Ciel brulant de minuit, Robert Silverberg

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L’histoire : XXIV° siècle, à cause de l’effet de serre, le réchauffement climatique est à son comble. Des scientifiques tentent de trouver une solution en adaptant génétiquement  l’homme à son environnement. Mais certains sont conscients que l’avenir de l’homme se trouve parmi les étoiles.

Ce que j’en pense : Écrit au début des années 90, il est sûr que le roman de Silverberg cherche à coller aux préoccupations écologiques de cette période. Il nous décrit un monde dévasté par le réchauffement climatique, que ce soit l’environnement ou l’humanité. Celle-ci vit sous la domination de mégafirmes qui dans leur fonctionnement réinstaurent une hiérarchie sociale très clivante. Les salariés sont classés par niveau en fonction de leurs compétences, leur mode de penser et de fonctionner, cela n’est pas sans rappeler les classes de l’Ancien Régime.

Mais Silverberg ne s’arrête pas à la description de ce monde futur, il dévie vers la modification de l’ADN, de la modification du corps intra-utérin. Ces pans du roman se tournaient vers la hard-SF et j’ai trouvé cela un peu lourd.

Comme dans tous les romans de Silverberg, il est normal de retrouver une grande présence de la sexualité. Je trouve quand même dommage qu’il n’y ait qu’un seul personnage dévolu au rôle de satisfaction sexuelle et que ce soit un personnage féminin.

En fait ce qui déçoit dans son roman, c’est que j’ai eu l’impression qu’il voulait nous parler de beaucoup de choses mais qu’à la fin ça donnait un ensemble un peu indigeste.

Dans le texte :

 » Tous ces efforts, cette laborieuse progression depuis les origines, et à quoi cela avait-il abouti ? A une civilisation si avancée qu’elle avait réussi à rendre invivable son propre environnement. Une espèce si intelligente qu’elle avait inventé une infinité de moyens ingénieux pour souiller son propre nid.« 

 » Une si jolie planète. Un pur joyau. Dommage de l’avoir saccagé comme nous l’avons fait. D’avoir souillé, pendant des siècles le nid de notre espèce , par notre inqualifiable stupidité, d’avoir fait de ce monde merveilleux et peut-être unique un objet d’horreur. Qui poursuit aujourd’hui tout seul sa transformation, avec une puissance qui échappe à notre contrôle, de sorte que nous n’avons plus guère d’autre solution que nous transformer nous-mêmes si nous voulons vivre si nous voulons continuer à y vivre.« 

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La tour de verre, Robert Silverberg

la tour de verreTitre : La tour de verre

Auteur : Robert Silverberg

Editeur : Le livre de poche

Année : [1970] 2003

317 pages

L’histoire : Siméon Krug est riche et il a de grandes ambitions. Il a donné à l’humanité les androïdes, des êtres humains synthétiques qui aident l’homme dans sa vie de tous les jours. Krug a décidé de construire une tour de verre pour de 1500 mètres de haut pour envoyer des signaux vers une région d’une nébuleuse éloignée. Mais Krug va devoir faire face à l’adoration que les androïdes lui vouent.

Ce que j’en pense : J’avoue qu’avec Robert Silverberg il est quand même difficile d’être déçu tan ses romans posent de nombreuses interrogations.

Ici avec Krug, on se retrouve face à un personnage qui sans le vouloir se rapproche de Dieu. Il est à l’origine des androïdes, les Nés-de-la-Cuve. Bien sûr ces androïdes sont divisés en classes sociales très rigides pour pouvoir ressembler le plus possible aux être humains. Tout ce qui leur manque pour être des humains est la capacité de reproduction. Les androïdes vouent un culte à Krug et se sont crées une religion à partir du personnage de Krug.

Mais Krug, même s’il a créé une nouvelle sorte d’êtres humains ne reste qu’un homme. Sa tour de verre n’est qu’une tour de Babel qu’il cherche à dresser vers des hypothétiques entités extraterrestres. Tour qui sera détruite car son initiateur était trop présomptueux ou bien qu’il n’a pas su répondre aux attentes des androïdes.

La tour de verre pose de nombreux questionnements sur la divinité, sur les croyances possibles d’êtres créés artificiellement. De manière plus générale, Robert Silverberg interroge la notion d’humanité, où elle commence et où elle s’arrête.

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Les masques du temps, Robert Silverberg

les masques du tempsTitre : Les masques du temps

Auteur : Robert Silverberg

Editeur : Le livre de poche

Année : [1969] 1977

399 pages

L’histoire : Un an avant l’arrivée de l’an 2000, un homme qui prétend venir du futur apparait à Rome. L’humanité va alors être divisée en deux : l’une va tenir un nouveau prophète; l’autre veut profiter connaissances de ce voyageur qui vient de 2999 . Mais Vornan-19 n’a voyagé dans le passé que pour faire du tourisme et passer du bon temps.

