Editeur : Gallimard

Année : [2002] 2005

372 pages

Note : 9/20

L’histoire : Irene Beckman croyait être une femme comblée dans sa vie bien réglée. Par erreur elle tombe sur un message téléphonique qui lui apprend que son mari lui est infidèle. Sa mère qui doit subir une opération sous anesthésie générale risquée lui confie une enveloppe à n’ouvrir qu’après sa mort. Irène ouvre tout de même l’enveloppe et découvre qui est l’homme qui serait son vrai père.

Ce que j’en pense : Les romans de Grondahl attiraient mon regard depuis plusieurs semaines dans les rayonnages de la bibliothèque. Je me suis lancé sur Sous un autre jour. Je n’ai pas du tout accroché à l’histoire de ce roman ni à ses personnages.

L’histoire m’a plu dans le résumé mais quand j’ai commencé j’ai trouvé que l’histoire était longue à se mettre en route à cause de nombreux flashbacks.

Le personnage d’Irene est difficile à saisir, on ne peut pas la plaindre lorsqu’elle apprend que son mari la trompe parce qu’elle l’a déjà trompé, quand il décide de la quitter elle décide d’un coup qu’elle ne l’a jamais aimé. Alors même si elle part à la recherche de son vrai père, même si elle à la recherche de son identité, elle ne réussit pas à être attachante.

Je ne sais pas si je continuerai à me tourner vers cet auteur par peur d’être déçu une fois de plus.

Katrina, Sally Salminen

katrinaTitre : Katrina

Auteur : Sally Salminen

Edition : J’ai lu

Année : 1969 [1945]

433 pages

L’histoire : Katrina vit en Finlande dans une famille prospère. Un jour elle rencontre un marin qui lui fait croire qu’il est riche. Naïve, elle se marie et le suit sur son île. Là elle découvre qu’il est en bas de l’échelle sociale. Par fierté elle refuse de repartir dans sa famille et décide de mener sa vie ici même si celle-ci sera difficile, menée par la pauvreté et la tristesse.

Ce que j’en pense : Dès les premières pages, je savais quelle serait la vie de Katrina. Une cahute misérable, un mari absent une grande partie de l’année, le travail à peine rémunéré et obligatoire pour les notables de l’île, des enfants élevés dans des conditions très difficiles.

Alors assez vite j’ai peu apprécié ce personnage qui se laissait avoir aussi facilement et qui par fierté préférait s’engluer dans la médiocrité plutôt que de reconnaitre qu’elle s’était trompée. Ce personnage qui reste avec une mentalité de paysan, qui n’accepte pas le progrès, l’évolution de l’histoire. La vie de Katrina est une sorte de catalogue des pires choses qui peuvent arriver dans une vie.

Malgré tout j’ai apprécié que Katrina ne se laisse pas faire par les notables de l’île, qu’elle préfère être dans la galère plutôt que de devoir accepter leur aide matérielle ou financière.

Sa fierté l’a amenée à une vie difficile mais elle lui permet aussi d’obtenir le respect de la part des notables.

Au delà du récit de la vie de Katrina, le roman permet de se rendre compte qu’au début du XX° siècle, en pleine Europe, il était possible de trouver des relations sociales dignes du Moyen-Âge.

Les Chaussures italiennes, Henning Mankell

les chaussures italiennesTitre : Les chaussures italiennes

Auteur : Henning Mankell

Edition : Seuil

Année : 2009

340 pages

L’histoire : Depuis dix ans, Fredrik Welin vit isolé sur une île de la Baltique. Il s’est coupé du monde à la suite d’une erreur médicale qui a mis fin à sa carrière. Sa solitude est brisée lorsque réapparait Harriet, une femme aimée et abandonnée quarante ans auparavant. Cette réapparition va permettre à Fredrik de reprendre le fil de sa vie qui s’était interrompu depuis dix ans.

Ce que j’en pense : C’est par le biais de ses romans policiers mettant en scène le commissaire Wallander que Henning Mankell s’est fait connaitre du grand public. Ici il délaisse Wallander pour écrire un récit sur un homme qui s’est presque arrêté de vivre pour des raisons peut-être pas forcément valables.

Fredrik fait face à des situations que l’on pourrait trouver étranges. Mais elles sont juste étranges, il n’y a pas le petit truc qui permettrait de ne pas trouver fades certains passages du récit.

Autour de Fredrik gravitent des personnages qui sont tous ou trop sérieux ou trop tragiques. Ceux-ci font relativiser la situation de Fredrik par le pire. Même le personnage du facteur hypocondriaque, qui pourrait amener un peu de légèreté, est déprimant.

