La vérité avant-dernière, Philip K. Dick

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L’histoire : Depuis quinze ans une guerre ravage la surface de la Terre. Les gens attendent la fin de la guerre dans des abris souterrains où ils réparent les solplombs qui se battent à la surface.

Un jour l’un d’eux décide de remonter à la surface pour y trouver un organe pour une transplantation. Là-haut il risque d’y trouver la mort ou bien il découvrira une réalité différente de celles des communiqués officiels.

Ce que j’en pense : Je continue ma découverte de l’œuvre de Dick. Jusqu’à présent j’ai eu de la difficulté à trouver parmi les romans lus quelque chose qui m’aurait expliqué l’enthousiasme pour cet auteur.

A mes yeux ce qui caractérise un roman de Dick c’est plein de bonnes idées et un récit brouillon.

L’idée première c’est une guerre apocalyptique à la surface et une humanité qui attend la fin dans des abris souterrains. Bien sûr la vérité servie  aux abris n’est pas celle que l’on croit. Ce qui existe alors à la surface pourrait être tout à fait crédible : les riches, les puissants  profitent d’un monde redevenu naturel, sans surpopulation; ils font construire leurs robots serviteurs par les habitants des abris qui eux croient fabriquer des soldats.

Mais le problème c’est qu’on se retrouve avec une lutte parmi les puissants, avec la mise en place d’un complot plutôt tiré par les cheveux. Et on entre dans le n’importe quoi avec l’apparition d’un personnage qui en fait a plusieurs siècles et non vingt ans mais dont l’âge n’est pas fixé car il a été exposé à un oscillateur temporel.

Tous les personnages (masculins) sont paranoïaques , sauf peut-être celui qui joue à Highlander, qui détient le sort de l’Humanité entre les mains. Les personnages féminins sont inexistants, ah! tines ça existe une femme ?

Aujourd’hui je me demande si je ne devrais pas lire un ouvrage expliquant l’œuvre de Dick parce que là ce que j’ai pu lire, à part un ou deux romans, je n’y ai pas trouvé un intérêt particulier.

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Le Maitre du Haut Château, Philip K. Dick

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L’histoire : En 1947, les Alliés ont capitulé devant les forces de l’Axe. Les Etats-Unis sont divisés en deux par les vainqueurs : l’Est à l’Allemagne, l’Ouest au Japon.

La vie semble avoir repris un cours normal pour les Américains. Elle est rythmée par l’usage du Yi-King, un livre d’oracle importé par les Japonais.

Un jour, le quotidien est perturbé par la publication d’un roman qui décrit la victoire des Alliés.

Ce que j’en pense : C’est la deuxième fois que je lis Le Maitre du Haut Château, une des œuvres maitresses dans la bibliographie de Philip K. Dick.

Quand tu entres dans l’adolescence et que tu lis ce roman, tu n’es pas capable d’en saisir toutes les subtilités, surtout ce qui concerne le caractère uchronique du récit. Par contre à passés trente ans, tu es plus sensible au contenu du récit.

Au premier abord, Le Maitre du Haut Château est un roman uchronique L’histoire a dévié avec la victoire des forces de l’Axe. C’est l’occasion pour avoir une description des relations tendues entre Américains et Japonais, relations empreintes de domination et de racisme latent. Les relations sont aussi tendues entre les vainqueurs. Ils essayent de régler leurs différends par la voie diplomatique mais les coups tordus que l’on veut garder secrets  existent tout de même. Les nazis sont tellement retors et mauvais que les Japonais passeraient pour des enfants de chœur. On passe sous silence les crimes de guerre des Japonais. Mais c’est vrai nous sommes dans une autre réalité.

Mais dans les dernières pages du roman, le livre des oracles révèle que la réalité telle que décrite n’existe peut-être pas en fait, les alliés ont gagné la guerre, ce qui était une fiction dans un roman est une réalité. Alors on se retrouve avec une uchronie dans l’uchronie. Or le roman se finit avec cette révélation et de manière abrupte. Je voulais poursuivre l’exercice de réflexion. Et cela me déçoit, surtout pour un livre qui est présenté comme un incontournable en uchronie.

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Prix Hugo 1962

L’Homme doré, Philip K. Dick

l'homme doreTitre : L’Homme doré

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : J’ai Lu

Année : [1953- 1980] 1982

285 pages

Ce que j’en pense : Les romans du début de la carrière de Philip K. Dick me laissent parfois un sentiment de déception. Les personnages se ressemblent trop : les hommes sont névrosés, manipulables et les femmes sont manipulatrices et dominatrices.

Mais quand je lis des nouvelles de Dick, je me  rends compte qu’il est meilleur novelliste que romancier.

Sur ce recueil, il y a peu de déchet. J’avoue que Chaines d’air, réseaux d’éther et Si Cermoli n’existait pas ne m’ont pas intéressés du tout. 

L’Homme doré, comme chasse aux mutants, fait écho aux X-Men. Le projet Argyronète est bien drôle en mettant en scène des auteurs de SF comme Poul Anderson ou A.E. Van Vogt qui sont recherchés par les hommes du futur car ils sont prescients. On va vers la fantasy avec Le Roi des elfes, qui relue une deuxième fois est plutôt bien. On y retrouve la confrontation entre deux réalités.

Donc des histoires de réalité, des histoires sur la manipulation, sur le vampirisme (La dame aux biscuits), les mélanges entre différentes entités (Quelle chance d’être un Blobel !), beaucoup de diversité dans les thèmes traités avec beaucoup de dynamisme, de l’humour.

