Terres lointaines (5 tomes)

terres lointaines1L’histoire : Le jeune Paul débarque sur une planète éloignée en compagnie de sa mère et de sa sœur. Son père qui avait payé le voyage ne vient pas les chercher.Paul va alors devoir se débrouiller pour faire vivre sa famille. Une fois leur subsistance assurée il part à le recherche de son père en compagnie d’un extraterrestre, Monsieur Step, qui lui avait sauvé la vie.

Ce que j’en pense : Leo est un habitué des cycles de BD se déroulant dans des mondes éloignés et exotiques. La quête de Paul est un prétexte pour découvrir cette planète. Alors on a droit au bestiaire très imaginatif peuplant ce monde et aux pratiques induites pour l’exploitation de cette faune. Car, quand on met de côté la recherche du père de Paul et ses interrogations parfois prises de tête, il y a des préoccupations écologiques qui ressurgissent. Ce qui ressort à la lecture c’est la critique de la surexploitation des écosystèmes mais il est dommage que cette problématique apparaisse à la fin du quatrième épisode et en devienne un enjeu qu’à partir de ce moment-là.

terres lointaines3Côté personnages, il n’ y a pas de grande surprise. Paul est le jeune héros qui va se construire au cours de sa quête, la recherche de son père est une initiation.

Autour de lui gravitent des personnages ayant plus ou moins de la consistance. Il y a le bon chasseur de primes, qui va se trouver une raison de lâcher son boulot et les mauvais chasseurs de primes qui casseront les pieds jusqu’à ce que les autorités bien peu présentes s’en chargent; il y a les personnages féminins qui se ressemblent tous physiquement (surtout les brunes). Heureusement qu’il y a Monsieur Step, une espèce de mollusque intelligent. Sa présence permet d’avoir des moments de réflexions sur la futilité du comportement de certains humains. Quand j’ai fini ma lecture, je me suis rendu compte que c’était le personnage le plus intéressant du cycle.

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La sirène de l’espace, Michel Pagel

la sirene de l'espace

L’histoire : Un jeune gars sans boulot se retrouve enrôlé sur un vaisseau spatial corsaire. Le capitaine a été chargé de détruire une structure nécessaire à la survie d’une colonie.

Lors du voyage l’équipage du vaisseau va rencontrer un concurrent du capitaine. Pour s’en débarrasser le capitaine va utiliser une sirène, une créature artificielle dotée de pouvoirs dévastateurs.

Ce que j’en pense : J’ai gagné ce court roman lors d’un Summer Star Wars (celui de l’année dernière je pense). J’ai profité d’un passage aux urgences pour le commencer.

Le roman est fondé sur un trio de personnages assez disparates, ayant plus ou moins un intérêt. Le héros, jeune gars radio dans l’armée sur un vaisseau, est enrôlé contre son gré par des pirate. Son sens moral très élevé va à l’encontre des préceptes et des comportements des pirates. Plusieurs fois il va endosser le rôle du redresseur de torts. Même si c’est le gentil, il est ennuyeux. Face à lui il y a le capitaine pirate. Atteint d’un trouble psychiatrique, il se prend pour le Long John Silver de Stevenson. Pour faire simple il est l’archétype du méchant romantique. En terme de comportement il passe d’un extrême à l’autre, de très mielleux à très cruel. Il se prend pour un personnage de fiction, ironique de la part d’un personnage de fiction.. Pour couronner son caractère délirant, le capitaine a à sa disposition une sirène. Cette créature artificielle a les même traits que son homolgue mythique : elle chante ses émotions et en fait une arme, sa beauté étrange va séduire fatalment le héros. Héros qui devra faire le choix entre la survie de milliers de civils et la préservation de la créature dont il est tombé amoureux. Alors on se retrouve avec une histoire d’amour contrarié et qusi-impossible.

La Sirène de l’espace, bien que se situant dans le cadre d’un space opera, convoque des éléments de la littérature comme la créature mythique, la sirène, ou bien un personnage comme Long John Silver. Ça remet au goût du jour des personnages dont on pourrait avoir fait le tour.

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La Guerre Eternelle, Joe Haldeman

la guerre eternelle

L’histoire : En 1997, la Terre voit un de ses astronefs détruits dans la constellation du Taureau. Pour se venger, elle y envoie son groupe de soldats spécialement formé pour l’occasion.

William Mandella fait partie de ces soldats. Il survit à un entrainement inhumain. Les combats sont peu nombreux mais peu y survivent. Mandella réussit à y survivre.

Ses voyages le confrontent à la distorsion spatio-temporelle, Mandella ne vieillit que de quelques années alors que sur Terre les siècles passent.