Peut-être qu’en raison du contexte, j’ai été plus touché par le récit d’Harriet qui attend sa mort, car elle est atteinte d’un cancer et qui essaye de donner du sens et du contenu à ce qui lui reste à vivre.

Dans le texte : « Je n’ai jamais aimé un homme comme je t’ai aimé. C’est pour ça, pour retrouver cet amour-là, que je suis venue te chercher. Et pour que tu retrouves la fille que je t’avais enlevée. Mais surtout, plus que tout le reste, je voulais mourir près de l’homme que j’avais aimé. C’est vrai aussi que je n’ai jamais haï un homme autant que je t’ai haï. Mais la haine fait mal, et la douleur, j’en ai déjà plus qu’il ne m’en faut. L’amour donne une fraicheur, un calme, peut-être même une sécurité, qui rend la rencontre avec la mort moins effrayante« .

Les Vaches de Staline, Sofi Oksanen

les vaches de stalineTitre : Les Vaches de Staline

Auteur : Sofi Oksanen

Editeur : Stock – La Cosmopolite

Année : 2011

512 pages

Note: 2,5/5

L’histoire : Une mère et sa fille, estoniennes qui ont émigrées en Finlande lors de l’ère soviétique, racontent leurs histoires.

L’une raconte comment elle a rencontré son fiancé finlandais comment elle l’a suivi en Finlande. L’autre, la fille, relate sa relation problématique avec la nourriture qui semble refléter un problème d’identité.

Ce que j’en pense : Sofi Oksanen est une auteure qui a connu un grand succès critique avec Purge (qui est dans ma PAL), ici Les Vaches de Staline est le premier roman qu’elle a écrit.

Les Vaches de Staline est un roman au double récit. Il faut un certain temps pour situer les narratrices dans le temps donc il faut un certain temps pour pouvoir rentrer dans le récit. Une fois que j’ai été dedans j’ai été partagé. L’un m’a paru plus intéressant que l’autre.

Un récit sous l’URSS avec sa grande guerre patriotique, son lot de trahisons, trahisons à l’égard du système mais qui servent tout de même des intérêts particuliers. Un deuxième récit plus contemporain, concernant l’anorexie, qui est une réponse au récit que la mère peut faire. Mais j’avoue que les prises de tête de la fille concernant la nourriture, qui ne sont qu’une manière de s’affirmer par rapport à sa mère m’ont fait chier

Je l’ai fini pour voir si la fille allait s’en sortir (un peu de masochisme) et parce que je voulais voir comment cela se passait du côté de la Finlande pendant l’URSS.

D’autres avis chez Emeraude, Sharon, Miss Léo, Shelbylee, Les Fanas de livres, Adalana.

Dans le texte :

 » Selon ma thérapeute, j’avais dû me sentir affreusement mal, quand ma famille de l’autre côté de la frontière s’était retrouvée devant des comptoirs vides, pendant que moi j’avais tout.

Mais je n’avais pas tout.

Mon monde à moi, il était ailleurs.

Pourquoi vous n’arrêtez pas de me répéter que la nourriture est « tout »? Mon cœur sait bien que ce n’est pas le cas.« 

La Princesse des glaces, Camilla Lackberg

La princesse des glacesTitre : La princesse des glaces

Auteur : Camilla Lackberg

Editeur : Actes Sud

Année : 2008

381 pages

Note : 2,5/5

L’histoire : En plein hiver, une jeune femme est retrouvée, les veines ouvertes, dans sa baignoire gelée. L’autopsie révèle qu’elle a été droguée. La population se pose la question : suicide ou meurtre ? Erica Falck, amie d’enfance de la victime, va enquêter sur cette mort. Au cours de son enquête elle va retrouver Patrik, qui mène l’enquête pour la police, un amoureux de son enfance qui n’a jamais osé lui déclarer sa flamme.

Ce que j’en pense : J’avais déjà pu voir des romans de Camilla Lackberg dans les mains de collègues étudiants il y a quelques années, au début la vague des romans policiers scandinaves.

L’histoire en elle même n’est pas hyper originale : des familles qui ne peuvent pas se blairer, des secrets qui empoisonnent les relations, un amoureux qui va se révéler.

Il y a une histoire de femme battue, de mari tyrannique, de violence à l’égard des femmes. Thème qui fait un peu écho à l’ensemble de la trilogie Millénium.

