Thunderhawks, tome 2 – Le fantôme de la Sierra

thunderhawks 2Titre : Thunderhawks 2  – Le fantôme de la Sierra

Scénariste : François Corteggiani

Dessinateur : Michel Suro

Édition : Soleil Productions

Année : 1994

L’histoire : Années 20, frontière américano-mexicaine. Warren Tufts, ranger et pilote d’avion, est contacté par un shérif pour retrouver un pilote décédé au Mexique. Ils vont se retrouver en pleine insurrection et vont devoir se défendre comme ils peuvent pour rester en vie.

Ce que j’en pense : Pendant longtemps les séries de BD mettant en scène l’aviation que je lisais se limitaient à Buck Danny, Dan Cooper et Tanguy et Laverdure, que du classique en fin de compte. En trouvant ce volume à la bibliothèque, je me suis dit que cela pourrait changer.

Les années 20, un pays en pleine effervescence révolutionnaire, des vieux coucous, des pilotes casse-cous c’était pleins d’éléments intéressants.

Mais il y a deux choses que je n’ai pas apprécié. Le dessin tout d’abord. Je n’aime pas ce trait irrégulier, je trouve que ça ne fait pas propre, que ça fait fouillis. Ensuite le manque d’épaisseur psychologique des personnages. L’action est presque omniprésente, ça ne s’arrête jamais mais c’est un peu lassant. J’ai eu l’impression d’être perdu dans l’action.

Un volume décevant même si Corteggiani est au scénario (il avait œuvré sur la jeunesse de Blueberry).

Demain est à nous, Larry Collins

demain est à nousTitre : Demain est à nous (Tomorrow Belongs To Us)

Auteur : Larry Collins

Edition : Pocket

Année : 2000

541 pages

 

L’histoire : Le « Professeur », un fondamentaliste iranien, réussit à acheter dans l’ex-URSS trois ogives nucléaires. Il envisage de les faire sauter dans Tel-Aviv. Quand la CIA obtient cette information, elle rappelle un de ses anciens agents, Jim Duffy, spécialiste du Proche-Orient. Celui-ci va retrouver la trace du « Professeur » et va entamer une course contre-la-montre pour empêcher un attentat nucléaire.

Ce que j’en pense : Encore un thriller où la CIA chasse les terroristes islamistes et cette chasse se fait d’une manière très plan-plan. Jim Duffy, qu’on nous présente comme un homme d’action, fait deux-trois interrogatoires même pas musclés et passe une grande partie du roman derrière un ordinateur à écouter des conversations téléphoniques pour essayer de reconnaitre la voix du « Professeur ».

Le reste du récit est quasi- monopolisé par les islamistes, à comment ils vont monter leur coup, leur recherche de financement et de matériel. Alors on a droit à des passages très documentés sur le cheminement de l’héroïne, de sa culture en Afghanistan à sa vente en Europe, en passant par sa transformation en Turquie.

Au lieu de se retrouver dans un thriller, on a l’impression de lire un cours intitulé « comment financer les actions terroristes ».

Et le roman se dénoue d’une manière tellement abrupte et tellement stupide que j’ai eu l’impression de me faire avoir.

C’est un roman où les services de renseignements américains apparaissent comme les sauveurs du monde (ça, ça n’arrive que dans la fiction) même s’il faut surveiller la moitié de la planète au détriment de certaines libertés.

Buddy Longway Tome 2 – L’ennemi

buddy longway 2Titre : Buddy Longway Tome 2 – L’ennemi

Auteur : Derib

Edition : Editions du Lombard

Année : 1975

 

L’histoire : Buddy Longway et sa femme indienne Chinook partent à la recherche d’un endroit tranquille pour construire leur cabane. Alors qu’ils croient avoir trouvé l’endroit idéal, un animal leur vole de la nourriture, s’en prend à leurs chevaux. Buddy va essayer d’éliminer cet animal qui met en danger la vie de sa femme.

Ce que j’en pense : Il y a bien longtemps j’ai pu lire des BD de Buddy Longway, j’avais moyennement accroché avec ce personnage. Visage pâle aux cheveux d’or, Buddy est un trappeur qui a des liens étroits avec les indiens, il n’hésite pas à adopter certaines de leurs traditions.
Il a un petit peu côté Jeremiah Johnson, dans le genre ça pouvait être intéressant.

Mais ici j’ai été très déçu : le scénario est assez squelettique, je suis resté sur ma faim. Quand je suis arrive à la fin, je me suis dis que ça ne pouvait pas finir comme ça.