Ce que j’en pense : Ecrit par un auteur qui a été marqué par son passage au Viet-Nam, certains comparent La Guerre Eternelle d’Haldeman aux Etoiles, garde-à-vous d’Heinlein pour leur côté antimilitariste.

J’ai déjà dit ce que je pensais du roman d’Heinlein, con côté fascisant m’avait déplu. Le roman d’Haldeman ne fait pas forcément dans la subtilité : dès les premières pages; le lecteur sait qu’il va se retrouver dans une thématique anti-militariste.

Les soldats subissent un entrainement à la difficulté surdimensionnée, beaucoup en meurent. Lorsqu’ils se retrouvent au combat ce n’est pas aussi difficile, ils doivent plus lutter contre l’attente que contre leurs ennemis. Les soldats d’Haldeman sont des marionnettes entre les mains des gouvernants : au combat ils sont sous hypnose pour les rendre plus féroces; ils sont envoyés aux quatre coins de la galaxie, ils ne subissent pas les effets du temps mais sur Terre les siècles passent, ils se retrouvent déracinés, sans passé ni avenir; sans le savoir, ils se retrouvent démobilisés du jour au lendemain. Éloigné de la Terre Mandella ne reprend contact avec elle que peu de fois, à chaque fois Mandella retrouve une organisation sociale qui a évolué. Lui est alors considéré comme un fossile, un élément du passé qui n’est plus en phase avec la pensée en vigueur.

Le style est plutôt simple, le récit ne s’embarrasse pas de grandes réflexions philosophiques. Les situations s’enchainent  et le lecteur n’a plus qu’à se faire lui-même une idée de la stupidité de la guerre, des mensonges et des manipulations qu’elle provoque.

Le cheminement scénaristique manque d’originalité. Mandella gravit les échelons de la hiérarchie militaire et malgré cela il est toujours manipulé par ceux qui sont au-dessus de lui.

La Guerre Eternelle est un roman sur un thème qui peut être intéressant. Mais le problème est qu’Haldeman est trop démonstratif comme s’il avait peur que le lecteur ne comprenne pas. A cause de cela il ne pourrait même pas passer pour un roman de SF de seconde zone.

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logo-pliPrix Hugo 1976

Prix Locus 1976

Prix Nebula 1976

ABC imaginaire 2016

L’éveil du Léviathan, James S.A. Corey

l'eveil du leviathan

L’histoire : L’humanité a colonisé le système solaire mais n’a pas encore réussi à atteindre les étoiles. Un vaisseau transporteur croise la route d’un appareil abandonné. L’équipage y découvre un élément pour lequel certains tueraient.

Un policier est chargé de retrouver une jeune femme. Son enquête va le mener jusqu’à l’appareil abandonné, il comprend alors que la jeune femme peut avoir des réponses aux questions qu’il se pose.

Ce que j’en pense : L’éveil du Léviathan est un roman qui avait beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie il y a deux ans.

Le roman mélange thriller et space opera avec une certaine efficacité. Par moments on retrouve des éléments horrifiques. LE roman est calibré pour plaire au plus grand nombre : pour les lecteurs de SF avec les éléments de space opera (mais cela reste light par rapport à un auteur comme Alastaire Reynolds); pour les lecteurs de thriller avec une enquête policière et un policier désabusé et en bout de course.

Les auteurs réussissent à créer un bon divertissement où les moments d’action s’enchainent régulièrement et sont plutôt différents pour varier les plaisirs: exploration d’un vaisseau abandonné, traversée d’une ville dont les habitants ont été transformés en zombies, combats spatiaux, course poursuite entre un vaisseau et un astéroïde doté d’une volonté propre.

Par moments j’ai trouvé que certains personnages étaient trop clichés : le policier désabusé; le scientifique amoral, etc.. Donc pas de surprise de ce côté là.

L’éveil du Léviathan est tout à fait adéquat pour passer une bonne semaine de vacances. Mais tous les éléments présents pour satisfaire tout le monde ne me satisfont pas.

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ABC imaginaire 2016

Star Trek 2 : La colère de Khan (1979)

star trek 2 la colere de khan

L’histoire : Un vaisseau de Starfleet est à la recherche  d’une planète vierge de toute vie. Il débarque deux de ses membres sur une planète pouvant remplir ces critères. 

Mais les deux hommes sont pris en otage par des condamnés  abandonnes.Leur chef, Khan, a une dent contre Kirk et va mettre la main sur un procédé de terraformation pour détruire son ennemi.

Ce que j’en pense : Est ce que pour ce deuxième épisode on m’aurait écouté ? 

L’équipage de l’USS Enterprise retrouve confronté à un méchant digne de ce nom. Il a un look digne de Mad Max et animé par la vengeance. Ce n’est pas original mais ça change. Mais ce Khan (référence pas du tout masqué à Gengis Khan) cumule tous les caractéristiques du méchant d’opérette. C’est même lui qui a les pires répliques : « mon dernier souffle, je te le vomirai au visage ».

