Gen d’Hiroshima 1, Keiji Nakazawa

gen d'hiroshima1Titre : Gen d’Hiroshima 1

Auteur Keiji Nakazawa

Édition : Vertige Graphic

Année : [1973]  2003

274 pages

 

L’histoire : La famille Nakaoka vit à Hiroshima. Le père, pacifiste et antimilitariste, peine à nourrir ses enfants. Gen et Seiji font preuve de débrouillardise pour pouvoir manger à leur faim.

Mais le 6 août 1945, les Américains largue la première bombe atomique sur Hiroshima.

Ce que j’en pense : Nakazawa s’est largement inspiré de sa vie pour réaliser ce manga, il a vécu à Hiroshima et lui aussi il a perdu une partie de sa famille dans l’explosion de la bombe atomique.
Ce qui m’a marqué à la lecture de ce premier volume, c’est la virulence de la dénonciation de l’aveuglement des militaires et des autorités durant la guerre. Ils avaient réussi à embrigader toute la population et s’il y avait une voix discordante, elle se préparait à vivre difficilement.
La dénonciation m’a marqué parce que il me semble que les Japonais ont une relation difficile avec leur passé. Il n’y a pas si longtemps un Premier ministre visitait un monument célébrant des militaires convaincus de crimes de guerre.
Nakazawa alterne entre des passages humoristiques et des passages plus émouvants. Une alternance de tonalités qui me fait penser à l’Histoire des 3 Adolf, cela permet d’avoir des touches de légèreté mais le l’ensemble du récit reste empreint d’une grande gravité.

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Elric, tome 1 : Elric des dragons, Michael Moorcock

elric1Titre : Elric, tome 1 : Elric des dragons (Elric of Menilboné)

Auteur : Michael Moorcock

Édition : Pocket

Année : [1972] 1992

187 pages

 

L’histoire : Elric, empereur albinos de Menilboné, doit faire face aux velléités guerrières des Jeunes Royaumes mais aussi aux tentatives de prise de pouvoir de son cousin Yrkoon. Lors d’une bataille, Yrkoon réussit à abattre son cousin. Grâce à l’intervention de dieux, Elric est ramené à la vie et va tout faire pour récupérer son trône.

Ce que j’en pense : J’ai découvert Elric par le biais d’une intégrale en un seul volume. Je crois que le format m’avait un peu rebuté et donc j’avais trouvé cela un peu moyen. En trouvant un coffret avec six des romans (sur neuf) chez Emmaüs, je me suis remis dans ce cycle.

Avec cette relecture j’ai nettement plus apprécié. Même si on retrouve tout ce qui est bien classique en fantasy, le cycle d’Elric se distingue par la nature même d’Eric. Alors que tous les héros de fantasy sont grands, beaux et forts, Elric est une anomalie. Il est albinos, doit prendre des drogues pour pouvoir se fortifier et ainsi survivre. Il est par nature faible et doit tout le temps faire la preuve de sa force.

Il est aussi une anomalie par rapport aux sujets de son royaume. Ceux-ci, membres d’un royaume presque aussi vieux que le monde, se caractérisent pour un goût prononcé pour la cruauté et pour l’usage immodéré de drogues pour pouvoir rêver, tant leur vie présente est morne. Les sujets de Menilboné sont une représentation de la décadence. Mais Elric ne partage pas les goûts de ses sujets., à côté d’eux il est un romantique. Il voit la beauté du monde et ne considère pas les autres humains comme des êtres inférieurs.

Mais à faire alliance avec un démon d’un autre plan de l’Univers, à récupérer une épée qui donne de la puissance mais qui a sa volonté propre, il est sûr qu’Elric n’en sortira pas indemne et que sa destinée n’est pas toute tracée.

Le seul défaut du cycle d’Elric est que l’ordre de publication ne correspond pas à l’ordre chronologique de la série. Cela donne des épisodes d’une qualité inégale, certains arrivent même comme un cheveu sur la soupe alors que Moorcock les a écrit pour donner plus de précisions aux aventures d’Elric.

D’autres avis chez Skarn-sha, Melisende, Sollyne et Lanyla.

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Spiderman – Intégrale 1969

spidermanTitre : Spiderman – Intégrale 1969

Auteurs : Stan Lee, John Romita Sr., John Buscema

 

L’histoire : Alors que l’Université où étudie Peter Parker expose une tablette antique aux écritures encore non déchiffrées, celle-ci est le lieu de manifestations d’étudiants demandant plus de logements pour les étudiants qui ont peu de moyens. Le Caïd en profite pour faire dérober la tablette car ses inscriptions seraient synonymes d’un grand pouvoir. Parker va devoir contrer les plans du Caïd tout en essayant de préserver sa vie de couple.

