Le guide Howard, Patrice Louinet

guide howardTitre : Le guide Howard

Auteur : Patrice Louinet

Editeur : ActuSF

Année : 2015

277 pages

Ce que j’en pense : Robert E. Howard, le créateur de Conan, la culture populaire ne connait quasiment que cela de lui. Mais cela n’est qu’une petite partie de son œuvre et qui a été largement dénaturée par les comics ou le cinéma.

Ce guide permet de découvrir les personnages qui jalonnent l’œuvre de Howard. Il permet de mettre aussi fin aux idées fausses propagées par un Sprague de Camp qui aura réécrit de nombreuses nouvelles de Howard. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il a modifié l’œuvre de Howard, rédigé des articles biographiques trompeurs sur la vie de Howard. Peut-être l’opportunisme et passer pour un spécialiste et protecteur de l’œuvre de Howard.

Il permet aussi de découvrir l’homme derrière les nouvelles, qui les écrivait pour se nourrir. Mais qui avec le temps a écrit d’une manière plus riche. Même si Howard écrivait des pulps, il était un acharné du travail.

Je connaissais un peu l’œuvre et le personnage de Howard, mais ce guide condense de nombreuses informations et donne bien sûr envie de se lancer dans les volumes récemment publiés par Bragelonne avec la collaboration de Patrice Louinet.

Conan, Robert E. Howard

conanTitre : Conan

Auteur : Robert E. Howard

Editeur J’ai lu

Année : [1967] 1992

253 pages

L’histoire : Conan est un Cimmérien qui n’a qu’une quinzaine d’années et qui a été réduit en esclavage. Il réussit à s’évader et va commencer à exercer le métier de voleur pour pouvoir survivre.

Ce que j’en pense : Ce recueil de nouvelles de Conan chez J’ai lu est le premier de l’intégrale voulue par de Camp. Depuis il y a eu une réédition bien plus raisonnée chez Bragelonne. Car il est un peu mensonger de voir Robert E. Howard sur la couverture et découvrir que sur les huit nouvelles seulement trois sont de lui. Les autres ont été remaniées, réécrites par de Camp, voire créées de toutes pièces par de Camp et Carter. un tel procédé m’interroge sur le respect de l’oeuvre créée par Howard.

D’un autre côté cela permet de distinguer les différences de style entre les auteurs. Howard a son style, qui une fois qu’il est repéré, fait plaisir à lire. Par contre quand de Camp et Carter essayent de copier Howard ça donne quelque chose de plutôt pitoyable. Ils introduisent des élément « raciaux » qui finissent par mettre mal à l’aise car cela s’éloigne trop de ce que pouvait faire Howard.

Après il est toujours plaisant de relire des aventures de ce barbare taillé comme un bûcheron et souple comme un félin. Même si les nouvelles ont à peu près la même structure, je suis content de voir Conan déjouer des pièges mortels, taillader des monstres inimaginables, tenir la dragée haute à des sorciers trop imbus de leurs pouvoirs.

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Dark-fantasy-challenge52 semaines

Idée 14 : une épée

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Solomon Kane, Robert E. Howard

solomne kaneTitre : Solomon Kane

Auteur : Robert E. Howard

Editeur : Bragelonne

Année : [1928-1932] 2013

431 pages

L’histoire : Solomon Kane est un homme qui voyage à travers le monde et qui punit tous ceux qui martyrisent, terrorisent les faibles., ceux qui ne peuvent se défendre.

Ce que j’en pense : Je continue ma découverte de l’oeuvre de Robert E. Howard avec ce personnage énigmatique qu’est Solomon Kane.

A travers quelques nouvelles et poemes , j’ai découvert un personnage dont on ne saura jamais grand chose. Bien qu’il soit anglais, il n’hésite pas à se dire sans pays. On ne sait pas d’où il vient, ni qui il est. Il est juste Solomon Kane, un homme qui défend les faibles contres les injustes.

Il se déclare puritain et sert d’instrument au courroux divin. Mais cela est à relativiser car dans certaines nouvelles Kane est très proche de la folie. Lors de ses vengeances il va voyager de l’Angleterre, du Sud de la France à la jungle de l’Afrique noire. Afrique noire qui sert de cadre exceptionnel aux aventures de Kane. Dans ce cadre Howard peut faire apparaitre n’importe quel mythe (l’Atlantide) ou créature mythique (Harpie) sans que l’on cherche trop de vraisemblance. Cette Afrique est qauvage, inconnue et mystérieuse.

