Barrière mentale, Poul Anderson

barriere mentaleTitre : Barrière Mentale

Auteur : Poul Anderson

Editeur : Le Livre de poche

Année : [1951-1958] 2015

379 pages

L’histoire : Sous l’effet d’un phénomène cosmique, les humains deviennent du jour au lendemain plus intelligents. Mais comment va réagir l’humanité face à cet accroissement de son intelligence ?

Certains vont profiter du phénomène pour faire progresser les connaissances scientifiques, d’autres vont avoir peur des perspectives que peut leur ouvrir ce surcroît d’intelligence.

Ce que j’en pense : Je me rends compte que je lis un peu trop souvent de la SF divertissement. Et quand je tombe sur un tel roman, tout le sens de l’idée de la SF te saute à la figure.

Que ferait l’humanité si elle était plus intelligente ? On suit trois personnages qui sont à un stade plus ou moins avancé en terme d’intelligence avant l’apparition du phénomène. Le simplet devient un être avec une intelligence normale; le scientifique devient un ordinateur sur pied; sa femme a du mal a trouver un sens à sa vie et est près de tomber dans la folie.

Si on était plus intelligent, ça serait le bazar. Les gens se rendraient compte de l’inutile de leur profession, ils voudraient tous trouver un emploi ou une occupation en adéquation avec leurs capacités intellectuelles. Bien sûr cela creuserait encore plus les inégalités. Et sincèrement certaines personnes ne seraient pas à envier. Les scientifiques vivant que pour la connaissance sont plus à plaindre qu’autre chose.

Le simplet est celui qui renforce le caractère sain de l’humanité : bienveillance, disponibilité. il est celui qui accueille les paumés sans arrière-pensée, juste parce que ça lui parait normal. Il est celui qui semble le plus profiter de la vie, de ce qu’elle peut offrir.

Après le roman, il y a quelques nouvelles ayant la même thématique. Elles sont de qualité plus ou moins égale. Pour certaines il est difficile de faire le lien avec le thème.

ABC imaginaire 2016

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La Saga de Hrolf Kraki, Poul Anderson

la saga de hrolf krakiTitre : La Saga de Hrolf Kraki

Auteur : Poul Anderson

Editeur : Le Bélial’

Année : [1973] 2004

311 pages

L’histoire : Hrolf Kraki est l’héritier des Skjoldnung, souverain du Danemark. Son grand-père a été tué par son propre frère. Son père est mort dans un complot. Lui-même est né d’un amour incestueux.

Ce que j’en pense : Poul Anderson est principalement un auteur de SF. Mais ici il se tourne vers la fantasy en adaptant une saga nordique, celle de Hrolf Kraki, qui fait partie d’une famille régnant au Danemark au Moyen-Age.

Au début, avec des passages très fournis en informations généalogiques, j’ai eu peur que ce soit une lecture difficile pour ne pas dire indigeste. Mais cela est vite passé et je me suis retrouvé dans une saga où on a droit à son lot de trahisons, de combats et de sorcellerie. Car ce livre est un roman d’aventures avec de beaux morceaux de bravoure.

Il est dommage que Hrolf Kraki apparaisse aussi tard dans le roman. Avant son apparition on a l’évocation de son ascendance avec ses différentes générations. Alors on se retrouve en compagnie de personnages que l’on peut difficilement oublier, que ce soit Svipdag, jeune sans formation guerrière qui réussit à défaire des berserkers ou Bjorn sur qui pèse la malédiction d’être transformé en loup-garou.

Avec ce roman, Poul Anderson fait preuve d’historien en retraçant la saga de Hrolf Kraki. Il décrit un Haut Moyen-âge riche en violence et en trahison, ce qui change de ses écrits habituels.

Sans titre

Le Chant du Barde, Poul Anderson

Titre : Le Chant du Barde

Auteur : Poul Anderson

Editeur : Le Livre de poche

Année : [1953-1981] 2012

Note : 16/20

Ce que j’en pense :  Poul Anderson est un auteur de SF dont l’oeuvre est encore méconnue en France. Les éditions Le Bélial puis le Livre de poche ont publié un recueil de neuf nouvelles, dont la plupart ont été couronnées d’un prix Hugo et/ou d’un prix Nébula.

