Wunderwaffen tomes 1 à 3, Nolane/ Maza

wunderwaffen-1L’histoire : 1946, les armes volantes nazies déciemnt les forces alliées. Malgré la défaite du Japon, la guerre continue en Europe. Walter Murnau, pilote exceptionnel de la Lutwaffe, vole sur ces Wunderwaffen. Il est décoré par Adolf Hitler, qui lui inspire du dégoût et pour la propagande le voilà surnommé « le pilote du Diable ».

Ce que j’en pense : L’uchronie connait un grand développement dans le domaine de la BD (Jour J, Le Grand Jeu, W.W 2.2, Block 109 …) alors qu’en terme de roman elle ne dit que rarement son nom, comme si c’était répréhensible d’écrire une uchronie en littérature.

Ce qui peut être intéressant avec cette série c’est la mise en scène des wunderwaffen, les armes « suprêmes » qui devaient assurer le retournement de la guerre mais qui n’ont jamais existé en fin de compte. Leur apparition permet de se retrouver face à des combats aériens dynamiques et plutôt sympas à suivre.

wunderwaffen-2Je suis plus réservé sur l’utilisation d’un héros de guerre qui n’apprécie pas le leader suprême mais qui reste tout de même patriote. Un tel ressort scénaristique est assez commun et on pourrait faire une longue liste des romans ou BDs qui utilisent de près ou de loin cette trame.

Ce qui est dommage aussi c’est l’introduction d’une petite dose de mysticisme avec ce pilote trompe-la-mort et qui a des expériences de mort imminente. Ça intéresse l’ Ahnenerbe, cet institut de recherche qui avait pour but de valider les théories nazies sur la supériorité de la race aryenne en utilisant l’archéologie et l’anthropologie.

 

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Le Maitre du Haut Château, Philip K. Dick

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L’histoire : En 1947, les Alliés ont capitulé devant les forces de l’Axe. Les Etats-Unis sont divisés en deux par les vainqueurs : l’Est à l’Allemagne, l’Ouest au Japon.

La vie semble avoir repris un cours normal pour les Américains. Elle est rythmée par l’usage du Yi-King, un livre d’oracle importé par les Japonais.

Un jour, le quotidien est perturbé par la publication d’un roman qui décrit la victoire des Alliés.

Ce que j’en pense : C’est la deuxième fois que je lis Le Maitre du Haut Château, une des œuvres maitresses dans la bibliographie de Philip K. Dick.

Quand tu entres dans l’adolescence et que tu lis ce roman, tu n’es pas capable d’en saisir toutes les subtilités, surtout ce qui concerne le caractère uchronique du récit. Par contre à passés trente ans, tu es plus sensible au contenu du récit.

Au premier abord, Le Maitre du Haut Château est un roman uchronique L’histoire a dévié avec la victoire des forces de l’Axe. C’est l’occasion pour avoir une description des relations tendues entre Américains et Japonais, relations empreintes de domination et de racisme latent. Les relations sont aussi tendues entre les vainqueurs. Ils essayent de régler leurs différends par la voie diplomatique mais les coups tordus que l’on veut garder secrets  existent tout de même. Les nazis sont tellement retors et mauvais que les Japonais passeraient pour des enfants de chœur. On passe sous silence les crimes de guerre des Japonais. Mais c’est vrai nous sommes dans une autre réalité.

Mais dans les dernières pages du roman, le livre des oracles révèle que la réalité telle que décrite n’existe peut-être pas en fait, les alliés ont gagné la guerre, ce qui était une fiction dans un roman est une réalité. Alors on se retrouve avec une uchronie dans l’uchronie. Or le roman se finit avec cette révélation et de manière abrupte. Je voulais poursuivre l’exercice de réflexion. Et cela me déçoit, surtout pour un livre qui est présenté comme un incontournable en uchronie.