Comme pour Conan, j’ai trouvé le style de Howard très dynamique. Il peut y avoir quelques imperfections mais quand on est pris dans l’histoire on n’y prête plus trop attention.

Je suis content d’avoir découvert un héros (ou anti-héros) qui possède de nombreuses parts d’ombre, qui ne s’est toujours pas livré même si on a passé 300 pages avec lui.

Dans le texte : « Sa vie durant il avait parcouru le monde, venant en aide aux faibles, combattant l’oppression, sans jamais savoir pourquoi, ni même se poser la question. C’était son obsession, ce qui motivait toute sa vie. La cruauté et la tyrannie envers les faibles embrasaient son âme d’une colère noire, aussi féroce que tenace. Lorsque la flamme de sa fureur avait été attisée et qu’elle touchait à son paroxysme, il n’avait de cesse que sa vengeance soit consumée. Quand il lui arrivait de s’interroger sur sa conduite, il se disait qu’il accomplissait le jugement de Dieu, qu’il était un instrument du courroux divin, châtiant les êtres impurs. Pourtant Kane n’était pas vraiment un puritain, au sens plein du terme, même s’il se se considérait comme tel. »

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Conan, Robert E. Howard

conanTitre : Conan

Auteur : Robert E. Howard

Editeur : Milady

Année : 2011

506 pages

L’histoire : Conan est un Cimmérien, un barbare venant des provinces du Nord. Il roule sa bosse en tant que voleur, pirate, chef de clan, capitaine de la garde d’un roi, coureur des bois à la recherche de richesses et de trésors. Sur son chemin il va trouver des sorciers, des créatures monstrueuses, des barbares plus bestiaux que lui qu’il n’hésitera pas à trucider.

Ce que j’en pense : A l’occasion du remake de Conan en 2011 par Marcus Nispel avec Jason Momoa, Milady a édité ce recueil des meilleures nouvelles de Conan, ce qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur le personnage.

Conan est un personnage forgé pour l’aventure et le combat. « C’était presque un géant par la taille; ses muscles saillaient nettement sous sa peau tannée par le soleil. »

Contrairement aux hommes civilisés, Conan n’a peur de rien et il est quasiment inarrêtable dans le combat.  » Le Cimmérien était un éclair d’acier aveuglant sans cesse en mouvement: les lances étaient déviées par sa cuirasse ou ne rencontraient que le vide. Son épée avait entonnée son chant de mort.. La folie guerrière de sa race l’avait envahi et une brume rouge de fureur démentielle flottait devant ses yeux embrasés! Il fendait des crânes en deux, fracassait des entrailles, et il transforma la scène en abattoir, jonchant le pont d’une horrible moisson de cervelle et de sang.« 

Car avec Conan on se retrouve dans un monde violent, où la folie ne traine jamais loin, Conan apparaitrait à certains moments comme un enfant de chœur. Conan est un personnage assez sombre, qui ne croit pas en grand chose : il sait qu’il n’a pas grand chose à attendre de ses dieux et surtout du premier d’entre eux Crom ; qui est toujours en mouvement, sans attache, motivé par le gain à première vue mais c’est plutôt le plaisir de tuer qui l’anime.

Robert E. Howard peut avoir un style un peu lourd, presque grandiloquent, cela se retrouve surtout dans les descriptions. Le défaut de Conan, c’est son caractère originel : c’est d’être un personnage de pulp. Publié sous forme de nouvelle, il n’évolue quasiment pas. Chaque nouvelle pourrait être vue comme unique car on y retrouve toujours les mêmes éléments.

Si on accepte de se retrouver dans un monde de barbares, violent, sanglant et pessimiste, je crois que Conan, encore peu connu à l’écrit, peut plaire à ceux qui apprécient la fantasy.

« La barbarie est l’état naturel de l’humanité. La civilisation n’est pas naturelle. Elle résulte simplement d’un concours de circonstances. Et la barbarie finira toujours par triompher.« 

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