  1. Sam Hall : Dans une société où l’informatisation de la vie omniprésente et omnipotente, un fonctionnaire crée de toutes pièces un personnage qui va mener une révolution permettant de renverser le régime en place. Sam Hall ou comment le personnage d’une chanson populaire peut réussir une révolution. Et bien grâce à l’informatisation des vies des individus et à la supervision par un gigantesque ordinateur central. J’ai trouvé que cette nouvelle bien qu’écrite il y a plus de soixante ans était toujours d’actualité, surtout en ce qui concerne les big datas et les données personnelles des internautes.
  2. Jupiter et les centaures : Pour coloniser Jupiter, les hommes utilisent des corps adaptés au climat et à l’atmosphère de la planète. Un homme réduit à un tronc et à deux bras dans un fauteuil est celui qui dirige le mieux son autochtone. Mais avec le temps il va y avoir un transfert de personnalité de l’homme vers l’avatar. Voilà une histoire qui dans ses grandes lignes va rappeler un film récent de James Cameron avec des grands êtres bleus. Et ça ne sera pas la première fois que je retrouve un élément d’un récit de SF dans un film de Cameron.
    Le personnage principal même s’il a une personnalité difficile a un comportement que l’on peut tout à fait comprendre. Son avatar lui permet d’aller au-delà de ce que lui permettre son corps, il lui ouvre de nouveaux horizons. C’est l’une des nouvelles qui m’a le plus plu.
  3. Long cours : Une expédition terrienne s’écrase sur une planète lointaine. Les survivants tombent dans la décadence. Leurs descendants réussissent à rebâtir une civilisation . Arrive un temps des grandes découvertes et notamment ce qui concerne les origines de la civilisation.
    Dans cette nouvelle, Poul Anderson aborde la question du libre choix de son destin. Un homme va préférer détruire ce qui peut lui permettre de conquérir l’espace immédiatement afin que ses descendants puissent le faire. En limitant volontairement son propre destin, il assure un destin bien plus grand aux générations suivantes.
  4. Pas de trêve avec les rois ! : A la suite d’un cataclysme nucléaire, les Etats-Unis sont un pays délabré. Un coup d’Etat va entrainer une guerre civile entre ceux qui veulent une civilisation libre de choisir son destin et ceux qui veulent l’aide d’une sorte de secte manipulée par des entités extraterrestre. Cette nouvelle post-apocalyptique permet à Anderson de dénoncer un impérialisme insidieux, se réalisant par le biais psychologique et culturel. Toutefois les extraterrestres manipulateurs œuvrent aussi pour se protéger et pas seulement par volonté d’étendre leur emprise.
    C’est une nouvelle pour laquelle j’ai eu du mal à saisir où Anderson voulait venir. Les enjeux ne sont pas saisissables facilement, j’ai trouvé qu’il fallait du temps pour pouvoir s’y retrouver.
  5. Le partage de la chair : Un scientifique d’une expédition terrienne sur une planète reculée se fait sauvagement tuer par son guide avant de le mutiler. La femme du scientifique va remuer ciel et terre pour retrouver le meurtrier de son homme et se faire justice. Avec cette histoire  à la Charles Bronson, Poul Anderson s’interroge sur les ressorts de l’acte d’anthropophagie. Ici il aurait des causes biologiques plutôt que culturelles. Il aborde aussi la question de la mixité culturelle, l’héroine issue d’un peuple guerrier réussit à prendre le temps de la réflexion dans le cadre de sa vengeance car son homme issu d’un peuple plus réfléchi lui a donné des éléments pour pouvoir être plus ouverte d’esprit. C’est une nouvelle que j’ai apprécié, sa fin est surprenante et permet de remettre en question l’utilité de la vengeance.
  6. Destins en chaine : Un homme vient de mourir, un Dieu s’exprimant en binaire va le ressusciter, et cela plusieurs fois d’affilée. C’est une nouvelle étrange que celle-ci, elle m’est restée assez obscure. Alors je ne vais pas m’appesantir dessus.
  7. La Reine de l’Air et des Ténèbres : Sur une planète lointaine, des enfants disparaissent. Les rumeurs mettent ces disparitions sur le compte d’entités surnaturelles. Une femme dont l’enfant a disparu va engager un enquêteur pour le retrouver. Encore une fois on se retrouve face à une entité qui a lancé un programme de manipulation mentale des hommes. Le héros, peu enclin à la superstition, va aller au delà des peurs des habitants de la planète et va découvrir ce qui se trame. Mais il ne tombe pas dans le manichéisme. Il se rend compte qu’il y a un sens à la manipulation , celle-ci sert à se protéger. Anderson introduit des éléments qui se rapprochent de la mythologie nordique et cela donne une certaine poésie au récit.
  8. Le Chant du barde : Un poète décide de retrouver la femme qu’il a tant aimé mais qui aujourd’hui a disparue. Il va s’adresser à l’ordinateur qui gère les vies pour qu’il la ramène à la vie. L’ordinateur accepte à condition que le poète respecte un marché. Cette nouvelle n’est ni plus ni moins le mythe d’Orphée qui va chercher sa bien-aimée aux Enfers. Voir le mythe par le prisme de la SF lui donne une toute autre dimension. Voilà une autre nouvelle que j’ai apprécié grâce à la poésie et à un homme qui refuse la prédétermination de son destin.
  9. Le Jeu de Saturne : Les membres d’une expédition à destination de Saturne s’ennuient lors du trajet. Certains d’entre eux utilisent alors des psychodrames, une sorte de jeu de rôles, pour échapper à la réalité. Le problème c’est que certains d’entre eux sont devenus accros à ces jeux et que face aux dangers ils ne sont plus capables de décrocher. L’alternance entre la réalité et la fiction du jeu de rôle est assez déroutante. Mais au cours de la nouvelle apparait très rapidement une critique de notre société, cette société qui n’arrive plus à se sortir du jeu, qui n’ose plus affronter la réalité. C’est une nouvelle qui prend peut être parti d’une manière un peu brutale.