Ce que j’en pense : Je n’ai jamais été un très grand fan de Spider Man, peut-être suite aux effets qu’a pu avoir l’adaptation cinématographique sur un enfant de trois ans et aussi au caractère un peu trop niais du personnage principal du film.

Alors c’est avec un petit a priori que je me suis lancé dans la lecture de ce comic. Il y a bien une différence entre le film et la BD.

Dès le début on se retrouve dans un contexte de contestation sociale, des étudiants noirs demandent plus de considérations pour les étudiants boursiers. Parker, qui ne veut pas s’exposer, les soutient de manière discrète mais passe ainsi pour un lâche. Et ça sera comme ça tout le long du volume, à chaque fois Parker disparaît quand cela se met à chauffer mais c’est pour réapparaître sous les traits de Spider Man. Aux yeux de ses amis il apparaît comme soupe au lait et faible et donc le mal est fait.

A chaque chapitre Spider Man affronte un nouveau méchant : Vif-Argent, le Lézard, le Shocker etc… La palette est étendue et est la preuve de l’imagination fertile de Stan Lee. Mais à la longue c’est un peu répétitif.

Le Retour du Roi, J.R.R. Tolkien

le retour du roiTitre : Le Retour du Roi

Auteur : J.R.R. Tolkien

Édition : Pocket Fantasy

Année : 2006

568 pages

 

L’histoire : Les armées de Mordor menacent Minas Tirith. La seule chance de salut des défenseurs est une intervention providentielle des cavaliers du Rohan. Frodon et Sam s’avancent toujours plus vers la Montagne du Destin pour y détruire l’Anneau Unique.

Ce que j’en pense : Dernier volet de la trilogie, ce roman conclut magistralement la série.

Comme pour les Deux Tours, le récit est divisé en deux parties : d’un côté il y a le récit de la défense de Minas Tirith; de l’autre il y a le dangereux périple de Frodon et Sam.

Ce que je trouve dommage c’est que Tolkien n’ait pas continué à adopter le point de vue des partisans du Mordor.  Alors on ne connait rien des angoisses de Sauron de voir s’enfuir la victoire et se profiler la disparition de l’Anneau.

Mais en restant du côté des hommes, Tolkien laisse une plus grande place aux batailles où tout le monde veut être présent. Au cours de ces batailles, les membres du camp du Bien se caractérisent tous par la réalisation de nombreux actes de bravoure.

Après la victoire, il est temps de reconstruire les Terres du Milieu. La charge va revenir à Aragorn, descendant d’Isildur, héritier du trône du Gondor et la tâche est immense.

Malgré une fin positive, Sauron et Saroumane disparaissent, leurs armées sont mises en déroute, on se rend compte que l’aboutissement n’est pas aussi heureux pour ceux qui ont été très proches de l’Anneau. Les blessures infligées par le Mordor ne guérissent jamais entièrement. Il restera toujours un poids pour ceux qui auront été blessés par une arme du Mordor.

C’est avec regret que j’ai laissé les compagnons de la Communauté de l’Anneau. J’ai dans ma PAL quelques Tolkien, avec cette relecture ils ont remonté dans l’ordre de lecture.

Dans le texte :  » Mais Théoden ne pouvait être gagné de vitesse. Il paraissait emporté par la folie ou la fureur de bataille de ses pères courait comme un nouveau feu dans ses veines, et il était porté par Nivacrin comme un dieu de jadis, voire même comme Oromë le Grand à la bataille de Valar, quand le mond était jeune. Son bouclier d’or, découvert, brillait telle une image du Soleil, et l’herbe flamboyait de vert autour des pieds blancs de son coursier. Car le matin se levait, le matin et un vent venu de la mer: les ténèbres se dispersèrent; les hommes de Mordor gémirent, et la terreur s’empara d’eux; ils s’enfuirent , et moururent , et les sabots de la colère passèrent sur eux. Alors toute l’armée de Rohan éclata en chants; les hommes chantaient tout en massacrant, car la joie de la bataille était en eux, et le son de leur chant, qui était beau et terrible, parvint jusqu’à la cité.« 

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Jour J, tome 1 : Les Russes sur la Lune !

jourJ1Titre: Jour J, tome 1 : Les Russes sur la Lune !

Scénario : Fred Duval et Jean-Pierre Pécau

Dessin : Philippe Buchet

Édition : Delcourt

Année : 2010

 

L’histoire : Alors que le module lunaire américain allait se poser sur la Lune, il est percuté par un astéroïde et est détruit. Les soviétiques profitent de ce contre-temps pour rattraper leur retard et se posent les premiers sur la Lune.