Les personnages sont assez transparents, Buddy est presque sans peur mais il n’a beaucoup d’épaisseur psychologique. Chinook, sa femme, en voulant la représenter de la manière la plus réaliste, je trouve que Derib en fait presque une caricature.

Alors pour me lire un western je préfère encore me remettre dans un Blueberry.

L’échange Rhinemann, Robert Ludlum

l'échange rhinemannTitre : L’ Echange Rhinemann (The Rhinemann Exchange)

Auteur : Robert Ludlum

Edition : Pocket

Année : 1998

510 pages

L’histoire : Dans les coulisses de l’Histoire, les Etats-Unis et l’Allemagne nazie ont passé un accord pour un échange machiavélique. Organisé par Albert Speer, les nazis donneraient les plans d’un gyroscope permettant aux bombardiers alliés de voler plus haut tandis que les américains échangeraient des diamants qui permettraient aux nazis de continuer leur production d’armes à Pennemünde. Les américains envoient un de leur meilleurs agents : David Spaulding. Celui-ci va découvrir qu’on lui a caché des éléments de l’échange.

Ce que j’en pense : J’ai en vie de dire que quand on a lu un roman de Ludlum on les a tous lu, même si la trilogie Bourne sort du lot. Mais quand même ce n’est pas loin de la vérité. On a toujours droit au même type d’intrigue, aux mêmes types de personnages, à la même histoire d’amour entre le héros et la femme fragile, veuve dans le cas présent.

Le héros est un homme qui ne se destinait pas à devenir un agent secret, mais lorsqu’il le devient il est le meilleur. Cela fait presque de lui un surhomme.

Le méchant a la particularité paradoxale d’être à la fois nazi et juif. Ben oui on a bien le droit de s’enrichir par n’importe quel moyen. Ce qui donne malgré tout  une ambiance d’antisémitisme feutré : le juif court après l’argent même s’il doit faire partie commune avec les ennemis de son peuple.

Le récit n’est pas très dynamique, le suspense est anesthésié lorsque l’on comprend que le héros s’en sortira, même blessé par balle, mordu par un doberman, à tous les coups.Puis Ludlum a une manière de compliquer son intrigue sans la rendre plus claire.

Une chose est sûre, même pour me distraire, je crois que je ne me tournerai plus vers un thriller de Ludlum.

Le secret de Ji 2, Pierre Grimbert

le secret de ji 2Titre : Le secret de Ji 2

Auteur : Pierre Grimbert

Edition : J’ai Lu

Année : 2003

669 pages

L’histoire : Les héritiers ont découvert l’identité de leur ennemi. Mais il faut encore découvrir les raisons qui pousse Saat à éliminer les héritiers et ce qui ce cache derrière le secret de Ji.

Ce que j’en pense : Après un premier volume que j’avais trouvé un peu trop convenu, je me suis mis au deuxième et là j’ai plus apprécié. Connaitre le méchant est appréciable. L’action ne reste plus focalisée sur les héritiers. On découvre un méchant avide de pouvoir et pas avare en cruauté (bah c’est un méchant après tout), un mortel qui se prend pour un immortel, qui se prend pour ce qu’il n’est pas.

L’évolution des personnages se précise notamment pour Yan pour qui le don de magie se développe. Son pouvoir s’amplifie, il devient plus puissant et peut même être inquiétant quant à la difficulté à le canaliser. Mais il est dommage qu’il n’ait pas été plus utilisé dans le reste du récit. Je suis même déçu que Yan ne soit pas celui qui peut défaire l’ennemi des héritiers, car l’opposition entre les deux magiciens aurait pu faire quelque chose d’épique.

Mais à côté du personnage de Yan c’est toujours la même chose, leur évolution est prévisible, les histoires d’amour très caricaturales.

Le passage dans le berceau des dieux est original mais comme les personnages s’y éternisent, ça devient une épreuve d’essayer d’arriver jusqu’à la fin du passage.

Comme le précédent volume, il est peu difficile de s’enthousiasmer outre mesure même s’il y a des éléments intéressants.

D’autres avis partagés chez Mr K. , chez A livre ouvert, chez Sphinxou.

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Lefranc Tome 1 – La Grande Menace

la grande menaceTitre : La grande menace

Auteur : Jacques Martin

Edition : Le Lombard

Année : 1954

 

L’histoire : Lefranc, sur la route de la Suisse, se trouve pris dans une course poursuite impliquant des douaniers et des contrebandiers. Intéressé par l’action, Lefranc va mener sa petite enquête.

