New York Trilogie 1 – La ville

new york 1Titre : New York Trilogie 1 – La ville

Auteur : Will Eisner

Editeur : Delcourt

Année : 2008

Ce premier volume est l’oeuvre d’un fin observateur des habitants de New York et de la ville qui les entoure. 

Les murs, les blocs, les égouts, le métro sont des acteurs à part entière de la ville. Les personnes semblent être dépendantes de leur état décrépit ou pas, de leur évolution ou de leur transformation.

Les courtes histoires sont rarement joyeuses, il y a quelques fois de l’humour mais cela vire souvent à l’humour noir et au cynisme. Le côté réaliste des récits fait que ce sont fréquemment de petits drames qui nous sont racontés, certains plus tragiques que d’autres : comme la mort d’une immigrée mexicaine qui meurt dans un incendie et dont la colocataire se jette avec son bébé du troisième étage pour échapper aux flammes ou comme la condamnation d’une bouche incendie qui était la seule source d’eau d’une femme noire.

Les dessins ont peut être vieillis mais la description des habitudes et des comportements reste toujous d’actualité et très pertinente. 

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Astérix, tome 2 : La serpe d’or

Titre : Astérix, tome 2 : La serpe d’or

Scénario : René Goscinny

Dessin : Albert Uderzo

Edition : Hachette

Année : 1962

L’histoire : Panoramix a cassé sa serpe alors qu’il cueillait du gui. Une réunion de druides se profile à l’horizon et il n’envisage pas de s’y rendre sans serpe. Astérix se propose d’aller en chercher une à Lutèce chez Amérix, un cousin d’Obélix. Une fois sur place les deux compères découvrent qu’Amérix a disparu sans laisser de trace. Alors ils vont partir à sa recherche.

Ce que j’en pense : Deuxième volet de la série, La Serpe d’or ne fait pas qu’enchainer les gags et les baffes. J’y ai trouvé une intrigue policière (certains diront qu’elle reste sommaire) qui donne de l’intérêt à l’album. En effet c’est plutôt marrant de se retrouver en plein trafic de serpes d’or. On retrouve une base historique mais qui a peut être une part de légende : les druides et leurs serpes.

Lors de leur enquête les deux compères vont découvrir Lutèce et sa population cosmopolite. Cette visite va permettre d’avoir une galerie de personnages caricaturant certains régionalismes ou certains comportements. Alors comme c’est un Astérix, ça sera comme toujours des blagues et de la bonne humeur, c’est ce qui me donne toujours envie de lire un de ces albums de cette série.

Alix Senator, tome 1 : Les aigles de sang

alix senator 1Titre : Alix Senator, tome 1 : Les aigles de sang

D’après l’oeuvre de Jacques Martin

Scénario : Valérie Mangin

Dessin : Thierry Démarez

Année : 2012

L’histoire : Au moment de l’accession au pouvoir d’Auguste, des dignitaires proches de l’homme fort de Rome sont retrouvés affreusement mutilés. Auguste va charger son ami le sénateur Alix d’enquêter sur ces meurtres.

Ce que j’en pense : Alix est un grand personnage classique de la BD franco-belge. Plutôt que d’essayer de continuer à faire vivre le personnage sans son créateur original, on a fait vieillir le personnage. Ce qui implique beaucoup de choses. Devenu adulte, il s’adresse à un public plus vieux. En effet il y a des scènes bien plus sanguinolentes que dans la série originale. Il y a beaucoup de temps entre les deux séries, et on apprend par petites touches ce qu’il s’est passé.

J’ai eu l’impression qu’il y avait une plus grande recherche au niveau du dessin pour coller à la vérité historique, que c’était plus immersif.

Et avec une intrigue qui va se prolonger sur plusieurs volumes, on fait le choix d’accroitre la complexité des aventures d’Alix.

Astérix chez les Pictes

astérix chez les pictesTitre : Astérix chez les Pictes

Scénario : Jean-Yves Ferri

Dessin : Didier Conrad

Éditeur : Éditions Albert René

Année : 2013

L’histoire : Alors qu’un hiver rigoureux s’est abattu sur la Gaule, Astérix et Obélix découvre en bord de mer un Picte contenu dans un glaçon. Comme il est revenu à lui mais aphone, les deux compères décident de le raccompagner sur sa terre natale.

Ce que j’en pense : Aïe, aïe, aïe. Voilà c’est dit.

Cet Astérix est le premier de la série sans qu’aucun des deux pères ne soit aux commandes. Il était attendu au tournant pour savoir s’il allait pouvoir voler de ses propres ailes. Pour moi ça s’écrase en beauté. 

Bien sûr pour le dessin on reste avec ce que l’on connaissait, il n’y a pas de grande évolution graphique.