Ce que j’en pense : Et si les soviétiques s’étaient posés les premiers sur la Lune, quelle aurait été la conséquence sur la guerre froide ? Voilà le point de départ de ce premier album d’une série guidée par l’uchronie. La série a pour but de développer des histoires plausibles à partir d’événements historiques que tout le monde connait.

Alors dans cet épisode fictif de la guerre froide, on a droit aux clichés inévitables : les Américains cools, fumeurs d’herbe et les Soviétiques coincés, fliqués par leurs commissaires politiques. Ces clichés permettent de bien identifier les parties en présence et d’accroitre l’ambiance pesante. Malgré une ambiance tendue, il y a une fin optimiste voire trop optimiste.

Même si l’idée de départ est alléchante, les 48 pages du volume semble trop courte pour que l’histoire prenne son ampleur.

Le dernier coyote, Michael Connelly

le dernier coyoteTitre : Le dernier coyote (The Last Coyote)

Auteur : Michael Connelly

Édition : Points

Année : 2001 [1995]

488 pages

 

L’histoire : Après une violente altercation avec son supérieur, l’inspecteur Bosch est mis en congé d’office. Il doit rencontrer une psychologue pour maîtriser son agressivité. D’abord réticent face à ce traitement, il finit par révéler le secret qui pèse sur lui : sa mère, une prostituée, a été tuée et son meurtrier n’a jamais été trouvé. Malgré l’interdiction d’enquêter qui lui a été faite, Bosch va rouvrir le dossier.

Ce que j’en pense : Les romans policiers de la série Harry Bosch, je les ai lu dans le désordre car j’étais dépendant de ce que je pouvais trouver en bibliothèque. Alors  Le dernier coyote, je ne sais pas bien où il se situe mais ce qui est sûr c’est qu’il est un pivot dans la série.

Enquêtant sur le meurtre de sa mère, Bosch n’enquête pas pas seulement sur un simple meurtre. Il enquête sur un événement qui a conditionné toute sa vie.

Bien sûr en fouillant dans le passé, on remue des éléments que certains ne veulent pas refaire surface. Bosch devra faire face à des personnages qui ne veulent pas voir remis en cause leur situation pour ce qu’ils ont fait dans le passé.

Bosch est un écorché, un type cabossé que la vie n’a pas vraiment épargné. Avec ce roman, on comprend pourquoi Bosch est un peu kamikaze dans ses précédentes enquêtes.

Entre les investigations , pas tout à fait légales, et les séances chez la psy, les faits se mettent en place et il faut attendre les vingt dernières pages pour avoir la révélation. Ça change des romans policiers où tout est deviné dès le début.

D’autres avis chez Nelfe et Flof13.

Succubes, tome 1 : Camilla

succubes1Titre : Succubes, tome 1 : Camilla

Scénario : Thomas Mosdi

Dessin : Laurent Paturaud

Edition : Soleil

Année : 2009

L’histoire : En pleine Terreur, au moment où la guillotine ne chôme pas, Robespierre est l’homme fort du régime. Bien qu’inflexible et incorruptible, Robespierre cache un secret : la nuit il reçoit la visite d’une jeune femme : Camilla. Au delà des relations qu’ils entretiennent, Camilla semble manipuler Robespierre pour réaliser le plan d’un ordre ancien : les filles de Lilith.

Ce que j’en pense : Succubes est une série revisitant l’Histoire avec la découverte de l’influence de créatures légendaires : les succubes. Ce premier tome crée un balisage et on apprend pas grand chose du projet envisagé par les succubes. En face d’elles, l’église catholique semble être la seule à pouvoir empêcher la réalisation du dessein des filles de Lilith. Étrange confrontation entre celles qui dans la mythologie sont la représentation de la séduction et de la sexualité dévastatrice et les défenseurs  « eunuques » d’un ordre moral contesté.

Il est un peu dommage de devoir presque lire cet album avec une encyclopédie sous la main tant Thomas Mosdi pousse loin la reconstitution historique. Mais l’action est bien rythmée, ce qui donne envie de continuer pour connaitre le dénouement final.

Radix, A.A. Attanasio

radixTitre : Radix

Auteur : Alfred Angelo Attanasio

Edition : Terre de brume

Année : 2005

509 pages

L’histoire : Kagan Sumner est gros et moche. Il passe ses nuits à éliminer des truands qui l’ont peu considéré quand il était plus jeune. Un jour il découvre qu’il a des  talents convoités par certains individus qui voient en lui un être unique pouvant être utilisé contre un demi-dieu.

L’histoire : L’histoire est assez difficile à résumer et peu parlante. Elle assez dure à simplifier tant Attanasio entre dans des développements alambiqués. Présenté comme un roman-culte, Radix ne m’est apparu comme tel.