ABC imaginaire 2016

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Prix Hugo 1962

Le Guide de l’uchronie, Karine Gobled et Bertrand Campéis

guide uchronieTitre : Le Guide de l’uchronie

Auteurs : Karine Gobled et Bertrand Campéis

Editeur : ActuSF

Année : 2015

346 pages

Ce que j’en pense : Presque un an qu’il trainait dans ma bibliothèque. Mais le problème avec un tel guide c’est que ça ouvre de nombreuses portes vers de nouvelles lectures, presque trop nombreuses. Car le guide balaie tous les domaines où peut se retrouver l’uchronie, principalement en termes de romans, BD et cinéma. En étudiant les uchronies francophones et anglo-saxonnes on se rend compte les français travaillent beaucoup sur Napoléon et les anglo-saxons sur la Seconde guerre mondiale.

Le guide permet de se rendre compte que cette notion un peu barbare à l’oreille se niche un peu partout, que certains se défendraient d’en faire.

Cet ouvrage écrit par deux passionnés donne envie de les suivre dans la découverte de ces mondes où l’Histoire a bifurqué.

Jour J, tome 17 : Napoléon Washington

jour j 17Titre : Jour J, tome 17 : Napoléon Washington

Scénario : Fred Blanchard, Fred Duval, Jean-Pierre Pécau

Dessin :  Mr Fab

Editeur : Delcourt

Année : 2014

L’histoire : Le père de Napoléon Bonaparte, victime des vendettas corses, émigre dans les colonies anglaises en Amérique. il s’engage aux côtés des rebelles  américains et devient l’ami de George Washington. Sur son lit de mort il fait promettre à son ami d’adopter son fils Napoléon. Le jeune Napoléon va devenir un grand et ambitieux général.

Ce que j’en pense : Pour ce dix-septième de la série uchronique, l’idée de départ me paraissait assez farfelue : Napoléon adopté par George Washington. Mais les auteurs ne changent pas son caractère de conquérant. Dans le récit il commence comme une sorte d’Alexandre le Grand: il a la volonté de conquérir l’ensemble du continent américain.

Mais quand apparait la possibilité de découvrir l’El Dorado, le corps expéditionnaire se délite dans la jungle, massacré par les Espagnols, par les conditions de survie difficiles dans la jungle. Et d’un coup je me suis retrouvé dans Aguirre. La perspective de l’or à découvrir aveugle complètement un homme qui avait réussi à mener des batailles et à les remporter avec succès.

autour du personnage de Napoléon gravitent peut-être trop un peu trop de personnages. Leur présence ne permet que de rapporter les évènements qui ont divergé par rapport à l’Histoire.

M^me s’il y a des éléments uchroniques, le récit n’est pas si extraordinaire que ça car il introduit le mythe de l’El Dorado, mythe qui ne m’intrigue pas des masses.

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Etoile Rouge

etoile rougeTitre : Etoile Rouge

Scénario : Vincent Brugeas

Dessin : Ronan Toulhoat

Editeur : Akileos

Année : 2010

L’histoire : En mars 1941, Hitler est assassiné en plein discours. Trois ans plus tard, les nazis mettent au point l’arme atomique et l’opération Barbarossa est lancée contre l’URSS. Staline reconnait la France libre comme un allié. Des pilotes français au sein du groupe « Normandie » combattent au côté des soviétiques sur le front de l’Est.

Ce que j’en pense : Etoile Rouge est une sorte de suite de Block 109. On suit un groupe de pilotes français au service de Staline. C’est surtout une histoire sur l’amitié entre les pilotes, seule chose qui leur permet d’affronter de manière un peu plus « sereine » les combats.

L’illustration de couverture est superbe et m’a laissé penser que l’intérieur serait du même tonneau. Même si le crayonné est nerveux et les couleurs lumineuses, j’ai eu une sensation de survol : les personnages sont à peine esquissés et ne font que passer. C’est dommage d’avoir pensé un album en hommage à ces pilotes et de ne pas leur avoir donné plus de profondeur.