Ses investigations vont le mener à une tour en ruine où règne une étrange activité et à un énigmatique industriel, Axel Borg.

Ce que j’en pense : Lefranc, en tant que journaliste baroudeur, redresseur de torts, est dans lignée de Tintin. Mais Jacques Martin va plus loin qu’Hergé. La Grande Menace est le premier épisode des aventures de Lefranc, il se caractérise par une certaine noirceur. L’action se déroule dans un contexte de menace terroriste pesant sur la France, les autorités utilisent les grands moyens pour déloger Borg (déploiement de l’armée, utilisation du napalm).

Dès cet épisode Lefranc se voit adjoindre Jeanjean, le scout. Lefranc est un personnage dynamique, qui n’hésite pas à prendre des risques mais je trouve que Jeanjean fait office de boulet.

En voyant la couverture je m’attendais à ce qu’il y ait un petit peu de science-fiction, mais non cette fusée n’est qu’une arme élaborée par des anciens ingénieurs nazis pour Borg. Ce n’est que plus tard dans la série que l’on retrouvera des éléments de science-fiction plus flagrants.

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Le fantôme de la Rue Royale, Jean-François Parot

le fantome de la rue royaleTitre : Le fantôme de la Rue Royale

Auteur : Jean-François Parot

Edition ; J.C.Lattès

Année : 2004

369 pages

 

L’histoire : Nicolas Le Floch assiste aux festivités organisées pour le mariage du Dauphin. Un feu d’artifice tourne mal et provoque un incendie. Mal encadrée la foule va être prise de panique. Des gens vont mourir écrasés sous les pieds de la foule. Le Floch en cherchant à donner les premiers soins découvre le corps d’une jeune fille dont la mort ne semble pas découler de la bousculade. Le Floch va être chargé d’enquêter sur ce qui semble être un meurtre.

Ce que j’en pense : Troisième enquête de Nicolas Le Floch et déjà dix ans ont passé depuis son arrivée à Paris. Le poids des années commence à se faire sentir sur les personnes qui entourent Le Floch. Cela a une incidence sur l’état d’esprit de Le Floch.

On retrouve tous les éléments déjà présents dans les précédents épisodes : recettes de plats que dévorent Le Floch et ses compères ; vocabulaires de l’époque ; description de la vie et des mœurs de Paris et de Versailles.

Mais à cela il faut ajouter une description des la vie des « esprits », malgré l’influence croissante des « Lumières », les gens restent très attachés à leurs croyances. Le moindre évènement un tant soit peu inexpliqué et voilà que réapparaissent des explications irrationnelles et qu’on lance une séance d’exorcisme pour calmer tout le monde.

L’intrigue fait bien marcher les méninges mais je trouve dommage d’avoir le dénouement avec une confrontation face aux magistrats, j’ai trouvé que ça manquait de dynamisme.

D’autres avis chez PetitePom et chez Samlor.

Montée aux enfers, Percival Everett

montée aux enfersTitre : Montée aux enfers (Assumption)

Auteur : Percival Everett

Edition : Actes Sud

Année : 2012

263 pages

 

L’histoire : Odgen Walker, adjoint au shérif dans un trou paumé du Nouveau – Mexique, est chargé d’enquêter sur la mort d’une vieille femme. Le problème c’est qu’il n’y a aucun indice pour donner l’ombre d’une piste.

Ce que j’en pense : Au début cela se présentait bien : un policier noir dans un bled où il est la seule personne de couleur, devant faire face à l’hostilité de la part des autochtones mais qui fait preuve d’un certain cynisme pour passer sur ce racisme.

Au bout de cent pages, on se rend compte que l’enquête est finie (pour ne pas dire bâclée) et que l’on passe à une autre. La deuxième concerne la disparition d’une jeune femme, Walker se retrouve au contact de prostituées ayant volé de l’argent à un dealer. Enquête qui finit violemment et  brusquement. La troisième enquête semble partir dans du grand n’importe quoi. On se retrouve avec un dénouement tiré par les cheveux. Everett ne semble pas connaître son personnage, il le fait vivre d’une certaine façon pendant deux enquêtes et pour la troisième il est complètement à l’opposé.

Je ne sais pas quoi penser du « talent » d’Everett. Écrire 250 pages et être capable de pondre que des intrigues très légères. A la rigueur les trois enquêtes peuvent être vues comme une sorte de travail préparatoire. Walker au cours de ses enquêtes voit la triste réalité du monde. En effet il la voit mais cela n’apporte pas grand chose au récit, en tout cas pas beaucoup d’émotion.

