Yellowstone, Ludovic Albar

yellowstoneTitre : Yellowstone

Auteur : Ludovic albar

Editeur : Mnémos

Année : 2014

361 pages

L’histoire : Dans un futur proche, l’Europe est gangrénée par des Etats policiers et des fascismes ethniques. Frank Malissol, flic d’élite, est envoyé à Paris pour enquêter dur les dérives du Département de contrôle des zones, endroits où s’entassent les membres des minorités ethniques et religieuses.

Ce que j’en pense : Ludovic Albar est un auteur que j’ai découvert par hasard à l’occasion du Salon du Livre de Paris 2015.

Sur la quatrième de couverture, on le compare à Dantec, Dick et Philip Kerr. Je trouve que c’est mal connaitre ces auteurs et ne pas faire honneur à Ludovic Albar.

Yellowstone est un roman d’anticipation. Les Etats européen sont devenus des régimes fascistes, les minorités dont on ne veut plus sont parquées dans des zones ou l’atmosphère devient de plus en plus explosive. Il a aussi un côté cyberpunk avec un développement important des technologies que ce soit avec la réalité virtuelle ou avec les techniques de clonage ou de communication.

Moi je rapprocherai plus Ludovic Albar de Jean-Pierre Andrevon. Tous les deux nous décrivent un monde, une société qui a bifurqué en prenant les mauvais côtés du monde que nous connaissons aujourd’hui. Tous les deux utilisent un personnage simple, avec de l’humour pour dégonfler certaines situations, pris dans les engrenages dont il est parfois difficile de sortir, comme moyen de médiation avec ce monde.

Mais par rapport à Andrevon, Albar parait moins outrancier dans certaines descriptions ou dans le vocabulaire utilisé. Même si les situations décrites ne sont pas forcément optimistes, le ton utilisé me parait plus consensuel.

Yellowstone met en place des situations qui pourraient se réaliser à la condition que le volcan sur lequel on vit ne se réveille pas. Mais depuis quelques années il a tendance à avoir des soubresauts de plus en plus fréquents.

Yellowstone est un roman noir, qui ne brille pas par son optimisme. Mais j’ai fini ma lecture avec beaucoup de satisfaction.

ABC imaginaire 2016

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Gueule de Truie, Justine Niogret

gueule de truieTitre : Gueule de Truie

Auteur : Justine Niogret

Editeur : Critic

Année : 2013

253 pages

L’histoire : L’Apocalypse s’est produite. Pour les leaders religieux qui survivent, c’est Dieu qui l’a voulu. Alors ils ont décidé de continuer son œuvre : détruire ce qui reste de l’humanité. Pour cela, ils ont créé un groupe d’inquisiteurs chargés d’éliminer les derniers survivants. Parmi eux, Gueule de Truie, formé à tuer de puis son plus jeune âge, croise un jour le chemin d’une jeune fille qui porte une boite étrange. Gueule de Truie va se mettre à la protéger même si cela semble remettre en question les dogmes qu’on lui a inculqués.

Ce que j’en pense : Avec Justine Niogret, on retrouve des personnages qui ne sont ni bons ni mauvais mais qui sont ce que leur milieu merdique fait d’eux. Avec le diptyque sur Chien du Heaume, c’était le cas dans le cadre d’une fantasy sombre et bien peu éloignée de la réalité. Avec Gueule de Truie, on se retrouve dans un monde post-apocalyptique. On retrouve aussi un personnage qui porte le nom qui le fait. Gueule de Truie est son nom. Il se réfère au masque qu’il porte depuis tout petit. A force de le porter, il est devenu ce nom aux yeux du monde extérieur. Et quand un élément imprévu arrive, remettant en question ce qu’il est, on va avoir droit à de nombreuses interrogations et d’actes de violence. Car la violence est le seul moyen pour Gueule de Truie de s’exprimer ou de se rassurer.

Gueule de Truie évolue dans un monde où la désespérance suinte de partout. L’humanité est divisée en deux : une partie attend de mourir sous les coups de l’autre partie. L’absence d’espoir est renforcée par la présence d’une autorité morale qui prône la destruction.

Gueule de Truie est un roman qui laisse un goût de poussière voire de cendres dans la bouche. Justine Niogret va beaucoup plus loin dans la noirceur d’un monde apocalyptique que ce qui avait pu être décrit dans des œuvres comme Mad Max.