Le scénario ne fait pas dans l’originalité, et prouve bien une absence de prise de risque. On envoie les deux Gaulois à l’étranger comme cela avait pu être une habitude. Ces voyages permettaient de caricaturer certains peuples mais cela les rendait en fin de compte attachant. Ici rien de tout ça. Il n’y a pas de rebondissements, il y a juste une accumulation de clichés propres à l’Écosse mais qui ne sont même pas exploités. Les gags et les jeux de mots sont poussifs ou bien inopérants. J’ai eu l’impression que les auteurs s’efforçaient de caser un gag ou un jeu de mots dès que cela était possible.

L’histoire est assez banale, ça se déroule sans enthousiasme et sans rebondissements. Je me suis trouvé bien loin des précédents épisodes et donc déçu.

Astérix légionnaire

astérix légionnaireTitre : Astérix légionnaire

Scénario : Goscinny

Dessin : Uderzo

Edition : Hachette

Année : 1967

L’histoire : Falbala est revenue de Condate où elle a fait ses études. Sous le charme Obélix décide de lui faire la cour. Mais Falbala apprend que son fiancé a été engagé de force dans la légion romaine. Pour  lui plaire Obélix, en compagnie de son fidèle ami, va partir à la recherche de Tragicomix.

Ce que j’en pense : « Engagez-vous ! Engagez-vous ! « , qu’il disait.  Astérix s’engage pour la bonne cause: retrouver un de ses compatriotes. Il ne va pas voir beaucoup du pays mais il va en faire voir de toutes les couleurs aux Romains si rigoureux.

Bon il n’est pas tout seul à casser les pieds des instructeurs, on retrouve Mouléfix qui ne raconte que des blagues belges, Plazadetoros qui chicane sur le montant de la solde, Courtdeténis qui croit débarquer dans une auberge et son fameux « Poil au nez ». Il n’y a que Faupayélatax qui apprécie là où il débarque vu qu’il aime la nourriture infecte qu’on lui sert (c’est vrai, les Anglais ne sont pas fortiches en gastronomie).

Le périple des deux compères va les emmener en Afrique en plein règlements de comptes entre Jules César et Scipion. Ils vont aider malgré tout leur ennemi préféré. Celui-ci n’est pas rancunier et leur accorde ce qu’ils veulent.

Les personnages de Falbala et Tragicomix, tels qu’ils sont dessinés, apparaissent comme des caricatures, trop parfaits dans ce monde de Gaulois mal bâtis et bedonnants.

Un épisode encore plus humoristique que Astérix aux Jeux Olympiques, plus plaisant à lire.

Astérix aux Jeux Olympiques

asterix aux jeux olympiquesTitre : Astérix aux Jeux Olympiques

Scénario : René Goscinny

Dessin : Albert Uderzo

Edition : Dargaud

Année : 1968

L’histoire : Alors qu’ils se promènent tranquillement dans la foret, Astérix et Obélix croisent un légionnaire romain qui s’entraine pour les Jeux Olympiques. Sans le faire exprès, ils vont lui montrer que ses capacités physiques sont inférieures aux leurs. Vexé le supérieur du légionnaire vient les voir pour leur demander de laisser tranquille son poulain. Alors les gaulois ont l’idée de participer aussi aux Jeux Olympiques.

Ce que j’en pense : Comme pour Tintin, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas replonge dans un Astérix. J’ai retrouvé les personnages qui sont devenus des classiques.
L’humour m’a fait plaisir : les délires avec les noms comme Mixomatos;  les gags visuels, qui sont une tradition chez Astérix.

Avec cet épisode Uderzo et Goscinny profitent du déplacement à Athènes pour se moquer du comportement des supporters des athlètes, ils se déplacent en groupes, se croient comme chez eux, ils ne respectent pas les adversaires de leurs champions.

Ils en profitent aussi pour aborder la question du dopage et de la  tricherie. A l’époque ce problème devait avoir moins d’ampleur qu’aujourd’hui. Quarante cinq ans plus tard, que ce soit pour le dopage ou les supporters, pas grand chose n’a  changé.

Lefranc Tome 1 – La Grande Menace

la grande menaceTitre : La grande menace

Auteur : Jacques Martin

Edition : Le Lombard

Année : 1954

 

L’histoire : Lefranc, sur la route de la Suisse, se trouve pris dans une course poursuite impliquant des douaniers et des contrebandiers. Intéressé par l’action, Lefranc va mener sa petite enquête.

Ses investigations vont le mener à une tour en ruine où règne une étrange activité et à un énigmatique industriel, Axel Borg.

Ce que j’en pense : Lefranc, en tant que journaliste baroudeur, redresseur de torts, est dans lignée de Tintin. Mais Jacques Martin va plus loin qu’Hergé. La Grande Menace est le premier épisode des aventures de Lefranc, il se caractérise par une certaine noirceur. L’action se déroule dans un contexte de menace terroriste pesant sur la France, les autorités utilisent les grands moyens pour déloger Borg (déploiement de l’armée, utilisation du napalm).