Un autre avis chez Ness

Vol 714 pour Sydney, Hergé

Titre : Vol 714 pour Sydney

Scénariste et dessinateur : Hergé

Edition : Casterman

Année : 1968

Note : 3/5

L’histoire : En route pour un congrès d’aéronautique, Tintin et le capitaine Haddock font escale à Djakarta. Ils rencontrent le pilote et ami Szut. Celui-ci est devenu le pilote personnel d’un milliardaire un peu excentrique, Lazlo Carreidas.

Carreidas leur propose de les emmener dans son jet privé. Mais les membres d’équipage de l’avion sont mal intentionnés et détournent l’avion, et le font se poser sur une île déserte. Ile où Tintin va retrouver un ennemi de longue date : Rastapopoulos.

Ce que j’en pense : Vol 714 pour Sydney est l’une des dernières aventures de Tintin.  Le récit est à diviser en deux parties.

La première est très classique : une prise d’otages, mais avec Tintin dans les otages les kidnappeurs ont du souci à se faire; des gags fréquents comme le capitaine Haddock qui met un billet dans le chapeau d’un vieillard qui se révèlera être milliardaire, la démonstration de savate de Tournesol, l’apparition d’un nasique qui ressemble étrangement à Rastapopoulos.

La seconde introduit des éléments de science-fiction, ce qui me dérange un peu dans une série comme Tintin, comme la télépathie ou l’existence d’une entité extraterrestre, éléments dont les personnages n’auront aucun souvenir car ils se seront faits flashouillés.  Ça arrive à la toute fin du récit comme pour essayer de caser ces éléments.

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Balzac, Stefan Zweig

balzacTitre : Balzac – Le roman de sa vie

Auteur : Stefan Zweig

Edition : Le Livre de Poche

508 pages

 

L’histoire : La vie de Balzac (c’est peut-être normal quand il s’agit d’une biographie).

Ce que j’en pense : Zweig est sûrement, depuis sa découverte, un auteur que j’ai toujours eu plaisir à lire.

Ici, avec cette biographie très fouillée de Balzac, Zweig fait une étude de la vie de Balzac, plutôt qu’une étude des oeuvres. Et quelle vie il a eu ! On aurait pu dire qu’elle était balzacienne. Un père arriviste, une mère avare et qui ne l’a jamais aimé, des études dans des institutions strictes, un succès qui a du mal à venir, des dettes qui se sont accumulées toute sa vie. Pour surmonter cela et prouver son génie, Balzac a passé la plus grande partie de sa vie à écrire, à corriger ses oeuvres.

Croyant que son génie et sa passion lui permettraient de réussir dans d’autres domaines que l’écriture, il s’est lancé plusieurs fois dans les affaires, avec un résultat toujours catastrophique. Il n’a jamais été capable de faire survivre une affaire,  à la fin le montant de ses dettes avait encore augmenté.

Il est impressionnant de voir comment les évènements de la vie de Balzac ont influencé son œuvre. A chaque fois qu’il prenait une claque, il se remettait au travail et produisait un chef d’œuvre.

Mais à côté d’une œuvre gigantesque, preuve d’un génie, la vie personnelle a été médiocre. Il n’aura jamais trouvé la compagne qui aurait pu le soutenir. Il a collectionné les maitresses, il a fait jaser de nombreuses fois. Il se marie à la fin de sa vie avec Eve de Hanska, mais peut-on parler de mariage d’amour tant elle s’est refusée à lui et tant il lorgnait sur sa fortune.

Lorsque l’on arrive au discours prononcé par Victor Hugo à l’occasion des funérailles de Balzac, il y a comme un pincement au coeur.La tristesse de voir disparaitre un grand génie que ses contemporains n’auront pas su apprécier.

Dans le texte :

« Dans les heures d’extrême détresse Balzac trouve toujours le vrai courage d’être lui-même et c’est précisément dans les pires catastrophes de sa vie qu’il crée ses œuvres les plus personnelles et les plus grandioses. »

« En vain, en vain, en vain! Trop souvent Balzac a prononcé ce mot. Trop souvent il en a fait l’expérience dans sa vie. Il est maintenant âgé de quarante-deux ans, il a écrit cent volumes, fait surgir de son cerveau toujours en éveil deux mille figures et parmi elles, cinquante ou cent qui sont inoubliables. Il a crée un monde et le monde, lui, ne lui a rien donné en échange. »

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