Il y a autour de Patrik un groupe de policiers qui peuvent être attachants mais détestables, des fois j’ai eu l’impression que les traits de caractère étaient très forcés. Franchement être aussi con que Bertil ce n’est presque pas imaginable.

Dans l’ensemble ça se lit facilement, ça donne de bons moments mais ce n’est pas très transcendant.

La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson

millenium3Titre : La reine dans le palais des courants d’air

Auteur : Stieg Larsson

Editeur : Actes Sud

Année : 2007

710 pages

L’histoire : Lisbeth a retrouvé Zalachenko qu’elle salement amoché d’un coup de hache dans la figure. Ils arrivent tous les deux à l’hôpital dans un état critique. D’un autre côté les renégats de la Sapö commencent un travail pour décrédibiliser Salander. Mais un groupe de policiers et d’agents secrets mené par Blomkvist prépare la riposte pour faire la lumière sur l’affaire Salander.

Ce que j’en pense : Ce troisième volet est la suite directe de Millénium 2, on reprend l’action là où elle s’arrêtait dans le précédent.

Pour ma part je l’ai trouvé nettement plus rythmé que le numéro 2.

On se rend compte des ramifications que l’histoire Salander peut engendré : un transfuge du KGB, des barbouzes voulant protéger à tout prix la démocratie mais qui par leur action la mettent plutôt en danger.

Ce qui pouvait être considéré comme une histoire de violence contre une femme s’est vite transformée en affaire d’Etat.

Avec le harcèlement que subit Erika Berger, on retrouve le fil rouge de la trilogie qui est la violence faite aux femmes sous toutes ses formes. Car plus qu’un thriller, Millénium peut être vu comme un roman sociologique.

Au final c’est une trilogie intéressante même s’il y a un petit bémol pour le deuxième volume.

La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, Stieg Larsson

millenium2Titre : La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

Auteur : Stieg Larsson

Editeur : Actes Sud

Année : 2006

652 pages

L’histoire : La revue Millénium se voit proposer un sujet sur les trafics de femmes en Suède. Les journalistes vont commencer à travailler pour réaliser un numéro spécial. Mais l’un d’entre eux va être assassiné. Lisbeth Salander est accusée du meurtre. La police lance alors une chasse à l’homme gigantesque.

Ce que j’en pense : Deuxième volet de la trilogie, on y retrouve les deux principaux personnages, Blomkvist et Salander. On apprend un peu plus sur l’histoire de Salander, ce qui permet de comprendre pourquoi elle est comme elle est. Sa complexité, sa morale à elle qui peut sembler à des kilomètres moraux de la société sont appréciables.

Le récit est une enquête pour déterminer si Salander est innocente ou pas. C’est dommage qu’il y ait une multiplication des enquêtes, fatalement il y a des redites un peu pesantes.

Ceux qui se posent la question de savoir si Lisbeth survit sont ceux qui n’ont pas lu le roman jusqu’à la fin. Je pense que si Stieg Larsson avait voulu créer un suspense sur sa mort, il n’aurait pas continué après son inhumation vivante.

A la fin bien peu des mauvais sont punis, on se doute que la bataille va devoir continuer.

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson

millenium1Titre : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Auteur : Stieg Larsson

Editeur : Babel Noir

Année : 2006

705 pages

L’histoire : Michael Blomqvist, journaliste au mensuel Millénium, est condamné pour diffamation à l’égard d’un riche industriel. Il décide de prendre un peu de recul par rapport à la vie journalistique, il est alors contacté par Enrik Vanger qui le charge de trouver ce qui a pu arriver à sa nièce, disparue 40 ans auparavant.

Ce que j’en pense : Bon tout le monde connaît Millénium, son succès d’édition, ses adaptations suédoise et américaine (ils n’ont pas pu s’en empêcher) au cinéma, les dissensions autour de la succession de Stieg Larsson. Je sais que je m’y suis mis sur le tard, mais autant laisser passer tout le buzz qu’il y a pu y avoir autour.

Ce premier volume mélange intrigue policière et intrigue financière. A la lecture je me suis rendu compte que l’aspect policier n’avait qu’un caractère secondaire, c’est tout ce qui tourne du journal Millénium qui est le plus important, certains éléments vont sûrement entraîner des ramifications dans les deux autres volumes.

Blomqvist est le personnage principal, à première vue, mais Lisbeth a plus de richesse, de complexité. Purement asociale, elle est insaisissable. Mais comme j’ai pu m’en rendre compte à la lecture des deux autres volumes, Salander représente par son histoire les violences qui peuvent être faites aux femmes.