Dès cet épisode Lefranc se voit adjoindre Jeanjean, le scout. Lefranc est un personnage dynamique, qui n’hésite pas à prendre des risques mais je trouve que Jeanjean fait office de boulet.

En voyant la couverture je m’attendais à ce qu’il y ait un petit peu de science-fiction, mais non cette fusée n’est qu’une arme élaborée par des anciens ingénieurs nazis pour Borg. Ce n’est que plus tard dans la série que l’on retrouvera des éléments de science-fiction plus flagrants.

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Vol 714 pour Sydney, Hergé

Titre : Vol 714 pour Sydney

Scénariste et dessinateur : Hergé

Edition : Casterman

Année : 1968

Note : 3/5

L’histoire : En route pour un congrès d’aéronautique, Tintin et le capitaine Haddock font escale à Djakarta. Ils rencontrent le pilote et ami Szut. Celui-ci est devenu le pilote personnel d’un milliardaire un peu excentrique, Lazlo Carreidas.

Carreidas leur propose de les emmener dans son jet privé. Mais les membres d’équipage de l’avion sont mal intentionnés et détournent l’avion, et le font se poser sur une île déserte. Ile où Tintin va retrouver un ennemi de longue date : Rastapopoulos.

Ce que j’en pense : Vol 714 pour Sydney est l’une des dernières aventures de Tintin.  Le récit est à diviser en deux parties.

La première est très classique : une prise d’otages, mais avec Tintin dans les otages les kidnappeurs ont du souci à se faire; des gags fréquents comme le capitaine Haddock qui met un billet dans le chapeau d’un vieillard qui se révèlera être milliardaire, la démonstration de savate de Tournesol, l’apparition d’un nasique qui ressemble étrangement à Rastapopoulos.

La seconde introduit des éléments de science-fiction, ce qui me dérange un peu dans une série comme Tintin, comme la télépathie ou l’existence d’une entité extraterrestre, éléments dont les personnages n’auront aucun souvenir car ils se seront faits flashouillés.  Ça arrive à la toute fin du récit comme pour essayer de caser ces éléments.

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Le Prince du Nil – Jacques Martin

le prince du nil‘histoire : Alix et son ami égyptien Enak arrivent à Sakkarah, capitale du Pharaon Ramès où celui-ci  les attend. En effet Enak serait un descendant des pharaons et Ramès, qui est sans successeur, est un heureux de trouver quelqu’un de son sang pour assure la continuité de la lignée. Mais Alix se rend compte que c’est un stratagème pour le force à tuer Jules César qui a la volonté de porter la guerre en Égypte.

Ce que j’en pense : Alix, c’est un indémodable de la BD jeunesse. Je les ai lu dans tous les sens au collège à la moindre heure de permanence au CDI. Au moins ça permettait d’illustrer les cours de latin et de grec que je pouvais avoir.

Maintenant, face à cet album publié il y a presque quarante ans, je trouve que ça fait un peu vieillot. Le dessin en ligne claire permet une certaine netteté des dessins mais à part Alix et Enak, j’ai l’impression de me retrouver à Cloneland tant les personnages qui gravitent autour d’eux se ressemblent.

L’histoire en soi ne m’a pas plus emballé que ça, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de blabla, dans un milieu trop masculinisé (bah oui il n’y a qu’un seul personnage féminin d’importance).

Sûr qu’Alix, comme héros pour la jeunesse peut être adéquat par les principes qu’il respecte, mais en tant qu’adulte il m’a manqué une dose de complexité.

L’Oreille cassée, Hergé

l'oreille casséeL’histoire : Un fétiche arumbaya est dérobé au Musée Ethnographique. Tintin mène son enquête. Il va rencontre deux hommes qui s’intéressent aussi à la statuette. En se mettant à la poursuite du fétiche, il s’embarque pour le San Theodoros où il tombe en pleine révolution.

Ce que j’en pense : Il a fallu une heure de permanence où je n’avais rien pour m’occuper pour que j’emprunte un Tintin au CDI et faire un grand bond en arrière. Cela faisait longtemps que je ne m’étais plus plongé dans un Tintin, préférant découvrir des séries plus récentes pour dire de rester à la page.

Alors ça fait du bien, c’est comme se retrouver dans un cocon. J’ai retrouvé des choses que j’avais oublié : le fameux « Gros plein de soupe » lancé par le perroquet qui provoque une bagarre en pleine rue ; les révolutions et les contre-révolutions, la nomination exponentielle et arbitraire de colonels.

 Une relecture après plusieurs années permet de comprendre certaines choses qu’un enfant ne peut saisir : le cynisme des marchands d’armes qui vendent leurs canons aux deux camps.
Quand on lit un Tintin, on part à l’aventure pendant une soixantaine de pages, il n’y a pas de temps mort, quelques touches d’humour mais un certain sérieux.