Bien sûr j’ai aimé le début même si un peu dur de s’attacher à un obèse moche et à moitié fou. Je me suis même demandé ce qu’il pourrait faire pour devenir digne d’intérêt. Tout cela dans un contexte post-apocalyptique : un dérèglement qui entraine une hausse des radiations et donc un accroissement des mutations humaines.

Lorsque Kagan découvre ses capacités psychiques, j’avoue que j’ai commencé à décrocher et à m’ennuyer. Il y a une accumulation de termes, qui même avec un glossaire est assez indigeste, qui recouvrent des notions qui puent le New-Age à plein nez.

Les basculements  entre monde réel et monde irréel ne sont pas nettes alors des fois j’ai eu l’impression que ça partait en sucette très rapidement. L’affrontement final est à l’image du roman : décevant.

Dans le texte :

« – L’Eo connait ton existence, Eth. Nous savons que tu es métaordonné et nous t’aiderons contre le seigneur des orts le moment venu. Mais d’abord, il te faut attendre. Maintenant dépasse toujours la mesure. Le temps est l’évènement lui même. Il faut laisser le moment s’accomplir seul. »

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Astérix légionnaire

astérix légionnaireTitre : Astérix légionnaire

Scénario : Goscinny

Dessin : Uderzo

Edition : Hachette

Année : 1967

L’histoire : Falbala est revenue de Condate où elle a fait ses études. Sous le charme Obélix décide de lui faire la cour. Mais Falbala apprend que son fiancé a été engagé de force dans la légion romaine. Pour  lui plaire Obélix, en compagnie de son fidèle ami, va partir à la recherche de Tragicomix.

Ce que j’en pense : « Engagez-vous ! Engagez-vous ! « , qu’il disait.  Astérix s’engage pour la bonne cause: retrouver un de ses compatriotes. Il ne va pas voir beaucoup du pays mais il va en faire voir de toutes les couleurs aux Romains si rigoureux.

Bon il n’est pas tout seul à casser les pieds des instructeurs, on retrouve Mouléfix qui ne raconte que des blagues belges, Plazadetoros qui chicane sur le montant de la solde, Courtdeténis qui croit débarquer dans une auberge et son fameux « Poil au nez ». Il n’y a que Faupayélatax qui apprécie là où il débarque vu qu’il aime la nourriture infecte qu’on lui sert (c’est vrai, les Anglais ne sont pas fortiches en gastronomie).

Le périple des deux compères va les emmener en Afrique en plein règlements de comptes entre Jules César et Scipion. Ils vont aider malgré tout leur ennemi préféré. Celui-ci n’est pas rancunier et leur accorde ce qu’ils veulent.

Les personnages de Falbala et Tragicomix, tels qu’ils sont dessinés, apparaissent comme des caricatures, trop parfaits dans ce monde de Gaulois mal bâtis et bedonnants.

Un épisode encore plus humoristique que Astérix aux Jeux Olympiques, plus plaisant à lire.

Les cordelettes de Browser, Tristan Garcia

Les cordelettes de browserTitre : Les cordelettes de Browser

Auteur : Tristan Garcia

Edition : Denoël

Année : 2012

288 pages

L’histoire : David Browser, explorateur spatial, arrive aux confins du cosmos. L’arrivée à cette limite entraine l’arrêt de l’expansion de l’Univers.
Les hommes sont obligés de vivre dans un éternel présent. Mais ils peuvent revivre voire corriger leur propre vie en manipulant des cordelettes contenues dans une console.

Ce que j’en pense : Les cordelettes de Browser est un ensemble de récits qui se font écho. Ce qui permet de construire tout doucement le monde l’éternel présent décrit par Tristan Garcia.

Tous les humains n’ont pas fait le choix de vivre dans l’éternité. Ceux qui ont refusé sont morts et ceux qui vivent éternellement vivent dans une solitude effrayante. Bien sûr certains hommes décident de mettre fin à cet état d’éternité même si cela doit entrainer une répression violente de la part des autorités.

Les cordelettes de Browser pose la question du rapport de l’homme au temps. L’homme peut-il se passer du temps qui passe? L’éternité peut-elle une source de bonheur pour l’homme ?

La mort, pour certains, n’est pas forcément une perspective réjouissante. Mais le présent éternel vu par Tristan Garcia n’est pas très glamour. Ne pas mourir et avoir son corps qui se transforme progressivement en corne aussi dure que la pierre  n’est pas forcément une bonne pub. Il est possible aussi de manipuler les cordelettes pour remodeler le corps mais à quoi sert un corps parfait lorsqu’il n’y a plus personne pour l’admirer.

L’éternité n’est pas faite pour l’homme, il a besoin du temps qui s’écoule pour pouvoir se réaliser soi-même.