L’équipage s’est étoffée avec l’adjonction d’une Vulcaine au comportement très rigide. Elle compense le relâchement de Spock au contact des humains. Et quand on voit la fin, je me suis demandé si cette fille n’était pas là pour préparer la succession de Spock.

Les scénaristes ont trouvé que c’était une grande idée de faire réapparaitre un fils caché de Kirk. Ça donne des moments parfais ridicules tant le sentimentalisme y sue à tout crin.

Le gros problème c’est que j’ai l’impression que la production a manqué de moyens pour les effets spéciaux. Les explosions, les coups de blaster manquent de puissance. Même Ceux de la série Battlestar Galactica m’ont plus impressionné avec leur qualité. Visuellement on dirait que c’est fait avec trois bouts de ficelle.

Dans l’ensemble ça reste un divertissement plaisant mais il va falloir encore du temps dans  ce monde pour apprécier Star Trek.

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Ces hommes dans la jungle, Norman Spinrad

ces hommes de la jungle

L’histoire : Bart Fraden, président de l’Etat libre de la Ceinture, subit un coup d’Etat. Obligé de s’enfuir, il est à la recherche d’un monde à conquérir. Il tombe sur Sangre, une planète dominée par la Confrérie de la Souffrance, une bande de dégénérés qui pratiquent la torture, l’esclavage et le cannibalisme. Face à une telle bande, la tâche ne va pas être simple.

Ce que j’en pense : Norman Spinrad n’est pas un auteur que je lis très régulièrement et pourtant je devrais parce que quelque soit le thème il y a toujours matière à réflexion.

Ici avec Ces hommes dans la jungle, écrit en 1967, on retrouve plein d’idées propres à l’époque où il a été écrit.

La révolution que Fraden tente de mener fait penser aux révolutions marxistes qui essayaient de percer notamment en Amérique du Sud. Plus récemment, Fraden et ses sbires m’ont fait penser aux FARC colombiens. Ce qui est le plus marquant aussi c’est que les tribulations de Fraden ressemblent beaucoup aux errements de la diplomatie américaine. On peut facilement considérer que Fraden est une métaphore des Etats- Unis. Il y a une volonté d’asseoir sa puissance, il utilisera la propagande, il manipulera les esprits simples, puis il s’en ira parce que même s’il a réussi à mener sa révolution la situation qui en découle ne le satisfait pas. Il laisse la planète avec un beau bordel sans que ça le chagrine plus que ça. Ce qui est un peu moins réussi ce sont les traits psychologiques des personnages, ils sont un peu trop prévisibles.

Ces hommes dans la jungle a une grosse liberté de ton (en rapport à son année de parution), à travers la critique politique, il y a des scènes de violence plutôt sanguinolentes et des scènes de sexe qui essayent d’être osées (je les ai trouvées un peu nunuches). Le roman se lit plutôt facilement même si sur la fin ça traine un peu en longueur à cause d’une multiplication des subterfuges. Donc malgré un cadre divertissant (celui du space opera) il a y avec Spinrad une critique de la société dans laquelle il vit et que ce soient des gouvernants comme des gouvernés.

Dans le texte : « J’y comprends rien, Bart, vraiment rien. On dirait qu’il n’y a pas une seule couille en état de marche sur toute la planète. Je n’ai jamais rien vu de pareil. Ces Sangriens passent leur vie à se faire enculer à tour de bras et à longueur de journée, mais ils n’ont pas envie de se battre. Ça ne leur viendrait même pas à l’idée. »

ssw-7ABC imaginaire 2016

Bilan de juin

Punaise, déjà le premier juillet. Je n’ai pas vu passer le mois de juin. Une semaine de congés pour lire un pavé et pour couper le mois, du mauvais temps pour une grande partie du mois. Bilan en demie-teinte en fin de compte.

Quatre lectures : Seigneur de lumière, Ces hommes dans la jungle, L’éveil du Léviathan et La Guerre éternelle pour deux achats.

DSC01871Deux achats c’est vite dit parce que j’ai bien profité de la GrosseOP de Bragelonne : 16 ebooks achetés. Soi-dit en passant l’opération continue encore ce week-end.

Nouveauté pour moi, j’ai participé à un financement participatif : celui organisé par Mnémos pour l’oeuvre Clark Ashton Smith. Maintenant j’ai envie de voir ce que cela va donner mais je pense qu’on aura droit à un très bel objet.

Le Summer Star Wars a débuté et déjà deux contributions. Je vais devoir me doper pour tenir un rythme satisfaisant. Bon je serai dans le contexte avec le Tour de France qui débute dans peu de jours.