Dans le texte :

« Quand je te sens j’ai envie de te rentrer le visage dans la face à coups de poing. C’est parce que tu es si normale. Même ton nom est normal et ridicule, j’en suis tout à fait certain. Pauvre petite conne que sa mère berçait en chuchotant un nom déjà usé par d’autres. Gueule de Truie, voilà un nom qu’on gagne. Qu’on paye, aussi, mais qu’importe, au bout des souffrances, quand on sait garder ce qu’on a remporté. »

« Vous me donnez la haine, voilà; la haine, la haine d’être né dans la même espèce, presque la même, et vous me jugez, vous me dites fou, et violent, alors que n’avez simplement pas la force de vivre droits et debout. »

Arkeod (2 tomes)

arkeod 1Titre : Arkeod

Scénario : Virginie Cady et Nicolas Mitric

Dessin : Nicolas Mitric

Editeur : Soleil Productions

Année : 1999-2001

L’histoire : Vers 2070 des météores tombent sur la Terre faisant régresser l’humanité. Un tyran, Tristan fait régner un régime oppressif au peu de survivants restants sur Terre. Un vieillard recherche un artefact qui pourrait mettre fin à la dictature. Lors de ses recherches il tombe sur un sosie de Tristan, fils d’un vieil ami. Ensemble ils vont essayer de renverser le tyran.

Ce que j’en pense : Que dire de ces deux volumes ? Ça commence comme un récitarkeod 2 post-apo, avec des météores qui dévastent la Terre. L’humanité fait un grand bond en arrière et qui tente de survivre en formant des clans. Mais rapidement le récit vire à la fantasy.

Mais attention c’est de la fantasy trop prévisible. Une prophétie, un artefact qui peut changer la destinée du monde, un héros qui se retrouve avec un double maléfique voilà les principaux éléments qui ressortent. Il y a une multiplication des personnages secondaires qui apportent de l’humour mais on dirait qu’ils sont là que pour la touche humoristique. Les personnages principaux et secondaires ont un physique tellement irréalistes : les mecs sont bodybuildés (ils savent bien s’entretenir malgré la pénurie) et les filles sont taillées comme des voitures de course.

C’est une lecture plutôt décevante car elle enchaine les clichés et n’apporte pas grand chose au genre.

La justice de l’ancillaire, Ann Leckie

la justice de l'ancillaireTitre : La justice de l’ancillaire

Auteur : Ann Leckie

Editeur : J’ai Lu

Année : [2013] 2015

448 pages

L’histoire : Le Radch est un empire en expansion permanente. Chaque conquête lui permet de recruter des ancillaires, des prisonniers dont la conscience est annihilée pour être à la disposition des IA des vaisseaux de guerre de l’empire. Le Justice de Toren, un des vaisseaux de guerre, est détruit victime d’un complot mené à la tête de l’empire. Il réussit à s’incarner dans le dernier ancillaire survivant. Dix neuf ans après sa destruction, il va mener sa vengeance.

Ce que j’en pense : Voilà un roman qui me faisait de l’œil depuis les présentoirs de la FNAC à chaque fois que je le voyais. Il faut dire qu’avec son bandeau récapitulant ses multiples prix il avait des arguments.

Dès le début ce qui est déroutant c’est l’utilisation du genre féminin comme genre de droit commun. Le genre féminin est prépondérant et on se retrouve avec des la lieutenant ou des la gouverneur. Mais une fois l’habitude prise, ça se laisse lire même si je ne suis pas d’un enthousiasme débordant.

Quand j’ai vu que c’était un space opera, je m’attendais à avoir quelque chose comme du Peter Hamilton mais en un peu plus intéressant. Mais non. Le récit est entrecoupé de flashbacks où l’ancillaire se remémore les événements qui ont conduit à sa destruction. Il faut attendre les deux tiers du roman pour pouvoir être accroché, pour commencer à comprendre ce qui est en jeu. Avant j’ai eu l’impression que ça ne servait à pas grand chose tant ça laissait le lecteur dans le flou.

J’ai trouvé un intérêt au roman grâce au personnage de l’ancillaire. Cette IA qui avait de multiples possibilités d’incarnations qui se retrouve du jour au lendemain unique doit apprendre à vivre dans l’étroitesse d’un corps humain. C’est cet être synthétique qui porte le roman, il va au fil du récit acquérir une humanité. Et son caractère où l’on va retrouver de la bonté, de la solidarité ou bien un désir de vengeance, va lui permettre de se distinguer par rapport aux autres personnages. Ceux-ci sont bien pâles par rapport à l’ancillaire.