En conclusion, Le Chant du Barde est un recueil de nouvelles indispensables. Mais ce que je regrette c’est d’avoir lu l’ensemble d’un seul trait, j’aurais mieux fait de les lire en laissant du temps entre chaque nouvelle pour mieux les digérer.

Tau Zero, Poul Anderson

tau zéroTitre : Tau Zero

Auteur : Poul Anderson

Editeur : Le Bélial

Année : 2012

291 pages

Note : 4/5

L’histoire : Au XXIII° siècle, 25 femmes et 25 hommes embarquent à bord du Leonora Cristiana, un vaisseau ayant une machinerie lui permettant d’atteindre une vitesse proche de celle de la lumière. Leur objectif est une planète d’une très lointaine galaxie. Au cours du voyage, la machinerie est endommagée. Le vaisseau n’a plus qu’une seule possibilité : celle d’accélérer.

Ce que j’en pense : Tau Zero est un livre que j’ai reçu dans le cadre de Masse Critique organisé par Babélio. En soi c’est un bel objet, une couverture brillante, un petit marque page en prime.

Lorsque l’on lit la préface on apprend que Tau Zero est considéré comme la référence ultime en matière de hard-science. Me souvenant du cycle de Mars de Kim Stanley Robinson, j’ai eu comme une appréhension.

Se basant principalement sur la théorie de la relativité d’Einstein, la thèse que Poul Anderson est tout à fait abordable et compréhensible. Ce qui m’a fait plaisir et permis de ne pas me sentir largué pour une fois dans un roman de hard-science.

Mais à côté de l’aspect relatif à la physique, il y a une part psychologique très importante. Car il y a de quoi faire, comment peuvent se comporter des êtres humains se déplaçant presque à la vitesse de la lumière, s’éloignant en distance et en temps de la Terre ? Comment feront-ils quand ils se rendront compte que le Soleil a fini d’exister, que le système solaire a disparu ?

Écrit il y a quarante ans je n’ai pas trouvé que le roman avait si mal vieilli. La seule chose qui m’a un peu agacé c’est la facilité avec laquelle les couples se défaisaient et se reformaient. A la fin c’est vite lassant et ce qui pouvait peut être rendre plus humains les personnages crée une distance avec le lecteur.

D’autres avis chez le Traqueur Stellaire, Efelle, Lorhkan

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