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Le Grand Jeu

le grand jeu 1Titre : Le Grand Jeu (5 tomes)

Scénario : Jean-Pierre Pécau

Dessin : Léo Pilopovic

Editeur : Delcourt

Année : 2007- 2011

L’histoire : Le dirigeable Charles de Gaulle qui reliait Paris à Tokyo par le Pôle Nord s’écrase sur la banquise sans faire de survivant. Les services secrets français décident d’envoyer Nestor Serge, journaliste à France Soir, avec l’équipe de sauvetage pour découvrir ce qu’il s’est passé.

Ce que j’en pense : Le scénariste Pécau, je l’ai connu par le biais de la série uchronique Jour J. Ici on a droit à une uchronie qui  se prolonge sur au moins cinq tomes.

Le contexte de l’époque fait une grande part à la géopolitique. Les Français et les Anglais ont obtenu l’armistice de l’Allemagne dès 1941 mais le conflit se poursuit entre l’Allemagne et l’URSS.

On retrouve certains effets qui pouvaient être présents dans Jour J : les personnages secondaires ressemblant à des acteurs célèbres, l’utilisation de phrases qui sont rentrées dans le patrimoine culturel.le grand jeu 4

On a droit à un personnage principal très sceptique face à toutes les informations et il y a de quoi : voilà que tous les secrets nazis relatifs au mysticisme et autres délires surnaturels seraient avérés. Pour le lecteur ça fait aussi beaucoup, toutes les deux pages on a droit à une révélation dans les deux premiers tomes. Par contre l’action migre vers l’Extrême-Orient, les révélations sont moins nombreuses. Le rythme ralentit aussi, j’ai trouvé les deux derniers épisodes moins prenants, moins intéressants.

Zeppelin’s War, tome 1 : Les Raiders de la nuit

zeppelin's war 1Titre : Zeppelin’s War, tome 1 : Les Raiders de la nuit

Scénario : Richard Nolane

Dessin : Vicenç Villagrasa

Editeur : Soleil

Année : 2014

L’histoire : Fin 1916, l’Allemagne occupe le Nord de la France. Paris est bombardée chaque nuit par des escadres de Zeppelins. A la tête de l’un d’entre eux il y a Hitler déjà obsédé par la supériorité de la race aryenne. Son chef d’escadrille de protection, Goering, veut à tout prix en découdre avec Guynemer, l’as de la chasse française. Dans une Russie en décomposition, Raspoutine qui a acquis le pouvoir du Vril pourrait faire basculer l’histoire de l’Europe.

Ce que j’en pense : J’ai reçu cette BD dans le cadre d’un Masse Critique organisé par Babelio et c’est une nouvelle série qui commence et qui se tourne encore vers une uchronie teintée de steampunk.

On retrouve quatre personnages (Hitler, Goering, Guynemer, Raspoutine) dans des rôles qui s’écartent de ceux qu’ils ont pu avoir réellement. Hitler est commandant de dirigeable déjà bien influencé par des thèses racistes vantant la supériorité  des aryen notamment.

Le récit est riche en combats aériens mais il y a comme un sentiment de déjà lu. Cela est peut être dû à la présence de Raspoutine qui apparait comme une sorte de magicien  avec l’acquisition d’un mystérieux pouvoir. Comme s’il était habitué à ce genre de rôle.

Pour un volume de présentation il y a de l’action mais en ce qui concerne les enjeux ça reste dans le très vague.

Sans titre

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L’oeil du calamar, Gilles Warembourg

L'oeil du calamarTitre : L’œil du calamar

Auteur : Gilles Warembourg

Editeur : Editions Atria

Année : 2008

289 pages

L’histoire : En février 2014, un baleinier pèche un calamar gigantesque. Un peu plus tard l’équipage va développer une fièvre bénigne. Plusieurs années plus tard, l’OMS se rend compte qu’il y a une baisse de la fertilité chez les femmes et que la population mondiale est en train de décroître. Vers 2100 alors que l’humanité est en train de disparaître, un scientifique décide de se pencher sur les causes qui ont amené l’humanité à s’éteindre.