Ce que j’en pense : Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman de Silverberg. Celui-ci tombait juste dans le cadre du challenge RVLF. Le voyage dans le temps est un moyen pour avoir une confrontation entre les habitants de la fin du XX° siècle et le voyageur de 2999.

L’apparition de Vornan-19 entraîne un culte de la personnalité de la part d’une humanité qui cherche à être rassurée sur son avenir. Le pouvoir politique et scientifique va essayer de récupérer le maximum d’informations de Vornan. Le problème est que Vornan ne va pas répondre aux attentes des gens. Car il ne sait pratiquement rien. Il ne sait rien de ce qu’il s’est passé entre 2000 et 2999. Il ne sait pas sur quels principes est fondé son voyage dans le temps. Lui il vient dans le passé pour découvrir la vie de la fin du XX° siècle sans véritable objectif scientifique. Il passe la plupart de son temps à visiter et à coucher avec tout ce qui bouge en profitant de son statut de voyageur du futur.

Le roman met un certain temps à se mettre en route. Le narrateur, qui fera partie du comité d’encadrement de Vornan, nous parle de ses amis qui n’auront pas forcément une très grande importance dans le reste du récit. Et puis le récit est grandement empreint de sexualité. Dès qu’une fille apparaît, elle est détaillée comme un morceau de viande. Le mouvement apocalypsiste ne fait que s’envoyer en l’air en attendant la fin du monde. Phénomène qui est accentué lorsque l’on se rend compte de ce pourquoi Vornan est venu.

Les masques du temps est un roman qui met un certain temps à démarrer. Une fois qu’il est lancé, il aborde le thème du messianisme avec beaucoup de sexualité, ce qui d’une certaine façon peut-être dérangeant car ce n’est pas forcément ce à quoi je m’attendais.

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Le Nez de Cléopâtre, Robert Silverberg

Titre : Le nez de Cléopâtre

Auteur : Robert Silverberg

Editeur : Folio

Année : 2001

343 pages

Note : 15/20

L’histoire : Six récits uchroniques ou consacrés au réalités parallèles.

Ce que j’en pense : Comme ce recueil ne contient que six nouvelles, je vais faire une petite critique pour chacune d’entre elles.

  1. Légendes de la forêt Veniane : l’Empire romain ne s’est pas effondré avec les invasions barbares mais il s’est étendu au monde entier et perdure toujours. Le contexte historique est assez peu développé, Silverberg profite de la nouvelle pour raconter une légende destinée à faire peur aux enfants.
  2. Le Traité de Düsseldorf : un extraterrestre a pour mission de changer le cours de l’Histoire pour que l’Homme n’évolue pas trop rapidement et pour préserver la suprématie de sa civilisation extraterrestre sauf que … . Cette nouvelle mêle à la fois uchronie et réalités parallèles. Elle peut paraitre un peu fouillis mais la pirouette finale m’amène a penser que quand ça doit se réaliser , ça doit se réaliser; on peut faire n’importe quoi pour dévier le cours des choses, ça arrivera.
  3. Tombouctou à l’heure du Lion : l’épidémie de peste de 1348 a décimé les trois quarts de l’Europe occidentale. Les nouvelles puissances sont l’Empire ottoman et le royaume Shongaï d’Afrique. Cette nouvelle est sûrement la plus aboutie, sa longueur plus conséquente que les autres permet de rentrer dans plus de détails. En tout cas c’est la nouvelle la plus réussie des six.
  4. Le sommeil et l’oubli : un spécialiste de l’Orient est contacté par un de ses amis qui a mis au point une machine permettant de converser avec des personnes décédées depuis longtemps. Il arrive à être mis en contact avec celui qui aurait dû être Gengis Khan. Avec celle-ci on se dirige un peu plus franchement vers les réalités parallèles. Mais on ne sait pas bien si ça en est vraiment une et ça semble étrange qu’elle soit différente de la nôtre, alors on essaye de la modifier pour qu’elle ressemble à la nôtre.
  5. Entre un soldat, puis un autre : un génie de l’informatique réussit à créer les intelligences artificielles de Pizarre et de Socrate et les fait converser ensemble. Ici on quitte l’uchronie. On se retrouve avec deux personnages qui ont vécu à plusieurs siècles d’intervalle mais discutent ensemble. Ça donne un duel intellectuel sympa mais qui m’a laissé sur ma fin.
  6. Basileus : un informaticien réussit à conserver dans son ordinateur des anges. Une manie qui va l’amener à réaliser un catclysme. Cette dernière nouvelle est celle que j’ai le moins apprécié. Je l’ai trouvé bizarre et elle ne collait pas vraiment avec les autres récits.

Voilà, comme dans tous les recueils de nouvelles il y a des choses que l’on aime et d’autres que l’on apprécie moins. A part les deux dernières, je peux reconnaitre que j’ai apprécié de lire encore une fois Silverberg.

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