La justice de l’ancillaire est une lecture plutôt exigeante pour le lecteur, qui doit toujours être attentif. Car il entre dans un roman qui a un schéma de réflexion assez particulier. Schéma qui malheureusement prend trop d’importance et qui ne m’a pas permis d’apprécier correctement le roman.

logo-pliPrix Hugo 2014

Prix Nebula 2013

Prix Locus 2014

ABC imaginaire 2016

Octobre Noir

octobre noirTitre : Octobre Noir

Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : AdLibris

Année : 2011

L’histoire : Octobre 1961, le préfet de police de Paris, Maurice Papon, met en place un couvre-feu s’appliquant aux seuls Français musulmans. La fédération de France du FLN organise une manifestation pour protester contre cette mesure. Pacifiquement hommes et femmes vont se rendre dans la capitale pour réclamer leur liberté. La répression va être impitoyable.

Ce que j’en pense : Ce n’est pas la première fois que je lis une collaboration entre Didier Daeninckx et Mako. J’avais pu lire le Train des oubliés, qui s’intéressait aux amitiés douteuses entre des entrepreneurs et les nazis. Ici on aborde un évènement plus douloureux dans l’histoire de France : le 17 octobre 1961.

Didier Daeninckx a l’habitude dans son œuvre de pointer du doigt certains faits qui font mal. Le 17 octobre 1961 a, je pense une importance particulière pour lui, parce qu’après le roman Meurtres pour mémoire, il revient dessus.

Le récit en soi est très ramassé, on ne verra pas grand grand chose de la répression. C’est un jeune qui va reconstituer les événements pour retrouver sa sœur qui a voulu manifester malgré l’interdiction parentale. Le ton est  donné dès les premières pages, qui retranscrivent simplement l’esprit d’une époque. Un contrôle de police au faciès qui se termine par des coups mortels et une disparition du corps dans les eaux de la Seine.

Je pense qu’il est bénéfique d’avoir encore des auteurs qui nous permettent de nous remémorer certains événements.

Manesh, Stefan Platteau

maneshTitre : Manesh (Les Sentiers des Astres 1)

Auteur : Stefan Platteau

Editeur : Les Moutons Electriques

année : 2014

462 pages

L’histoire : Dans la contrée du Vyanthryr, les gabares du capitaine Rana remontent le fleuve à la recherche de l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. Les guerriers accompagnant Rana sortent de l’eau un homme agonisant qui dérivait sur le fleuve. De nombreuses questions vont arriver avec cet homme, qui est-il? Que faisait-il ? est-il un allié ou un ennemi?

Ce que j’en pense : Lorsque Manesh est paru, ça a été la déferlante dans la blogosphère, c’était un incontournable de la fantasy. Son importance a été renforcée lorsqu’il a remporté le prix Imaginales 2015.

C’est pour le Challenge PLI que je l’ai sorti de ma PAL. A la suite d’une longue lecture (10 jours dessus c’est beaucoup pour moi et pour un livre ayant son nombre de pages), mon avis est partagé sur ce roman.

Le monde décrit par Stefan Platteau est très riche. Il faudrait presque une encyclopédie pour ne pas se perdre dans les peuples, les divinités et les lieux. Stefan Platteau construit un monde très riche, très cohérent, qui prouve une grande culture. A chaque introduction d’un personnage divin ou humain, on entre dans un moment où on va être submergé par les détails, par les informations. Et ce fait constitue un défaut pour le roman. Le rythme a alors du mal à avancer et j’ai eu du mal à trouver un point d’accroche.

Le récit est principalement composé du récit du Bâtard, l’homme repêché dans le fleuve. Son récit est un flashback où il raconte son histoire mais cela met toujours entre parenthèses le récit au présent. Par contre l’histoire qu’il raconte, qui est celle de la recherche d’une famille, est touchante. Il est un être entre deux mondes, qui ne sait dans lequel se placer et qui ne sait pas quels êtres des deux mondes vont l’accepter. Je dois reconnaitre que la quête du Bâtard est un beau récit. Mais il faut beaucoup de temps pour que sa quête se raccroche au récit des hommes du capitaine Rana. Il faut aussi beaucoup de temps pour qu’il y ait de l’action, tout s’accélère malheureusement à la fin.