Ce que j’en pense : L’oeil du calamar a beau avoir un titre qu’une certaine peut trouver farfelu, c’est en tout cas un roman d’anticipation très pertinent.

Il aborde la question de la vie de l’humanité, que ce soit d’une manière ou d’une autre, elle est vouée à disparaitre. Comment pourrait-elle gérer cette évolution?

Le récit se fait par le biais de coupures de presse et d’extraits de compte-rendus de réunions ou de conférence, ce qui permet d’être plus immergé dans cette réalité anticipée.

A côté de la restitution des événements, il y a l’histoire de Stone, enfant né de parents inconnus, un des derniers enfants à être nés. Il recherche les causes du déclin de l’humanité mais il se demande aussi comment il va s’en sortir. Tout le long  du roman on se demande où il a se retrouver.

Warembourg a tout de même une vision très pessimiste de l’humanité et de la prise de conscience de se problèmes.

C’est le deuxième roman des Editions Atria que je lis et je ne regrette pas d’avoir découvert cet éditeur car jusqu’à maintenant j’ai pu lire des romans de SF ou d’anticipation plutôt ardus, très documentés mais très intéressants.

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Jour J, tome 5 : Qui a tué le Président ?

jour j 5Titre : Jour J, tome 5 : Qui a tué le Président ?

Scénario : Jean-Pierre Pécau et Fred Duval

Dessin : Colin Wilson

Editeur : Delcourt

Année : 2011

L’histoire : Washington, 1965. Le Président réélu inaugure son second mandat par une offensive terrestre déterminante sur le nord Vietnam communiste. Tandis qu’en Amérique, la contestation grandi et que le pays sombre lentement dans la dictature, French, un engagé volontaire au Vietnam, abat un officier supérieur. Le 22 novembre 1973, il est à Dallas, dans les toilettes d’un bar. Il y récupère un fusil à lunette…

Ce que j’en pense : Ici les auteurs réinventent l’assassinat de Dallas en 1963. Il n’y a pas vraiment de suspense parce que tout n’est pas remis en cause. Ils se tournent plutôt sur les motivations d’un tel acte dans le contexte proposé. Le récit fait des flashbacks au Viet Nam pour raconter le cheminement de French, pour expliquer comment il va devenir un psychopathe,  c’est peut être nécessaire mais ça éloigne la BD de son propos principal.

La fin se tourne vers une fin comme on pouvait en voir dans certains films. Avec une telle fin j’ai trouvé que l’on s’éloignait de l’uchronie. Ce cinquième tome n’est pas le plus réussi de la série à mes yeux.

New York 1947

block 109 2Titre : Block 109 – New York 1947

Scénario : Vincent Brugeas

Dessin : Ronan Toulhoat

Editeur : Akiléos

Année : 2011

L’histoire : L’Allemagne nazie a réussi à maitriser l’atome avant les Etats-Unis. Elle a mis au point un virus qu’elle a déversé sur New York. En 1947, un commando du Nouvel Ordre Teutonique est envoyé pour récupérer des documents confidentiels en plein coeur de la ville. Ces hommes vont être confrontés aux conséquences horribles du virus.

Ce que j’en pense : A la différence de Ritter Germania, cet album emprunte à différentes oeuvres déjà existantes comme le New York 1997 de John Carpenter ou les zombies de Romero.

Au fil du récit, dans un décor quasi monochrome, on découvre pour quelles raisons les membres du commando son choisis, commando qui ressemble un peu à celui des Douze Salopards. Aucun membre n’est bon, chacun a des caractéristiques qui le font apparaitre comme un danger pour les autres. Même Der Professor qui semble être le plus rationnel aura un comportement surprenant. Seule touche de couleur est une survivante juive en chaperon rouge, sorte de symbole de fragilité dans un mode de loups, qu’ils soient humains ou mutants.

Et comme pour toutes les histoires avec un commando chargé de retrouver des documents archi-secrets, on découvre que le résultat est en décalage avec le poids des vies engagées même si ce sont des crapules.

Sans titre

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