Un recueil réussi avec des nouvelles qui embrassent l’ensemble de la carrière de Dick et prouvent son talent.

Les clans de la lune alphane, Philip K. Dick

les clans de la lune alphaneTitre : Les clans de la lune alphane

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : J’ai lu

Année : [1964] 1978

251 pages

L’histoire : Dans un coin de la galaxie, gravite une lune  où les habitants vivent dans la misère et dans la désolation. Mais les habitants ont la particularité d’être d’anciens patients d’un hôpital psychiatrique. Ils se sont constitués en clans en fonction de leurs maladies propres et ne font que s’affronter. Mais les Terriens ont décidé d’envahir la lune mais eux aussi ont de la difficulté à faire front commun.

Ce que j’en pense : Voici le dernier livre lu dans le cadre du Summer Star Wars. J’avais déjà pu lire ce roman il y a plusieurs années mais je n’avais pas forcément beaucoup de connaissances de l’œuvre de Dick. En matière de personnages, j’ai retrouvé ce qu’il y avait dans En attendant l’année dernière. Donc on suit les difficultés d’un homme qui cherche à trouver un moyen pour financer la pension alimentaire qu’il doit à sa femme. Femme qui est bien sûr dominatrice et sans pitié.

Il est aussi un peu dommage que ce qui s’annonçait comme une guerre spatiale se transforme en règlement de comptes matrimonial. Par contre le fait de constituer des clans à partir des pathologies des patients d’un hôpital psychiatrique reflète l’importance qu’aura la santé mentale dans l’oeuvre de Dick. Mais même s’il y a une explication succincte des caractéristiques des maladies, on reste quand même dans le flou.

Petite touche technologique, Dick met en scène des simulacres, sorte d’androïdes  qui peuvent avoir une vie propre quoique limitée ou être manipulés par un opérateur. Ils sont utilisées à des fins sécuritaires mais aussi à des fins de propagande.

Les clans de la une alphane se laisse facilement lire mais laisse une impression de déjà-vu quand on a un petit peu lu Philip K. Dick.

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En attendant l’année dernière, Philip K. Dick

en attendant l'année dernièreTitre : En attendant l’année dernière

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : Le livre de poche

Année : [1966] 1977

340 pages

L’histoire : 2055, la Terre s’est alliée aux Lilistariens pour lutter contre les Reegs, des créatures insectoïdes. La Terre est dirigée par le secrétaire des Nations-Unies, Molinari. Celui-ci épouse les maladies de ses proches et est perpétuellement malade. Le docteur Sweetscent est réquisitionné pour entrer au service de Molinari. Sweetscent va découvrir le JJ-180, une drogue introduite par les Lilistariens et qui permet de voyager dans le temps. Sweetscent va se déplacer dans l’avenir et découvrir des éléments qui vont lui permettre de comprendre la réalité dans laquelle il vit.

Ce que j’en pense : Le challenge RVLF me permet de continuer à sorti de ma PAL des livres et de découvrir l’œuvre de Philip K. Dick. En attendant l’année dernière préfigure certaines oeuvres connues de Dick, comme le Maitre du Haut-Château ou Substance Mort.

On y retrouve bien sûr le voyage dans le temps. Ici il se fait grâce à une drogue. Il faut du temps avant de savoir si la drogue permet réellement le voyage ou ne crée juste que des hallucinations. La présence de la drogue, son utilisation et ses conséquences, c’est un thème récurrent chez Dick.

Pour corser le récit, on peut ajouter l’existence de réalités parallèles. De plus le voyage dans le temps ne se fait pas obligatoirement au sein d’une même réalité.

Ici les personnages sont accessoires et classiques par rapport à ce que Dick a déjà pu faire. Sweetscent, dès le début, n’apparait pas très courageux, dominé par se femme autoritaire. C’est en voulant sortir de se on emprise qu’il va prendre de l’assurance et des risques. Molinari est l’exception, il sort du lot. Il est difficile à cerner. Sa capacité à épouser les maladies des gens qui l’entourent lui donne un caractère quasi-religieux.

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Loterie Solaire, Philip K. Dick

loterie solaireTitre : Loterie Solaire

Auteur : Philip K. Dick

Editeur : J’ai Lu

Année : [1965] 1978

182 pages

L’histoire : Dans le futur est mis en place un système basé sur le hasard : la Bouteille désigne celui qui va devenir le Meneur de Jeu. Mais cette désignation est tempérée par l’existence de l’assassinat légal qui permet d’éliminer le Meneur de Jeu. C’est ce qui arrive à Leon Cartwright, qui passe du jour au lendemain de la position d’ouvrier à celle de maitre du monde. Il se voit menacé de toutes parts malgré sa protection de policiers télépathes.

Ce que j’en pense : Loterie Solaire est l’un des premiers romans écrits par Philip K. Dick. Et déjà le style propre à Dick est bien en place. Les personnages sont décrits au minimum, ils sont très rapidement évoqués. On se rend compte que Dick n’a pas envie d’avoir des héros aux carrures surdimensionnées. Le personnage principal est opportuniste, un peu lâche, des fois antipathiques. Mais ces traits font de lui quand même un personnage un peu plus réel que d’autres.

Dick nous dépeint une société du futur où le hasard règle tous les aspects de la vie quotidienne. comme toujours le système en place a pour but d’être déjoué. Il faut attendre la toute fin pour comprendre comment le système n’est pas si infaillible. l’idée d’une société régie par le hasard se rapproche des tirages au sort de l’Antiquité et permet des questionnements philosophico-politiques.

Mais l’existence de la secte solaire introduit une partie mystique qui semble déplacée avec le reste du roman.

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