Manesh est un roman qui nous plonge dans un monde sombre, où Stefan Platteau fait preuve d’une grande précision et d’une certaine poésie dans ses descriptions mais qui est à mon goût trop lent. Alors je ne sais pas si je me lancerai dans la lecture du deuxième volet qui va bientôt sortir.

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Prix Imaginales 2015

ABC imaginaire 2016

Le puits des mémoires, tome 1 : La traque, Gabriel Katz

le puits des mémoires 1Titre : Le puits des mémoires, tome 1 : La traque

Auteur : Gabriel Katz

Editeur : Pocket

Année : [2012] 2015

380 pages

L’histoire : Trois hommes sans mémoire se réveillent à proximité d’un chariot cellulaire dont l’escorte a été décimée par un éboulement. Ils vont s’enfuir et essayer de découvrir qui ils sont alors qu’une immense chasse à l’homme est lancée pour les retrouver.

Ce que j’en pense : Voilà encore un roman à la notoriété bien établie auquel je m’attaque. J’ai eu du mal au début avec le style de Gabriel Katz. Quand je lis de la fantasy, il faut aussi un dépaysement du côté de l’écriture. J’ai trouvé le style de Katz trop moderne, voire trop familier.

Mais passé cet aspect, je dois reconnaitre que j’ai lu un roman de fantasy agréable mais pas exceptionnel. on suit un trio de personnages qui au fil du récit va essayer de retrouver son identité. Il est amusant de les voir essayer d’imaginer ce qu’ils ont pu être et de découvrir qui ils ont été réellement. Pour eux il s’agit d’une renaissance, d’un redémarrage et ils ont tendance à être moins moins mauvais que précédemment. Ce sont des personnages sympa qui peuvent très facilement plaire aux lecteurs. Face à eux il y a un ennemi qui cumule toutes les caractéristiques du bad guy : méchanceté, troupes d’élite à son service, créature monstrueuse qui a bien peu d’utilité.

Le premier volume du Puits des mémoires est un roman qui propose ce qui peut satisfaire un lecteur mais qui ne révolutionnera pas la fantasy.

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Prix Imaginales 2013

ABC imaginaire 2016

Bilan de février

Houla !! Un mois où je n’ai lu que trois romans, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps de lire aussi peu.

Alors seulement trois romans : Manesh de Stefan Platteau, La Justice de l’Ancillaire d’Ann Leckie, Gueule de Truie de Justine Niogret. Les deux premiers m’ont pris pas mal de temps pour les lire et au final ça n’a pas été des lectures aussi intéressantes que je l’espérais.

Il n’y a qu’un seul livre qui est rentré dans ma PAL : Inner City de Jean-Marc Ligny. Donc ma PAL se maintient à 128 livres. J’achète moins, je me suis rendu compte que faire attendre des années un livre pour qu’il soit lu n’est pas forcément une bonne idée. Un livre qui attend deux-trois ans, voire plus, ne va peut-être plus t’intéresser quand tu vas te retourner vers lui. Je m’imagine déjà à une PAL proche de la centaine à la fin de l’année mais là ça serait presque de la science-fiction. Parce que l’année n’est pas finie et la folie compulsive peut revenir.

la 5eme vagueJe suis allé voir La 5ème vague un peu par hasard. Ce que je voulais allé voir n’était déjà plus à l’affiche et c’était le seul film qui me paraissait regardable. C’est adapté d’un roman destiné à la jeunesse, ça se voit par le point de vue adopté. Mais ça ne fait pas trop gnangnan. Il y a des passages plutôt sombres par moments qui feraient presque douter du public visé. Le film ne finit pas sur une véritable fin, il laisse ouvertes de nombreuses perspectives pour des suites. Ce qui ne m’étonne pas car on essaye de rentabiliser le plus possible.

deadpoolPour Deadpool, c’était un film attendu depuis que j’avais vu la bande-annonce. Deadpool c’est cet anti-héros qui ne peut pas mourir et qui lâche plus de vannes que de balles. A la lecture d’un comic, je m’étais rendu compte que c’était plutôt trash comme ambiance. Le film réussit à retranscrire l’esprit de la BD, pour une fois j’ai presque envie de dire. Autodérision, humour caca-prout, références multiples à la culture populaire, c’est un personnage qui parle bien aux geeks.